Récession, contraintes réglementaires, taux de change défavorable... Hôteliers et prestataires du tourisme d'affaires du Nord - Pas-de-Calais naviguent en eaux troubles. En 2009, selon l'Insee, le taux d'occupation est passé de 63,2 à 58,4% et le nombre de nuitées a diminué de 8%.
Diminution d'activités
Ce recul s'explique en partie par un retrait significatif de la clientèle britannique, à hauteur de 25% dans l'Arrageois et sur la Cote d'Opale. Il s'explique aussi par une baisse de l'activité liée aux congrès et autres conventions d'entreprises. Des résultats préoccupants alors qu'approchent les échéances pour la mise en sécurité obligatoire (novembre2011), mais aussi la mise aux normes de l'accueil de la clientèle handicapée (février2015). D'autres changements vont être opérés: la nouvelle classification avec l'apparition d'une 5e étoile.
Un retour en arrière
Dans ce contexte, même si certains parviennent à tirer leur épingle du jeu, beaucoup perdent en rentabilité. Selon une enquête de la CRCI, «plus d'un établissement sur trois considère que sa rentabilité comme sa trésorerie furent mauvaises en 2009, malgré le passage de la TVA à 5,5%». Pour 2010, «les prévisions sont plutôt pessimistes; les carnets de réservation restent peu fournis, ce qui incite à diminuer les investissements.» Léonce-Michel Deprez, président de la CRCI, en appelle à une aide concertée: «Il va falloir mener une politique d'intervention régionale. Nous avons besoin d'une lisibilité à cet échelon.» D'après la Banque de France, le secteur des cafés-hôtels-restaurants est celui, en région, qui prévoit le plus de report ou d'annulation d'investissement en 2010 (60%). En cause: une santé financière trop fragile. «Nous avons connu des heures difficiles en 2009. L'activité devrait repartir d'ici à2011 et2012, des projets commencent à être signés», précise Grégoire de la Fouchardière, directeur associé de Lille international et trésorier du bureau des congrès.
Le tourisme d'affaires
Ce même bureau est notamment décrié par les hôteliers. «Pendant 3ans, nous n'avions pas beaucoup de moyens financiers. Aujourd'hui, la Région est derrière nous (480K€, NDLR) et nous enregistrons un budget d'environ 1M€, note Frédéric Lambin, président de Lille Grand Palais. Grâce à ces moyens, nous allons tout faire pour que Lille et sa région soient des lieux incontournables pour les vacanciers et les hommes d'affaires.» Même si la capacité hôtelière est présente en métropole lilloise (6.610chambres), il lui manque notamment un gros porteur. Quand un investisseur étranger voudra-t-il prendre la main sur le dossier, sur les terres du groupe Accor? Les institutions économiques le cherchent toujours.
Les hôteliers de Lille et de la région ont souffert d'une conjoncture difficile. Même si l'activité du tourisme d'affaires régional s'annonce meilleure pour 2011, l'année 2010 sera chargée en changements pour les professionnels: contraintes réglementaires, nouveaux standards adaptés au marché international... Quels sont les points faibles et les atouts de Lille dans ce contexte? Comment se comporte l'offre hôtelière régionale?
Dossier réalisé par Thomas Baume, Géry Bertrande etBertrand Tardiveau, avec Gabriel Thierry