Après avoir décroché un marché américain fin 2022 (3 km de pipeline) et un marché (en cours) qui prévoit la construction de 80 km de pipeline (gaz), qui reliera, en mer du Nord, un puits sous-marin à une plateforme en production, ITP Interpipe mise aujourd’hui sur le secteur de l’ammoniaque. L’entreprise conçoit, fournit, fabrique de tubes sous-marins et terrestres hautement calorifugés destinés à transporter pétrole, gaz, huile, et GNL (chiffre d’affaires non communiqué).
Le secteur de l’ammoniaque est un domaine considéré comme "un précurseur des marchés de l’hydrogène, assure Pierre Ollier, directeur délégué d’ITP. Nous venons de terminer un projet pour Air Products dans le port de Houston (Etats-Unis) et nous enchaînons avec une nouvelle commande pour un projet baptisé Darro Blue avec le même client. Concrètement, l’intrant reste le gaz naturel. Ce qui sort, c’est soit de l’hydrogène, soit de l’ammoniaque. Mais comme aujourd’hui il n’y a pas encore de marché de l’hydrogène, le marché s’ouvre plutôt à l’export ou l’import d’ammoniaque. La technologie d’Interpipe se prête particulièrement au transport d’ammoniaque."
Plusieurs partenariats en cours
Sur un plus long terme, l’entreprise, qui emploie actuellement quelque 120 salariés (un effectif qui varie selon les chantiers en cours, NDLR) sur le port de Ranville (Caen-Ouistreham), a engagé un partenariat avec un leader de la cryogénie pour qualifier ses technologies dans le transport de l’hydrogène liquide avec le soutien de l’Ademe (Agence de l’Énergie).
Interpipe travaille également sur un projet à la demande de RTE en partenariat avec Nexans et un spécialiste mondial des gaz industriels. "C’est une combinaison de nos trois technologies existantes : nos pipelines associés aux pompes et groupes frigos pour faire de l’azote liquide et à un câble supraconducteur développé par Nexans. L’objectif, c’est de raccorder plus efficacement les fermes éoliennes offshore à la terre avec des câbles supraconducteurs", détaille Pierre Ollier. Les dossiers ont été déposés à l’Ademe et sont en attente d’acceptation pour une mise en chantier éventuelle vers 2026-2027.
Agrandissement du site de Caen
Pour répondre à ces futurs marchés, Interpipe a investi 4 millions d’euros (dont une aide de la Région Normandie de 350 000 euros) dans la construction de bureaux plus grands sur le port de Ranville (Caen-Ouistreham) : soit au total 1 450 m2 de surface et "un bâtiment réalisé en bois français par des sous-traitants locaux. Nous sommes équipés d’une pompe à chaleur et d’un système de récupération des eaux pluviales", précise le directeur du site Vincent Lefèvre. À venir en 2025, un investissement de 500 000 euros pour équiper les 55 places de parking d’ombrières photovoltaïques.