Après s'être taillé une place de choix sur le marché de l'impression numérique industrielle - au coude à coude avec les géants mondiaux Xerox, Kodak, Océ et Hewlett-Packard -, Impika est convaincue d'avoir trouvé un nouveau relais de croissance. L'entreprise aubagnaise vient en effet de lancer une presse ?révolutionnaire?, l'iPress 2400, qui a fait sensation lors de l'Ipex 2010, le plus grand salon professionnel de l'impression qui s'est tenu à Birmingham. «C'est un produit unique, aux performances inégalées», s'enthousiasme Paul Morgavi, le patron de la PME, pour qui cette machine constitue «la première étape de notre stratégie de pénétration des marchés de l'offset». Des marchés ?très prometteurs?, si l'on en croit l'étude présentée par Impika finoctobre à l'occasion de la conférence annuelle européenne sur la technologie jet d'encre qui s'est déroulée le 27octobre à Lisbonne. Celle-ci prédit - ni plus ni moins - le déclin de l'imprimerie traditionnelle au profit de l'impression digitale. «D'ici 2017, le jet d'encre devrait connaître une croissance supérieure à 1.000%», anticipe ainsi Bruno Marmonnier, le directeur du développement d'Impika. Dans le même temps, l'offset déclinerait lentement, mais sûrement, au fur et à mesure que les imprimeurs s'équiperaient en presses numériques. Avec l'iPress 2400, Impika veut donc prendre une longueur d'avance, en se positionnant dès à présent sur les marchés de l'impression commerciale. Jusqu'ici, les catalogues, brochures, magazines et autres publicités étaient réalisés en offset, seul procédé capable de garantir vitesse d'exécution et haute définition. «Aujourd'hui, nous sommes à la pointe de la technologie du jet d'encre et notre nouvelle presse va permettre aux imprimeurs de produire en qualité offset avec les avantages du numérique», argumente Paul Morgavi qui ne désespère pas de convaincre les intéressés de franchir le pas du digital.
Cohabitation
«Il y a cinq ans, l'idée faisait encore sourire, car il y avait un phénomène de rejet du numérique, se souvient le P-dg. Les imprimeurs ne voulaient pas perdre leurs vieilles habitudes et leurs vieux réflexes qui datent de Gutenberg». Grâce aux progrès accomplis par les fabricants de presses jet d'encre, ils seraient aujourd'hui mieux disposés. Et surtout prêts à se convertir. D'autant plus que la crise a durement touché la profession. Plus économiques, plus flexibles, et tout aussi efficaces, les solutions d'impression numérique arriveraient presque à point nommé. «A terme, les ateliers feront cohabiter imprimerie traditionnelle, pour les très grandes séries, et impression digitale, pour les petits et moyens tirages», considère Paul Morgavi, qui avait déjà vu juste en 2003. À l'époque ingénieur chez Gemplus, il avait créé Impika avec dix de ses collègues chercheurs. Tous étaient convaincus de l'avenir prometteur du jet d'encre. Jusqu'à preuve du contraire, ils ne sont pas trompés.
Impika
(Aubagne) Effectifs: 55 CA 2010: 10M€ www.impika.com 04 42 62 43 00