Les marchés immobiliers sont toujours sous tension d’après le point de conjoncture établi, ce mercredi 2 octobre à Colmar, par les notaires d’Alsace et de Moselle pour la période allant du 1er juillet 2023 au 30 juin 2024. La régression des volumes de vente, ayant trait aux appartements neufs et anciens, ainsi qu’aux maisons anciennes et aux terrains à bâtir, atteint les niveaux de 2015-2016 en étant en recul de 27 % dans le Bas-Rhin, de 26 % dans le Haut-Rhin et de 20 % en Moselle.
En un an, le prix médian au m2 des appartements anciens a baissé de 6,1 % dans le Haut-Rhin pour s’établir à 1 780 €/m2. Celui des appartements neufs enregistre une chute de 5,3 % dans le Bas-Rhin à 3 920 €/m2. De ces trois territoires, la Moselle se distingue avec une érosion de 5,9 % sur les prix de vente des maisons anciennes.
Si des disparités existent, notamment pour les terrains à bâtir et dont le prix médian à l’échelle du Haut-Rhin s’élève désormais à 100 000 euros (en hausse de + 10,6 %), celle-ci s’explique par rapport à la situation géographique de Saint-Louis, à côté de la Suisse et de l’Allemagne, qui attire de plus en plus de frontaliers.
L’instabilité politique comme frein à la reprise du marché
Si les trois chambres de notaires du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle veulent croire davantage à "un atterrissage" qu’à "l’explosion d’une bulle spéculative", le discours de politique générale prononcé mardi dernier par Michel Barnier pourrait éclaircir l’horizon du secteur de l’immobilier. Surtout si la réglementation ZAN (Zéro Artificialisation Nette) évolue "de manière pragmatique et différenciée", selon les termes du Premier ministre.
De quoi conforter la profession ? "Tout s’améliore : les prix ont baissé tout comme les taux d’intérêt et les salaires ont tendance à augmenter. Malheureusement, nous n’avons pas la dynamique espérée", estime Catherine Merlin, présidente de la chambre des notaires de Moselle. Ainsi, ce sursaut aurait été stoppé, au début de l’été dernier, avec la dissolution de l’Assemblée Nationale, alors que Gabriel Weyl, son homologue du Bas-Rhin, constatait "un frémissement du marché".