J : Rocher : « Notre avenir, le reste du monde »
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J : Rocher : « Notre avenir, le reste du monde »

Fils du fondateur du groupe Yves Rocher (15.000 salariés, CA : 2,1 Md€), président de sa fondation, Jacques Rocher a vécu l'internationalisation du géant de la cosmétique depuis le Morbihan. Aujourd'hui, il réalise un tiers de son business en France, un autre tiers en Europe et le reste ailleurs. « Pour nous, l'avenir c'est le reste du monde, au-delà des frontières européennes », affiche-t-il clairement.




Allemagne, Russie, Mexique... Il y a cinq ans encore, l'Allemagne était sur la deuxième marche du podium d'Yves Rocher et de longue date ! Représentant 150 millions d'euros de chiffre d'affaires aujourd'hui, elle a été détrônée par la Russie avec ses 250 millions. Le Mexique (à 120 millions) est aussi un nouveau marché que le groupe de La Gacilly surveille de près. En France, Yves Rocher réalise quelque 500 millions d'euros de chiffre d'affaires... Fondé en 1965 - trois ans après il ouvrait en Belgique -, le groupe familial et toujours indépendant va fêter ses 40 ans de présence en Allemagne en 2014. « Mon père était obsédé par cet axe franco-allemand, raconte Jacques Rocher. Ce marché très intéressant n'est pas facile et a des attentes fortes. Les habitudes de consommation et d'achat ne sont pas les mêmes. Nous n'avons pas la même notion du temps et du territoire. Ce qui fait la force de l'Allemagne, ce sont ses Länders. En France, nous sommes dans un mode d'opposition permanente, alors qu'en Allemagne, c'est la construction. » La chute du Mur de Berlin a été un élément moteur pour Yves Rocher. « Je suis très ému quand je vais à Berlin... Il n'y avait pas d'offre et aucune distribution en Allemagne de l'Est, confie Jacques Rocher. Grâce à la vente par correspondance, notre force, nous avons pu rapidement pénétrer le marché. »

Comprendre les cultures

Pour lui, « la clé de la réussite (à l'international) est de comprendre la culture de l'autre ». En Allemagne, par exemple, la firme bretonne a su s'adapter au marché. « Nous avons su utiliser toutes les compétences allemandes et faire beaucoup de benchmark. Nous avons encore beaucoup d'avenir sur ce marché et beaucoup à apprendre du peuple allemand... » Aujourd'hui, 700 salariés du groupe travaillent outre-Rhin. Et Jacques Rocher de relever cette anecdote : « Le patron d'Yves Rocher France est Allemand et le patron de l'Allemagne est Français. » Tout un symbole !

À la française
Le « made in France » reste aussi vendeur à l'étranger. « Nous sommes dans un métier de création et bénéficions d'une image française faite de créativité et de féminité », note Jacques Rocher. Et même s'il a beau être mondialisé, le groupe Yves Rocher reste attaché à ses racines bretonnes, particulièrement à La Gacilly, « notre coeur est ici », « c'est là que tout a commencé, là que tout continue »... Chaque année, neuf millions de colis partent des trois usines du fief morbihannais. Yves Rocher alimente un fichier de huit millions de clients !

Géry Bertrande

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