La situation du logement neuf inquiète dans les Hauts-de-France, avec un recul bien plus marqué de la production qu’au niveau national. La sonnette d’alarme vient d’être tirée par Pascal Boulanger, président de la fédération des promoteurs immobiliers de France et par ailleurs dirigeant de l’entreprise nordiste d’immobilier et de propreté Groupe Pascal Boulanger. Plusieurs acteurs économiques ont répondu à cet appel et vont proposer à la rentrée un plan d’actions en vue d’inverser la tendance.
Des investisseurs en chute libre
En cause ? Un fort recul des investisseurs, qui sont en moyenne les ménages de 50 ans, déclarant 71 000 euros de revenus imposables. "Dans les Hauts-de-France, la situation est catastrophique. En année normale, nous réalisons environ 2 400 ventes à ces particuliers investisseurs. Au 30 avril 2025, 70 ventes ont été réalisées et les projections nous conduisent à 210 logements à la fin de l’année", illustre Pascal Boulanger.
Ce recul est multifactoriel, s’expliquant à la fois par la fin du dispositif Pinel, en décembre 2024, mais aussi par l’inflation ou la hausse des taux d’intérêt.
Pour compenser cette baisse, impossible d’attirer des investisseurs privés, à savoir des foncières (fonds de pension, mutuelles, etc.). "Nous avons bien essayé, mais il n’y a pas de modèle économique pour les foncières dans le logement neuf. Elles estiment que ce n’est pas rentable et se tournent, sauf exception, vers l’immobilier de bureaux", regrette Pascal Boulanger.
L’emploi menacé dans la construction
"Le pire est à venir", prévient Benoît Loison, président de la fédération du bâtiment en Hauts-de-France. "La construction, c’est 128 000 emplois en région. Les entreprises ont réussi à maintenir leurs effectifs jusqu’en mars dernier, avec seuls 1 000 emplois perdus. Mais depuis le deuxième trimestre, je constate une baisse sévère…"
Une réflexion pour inverser la tendance
Un groupe de travail s’est donc constitué, à l’initiative de la Région Hauts-de-France et de la Fédération des promoteurs immobiliers de France, rassemblant autour d’eux la Préfecture régionale, les banques, les notaires, les promoteurs et la filière BTP. Ces acteurs vont plancher durant l’été sur un plan d’actions destiné à inverser la tendance, dès la rentrée, en apportant des voies de facilitation aux investisseurs.
"Dans les Hauts-de-France, la production de logements neufs est portée jusqu'à 80 % certaines années par les particuliers investisseurs".
D’autant que le besoin en logements neufs est bien présent en région. "Dans les Hauts-de-France, 43 % des ménages sont locataires, dont la moitié dans le parc privé et l’autre dans le parc social", note Pascal Boulanger. Quant à la production de logements neufs en Hauts-de-France, "elle est portée jusqu’à 80 % certaines années par les particuliers investisseurs", contre 45 % en moyenne au niveau national.
Faire connaître les dispositifs existants
En attendant la rentrée, une première mesure est à l’œuvre : communiquer sur deux dispositifs favorables aux investisseurs, mais largement méconnus et donc sous-exploités. Le premier est le LLI (Logement Locatif Intermédiaire), qui permet des conditions d’acquisitions dans la lignée du Pinel avec, par exemple, une TVA réduite à 10 % ou une exonération de taxe foncière pendant 20 ans. "Le LLI peut être couplé au dispositif de donation, qui permet de transmettre une partie de son patrimoine à ses enfants (chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros par enfant sans droits de donation à payer, NDLR), en vue de réaliser des acquisitions", souligne Jean-Michel Sède, président de la FPI Hauts-de-France.