Après la présentation d’une première offre commercialisable, en 2023, la startup montpelliéraine MB Therapeutics (7 salariés), experte en médecine par impression 3D, lance l’industrialisation de sa technologie. Hébergée jusqu’ici par la Faculté de médecine de Montpellier, elle lève 2 millions d’euros pour se doter d’un site de production, où elle déménagera au printemps. D’une surface de 350 m2, cet atelier sera dédié à la fabrication d'"encres thérapeutiques", les matières premières utilisées pour ses cartouches d’impression 3D : insérées dans des imprimantes, ces cartouches préremplies permettent à des pharmaciens de fabriquer sur site des médicaments personnalisés, adaptés aux besoins des patients.
Fabriquer des encres thérapeutiques
La levée de fonds est bouclée auprès du groupe Beprep, du fonds d’amorçage Calyseed, du réseau Angels Santé, et de divers business angels dont Sébastien Gallice, président de la société savante des pharmaciens des préparatoires de France. MB Therapeutics va ainsi financer la structuration de ses process, sur deux fronts. En termes de ressources humaines, elle prévoit de passer de 7 à 10 salariés d’ici la fin 2025 : l’arrivée d’une chef pharmacienne, notamment, lui confère le statut réglementaire d’établissement pharmaceutique, obligatoire pour mettre en œuvre la fabrication. "Nous créons des encres, mais pas de molécules thérapeutiques : nous sourçons l’ensemble, le formulons et le stabilisons afin de le produire en quantité industrielle. Nous avons démarré ce travail de formulation depuis plusieurs mois, si bien que nous disposons de 3 encres prêtes à la mise en marché", révèle Stéphane Roulon, cofondateur de la start-up aux côtés de Ian Soulairol.
Un nouveau modèle en gestation
En termes de production, MB Therapeutics finalise l’acquisition de machines et l’aménagement de ses locaux. Opérationnelle en fin d’année, l’unité de fabrication lui permettra de multiplier par 20 le volume des encres qu’elle ne produisait jusqu’ici, en phase de R & D, qu’en petits lots (les imprimantes 3D adaptées aux cartouches sont, elles, fabriquées par un partenaire, la société basque Lynxter). Afin de lancer la commercialisation, MB Therapeutics est en pourparlers avec une dizaine d’établissements hospitaliers et officinaux, qui disposent d’un préparatoire. "C’est un nouveau circuit de médicaments que nous voulons créer. Il faut pour cela tester les flux et vérifier qu’ils correspondent bien aux besoins des pharmaciens et à nos propres capacités à délivrer. Si ces tests aboutissent, nous pourrons alors déployer massivement nos systèmes, d’un seul coup, chez ce réseau de partenaires", annonce Stéphane Roulon, précisant que la start-up pose déjà des machines en dehors de ce partenariat.
Un potentiel médical croissant
Selon le dirigeant, le marché français concentre 500 hôpitaux et officines réalisant des préparations thérapeutiques, et donc susceptibles d’acheter la technologie de MB Therapeutics. Après cette première salve de 10 clients, la start-up montpelliéraine prévoit d’en signer 10 de plus rapidement, avant d’enclencher une démarche export en Europe. Sur le plan international, la vraie cible de MB Therapeutics, à l’horizon 2029, sera les États-Unis, plus gros marché mondial pour cette catégorie d’acteurs. "Il y aura à l’avenir de plus en plus de molécules compatibles avec notre technologie. Nous aurons donc les moyens de croître rapidement, surtout dans un contexte où les ruptures de stock persistent pour certains médicaments", se projette Stéphane Roulon, qui prévoit la finalisation de 5 nouvelles encres dans les prochains mois. La start-up planche déjà sur une levée des fonds de série A, afin d’atteindre notamment le cap des 20 salariés en 2026.