Créée il y a un an, à Vannes, Harfang Therapeutics se développe sur le créneau des médicaments vétérinaires innovants. Elle entend répondre aux besoins médicaux non couverts ou mal couverts pour les animaux de compagnie. Cette idée est celle qui a germé dans les têtes de Maël Guillou, vétérinaire et d’Yves Tillet, pharmacien et consultant en développement pharmaceutique.
Aujourd’hui, le duo passe une nouvelle étape et entrevoit de lever 500 000 euros. "Ce montant va nous servir à développer notre nouveau médicament pour une pathologie bien particulière. Là, nous en sommes à la preuve de concept. C’est l’étape qui intéresse les industriels du secteur pharmaceutique. Notre mission consiste à mener tout le travail amont. Notre rôle est de "dérisquer" les choses", indique Maël Guillo, qui ne souhaite pas en dire plus sur ce premier traitement mis au point.
Une première valorisation à 7 millions d’euros
Pour cette levée de fonds imminente de 500 000 euros, les dirigeants d’Harfang Therapeutics confient discuter avec différents investisseurs. "Cela peut être des fonds, des privés et aussi des laboratoires car nous avons travaillé à la suppression des risques du projet. Aujourd’hui, les laboratoires sont très intéressés par les start-up qui font de la recherche et encore plus par celles qui arrivent à un résultat. En sachant que 70 % des recherches se terminent par un échec", notent-ils.
Accompagnés par un cabinet d’expertise, les deux entrepreneurs dévoilent que la valorisation sur ce projet "est estimée à 7 millions d’euros." La finalisation de cette ouverture de capital est prévue dans les prochains mois. À l’issue de l’opération, les dirigeants entendent rester majoritaires.
Des anticorps monoclonaux "qui imitent la nature"
Les potentiels investisseurs pourraient être séduits par le projet, les perspectives mais surtout par l’approche. "Notre approche est basée sur les anticorps monoclonaux, les MAb. Leur particularité est d’imiter la nature", Maël Guillou. Harfang Therapeutics mise sur ces "super anticorps" pour faire la différence sur le marché des médicaments pour les animaux de compagnie.
Sur ce marché de niche, Yves Tillet et Maël Guillo ont choisi de s’entourer d’un conseil scientifique composé d’experts dans les domaines vétérinaires ou des médicaments.
Accompagnés par les acteurs régionaux de l’innovation
Forts d’un bagage technique et professionnel reconnu, les deux chefs d’entreprise ont fait leurs gammes pour mener à bien l’ensemble du projet. Passés par l’incubateur de la technopole vannetaise Vipe, ils ont appris et ont su convaincre. "Incub’Activ est un programme intensif, qui répond aux besoins que j’avais en formation d’entreprise. Il touche à beaucoup d’aspects comme valider son concept, la dimension financière juridique. J’ai aussi beaucoup apprécié la partie liée à la propriété intellectuelle", résume Maël Guillo. Toujours accompagnés par la technopole, les créateurs d’Harfang Therapeutics ont aussi été lauréats d’Emergys Bretagne. Cet incubateur, piloté par les sept technopoles régionales, offre un accompagnement individuel de 24 mois et aussi un concours financier. La start-up vannetaise a bénéficié de 50 000 euros d’aides dans ce cadre.
Développer d’autres médicaments
Outre l’ouverture du capital, les dirigeants planchent d’ores et déjà sur leurs futurs développements. "Nous ne voulons pas en rester là. Notre souhait est de travailler sur d’autres médicaments innovants. À moyen terme, nous misons sur la mise au point de trois médicaments", soulignent les fondateurs de la start-up. Si leur première cible renvoie aux animaux de compagnie, ils n’excluent pas de s’ouvrir aux marchés des chevaux, des porcs ou des bovins.
Toujours à moyen terme, aujourd'hui, le duo, qui mène seul pour l'heure cette aventure, envisage de procéder à des recrutements. "Nous aurons besoin d’un responsable administratif et aussi d’un consultant scientifique mais aussi d’ingénieurs. Nous allons monter en puissance en souscrivant à des outils comme l’intelligence artificielle qui doit nous permettre de mieux développer les médicaments", concluent-ils.