Des jeux de société, peluches, poupées ou autres tables d’éveil vendus en moyenne à moins de 50 % de leurs prix, pour tous les âges et tous les goûts, dans les rayons de grande surface… La société Jouga (anciennement Lady Cocotte), créée en 2021 par Laura Bos, tente à sa manière de révolutionner le marché de l’occasion dans un secteur encore neuf, mais prometteur, bousculé depuis quelques années par le site Vinted. Mais ici, la vente en magasins est privilégiée.
Un ticket, ça rassure
L’idée est née de l’expérience personnelle et professionnelle de cette dirigeante. "J’étais une adepte de la seconde main qui était développée dans les vêtements mais pas dans les jouets où il manquait d’acteurs, raconte Laura Bos. Il m’arrivait plein de fois de racheter des produits incomplets. J’ai donc eu l’idée de me lancer", confie cette ancienne salariée de Petit Bateau qui a mis en place la vente d’occasion pour cette marque.
Son entreprise commence son aventure par la commercialisation des produits en direct sur son site web, puis dans quelques boutiques éphémères. "Le fait que les gens voyaient les jouets directement sans changer leurs habitudes de consommation, ça déclenchait plus d’achats que sur internet, confie-t-elle. Ils repartaient avec un ticket, cela les rassurait. Je me suis dit que là où étaient vendus des jouets neufs, on pouvait aussi en proposer d’occasion."
Checking complet
Une bonne inspiration. Après avoir été contactée par Intermarché, puis Cultura, la structure aixoise va alors complètement transformer son activité en se positionnant sur le BtoB en 2024. "Je ne voulais pas gérer moi-même des boutiques !", dit-Laura Bos. En plus de ces deux enseignes, Jouga vend désormais dans les rayons de distributeurs de la France entière comme certains Leclerc, Carrefour, Hyper U et tout récemment un premier Kiabi à Vélizy-Villacoublay (Yvelines).
Les consommateurs s’y retrouvent car le prix moyen des jouets, dont la durée d’utilisation par les enfants n’atteint souvent pas un an, tourne autour des dix euros. À ce prix-là, les parents sont sûrs d’avoir un produit de qualité, fonctionnel, propre et scrupuleusement vérifié dans l’entrepôt de 400 m2 à Puyricard selon la cheffe d’entreprise. "Mon associé, Marie-Anne Falconet, directrice générale depuis l’an dernier, a travaillé quinze ans dans le contrôle qualité, ajoute-t-elle. On a des fiches de contrôle, on change les piles, on nettoie au vinaigre blanc, mais on ne met ni colle, ni peinture. "
Rachat entre 8 et 15 % du prix d’origine
Le cœur du modèle économique passe par un incontournable : se ravitailler en jouets et "avoir un sourcing de qualité". Pour cela, Jouga rachète ces biens aux particuliers en direct sur son site internet ou, par exemple, via des collectes dans les sièges des grandes entreprises ou dans des associations. Les produits, qui doivent être "en bon état avec la norme CE ou issus d’une grande marque", sont repris entre 8 à 15 % de leur prix d’origine. "Les vendeurs sont mieux rémunérés s’ils passent par Vinted mais ça met du temps et il leur reste des choses sur les bras alors que nous pouvons tout leur racheter d’un coup", souligne Laura Bos dont l’entreprise compte actuellement 12 salariés.
Un objectif de 100 000 jouets récoltés en 2025
Après avoir levé 300 000 euros en décembre, Jouga compte multiplier à terme par deux ou trois son chiffre d’affaires, qui était de 150 000 euros en 2024, en misant plus que jamais sur la vente physique. "Le potentiel est plutôt dans le magasin !" martèle sa responsable. La société, en plein essor, a récolté 25 000 jouets l’an dernier et table sur 100 000 cette année. Les perspectives sont d’autant meilleures, estime la patronne, que "110 000 de ces objets sont jetés tous les jours en France et que l’occasion représentera, en 2030, 10 % du secteur". Selon une étude de Circana et Ecomaison, le marché des jeux et jouets de seconde main a représenté 332 millions d’euros en 2024, 23 % de plus qu’un an plus tôt. De quoi s’y faire une place.