À Tilloy-lès-Mofflaines, l'usine de l'américain Häagen-Dazs, filiale de General Mills (CA 2016 : 15,6 milliards d'euros) a de quoi affoler bien des gourmands. Les ateliers abrités dans les bâtiments de 22.000 mètres carré tournent sans discontinuer pour alimenter 82 pays en crème glacée dite « premium ». 62 millions de litres de glaces et sorbets sortent ainsi chaque année des turbines de l'usine de Tilloy, l'un des quatre sites de production de la marque dans le monde. Une usine « particulièrement compétitive », note son directeur, François-Xavier Brehon.
L'export
Une confiance qui permet à cette usine de se voir attribuer de lourdes responsabilités, comme la confection des recettes destinées à la Chine, qui compte pour 13 % de ses exports. Ou la production des glaces qui attaquent le marché australien, la dernière implantation du glacier. « Avant 2016, Häagen-Dazs n'existait pas en Australie, alors que ce sont de très gros consommateurs de crème glacée. Pour nous, cela se traduit par une augmentation de 5 % en volume pour le moment, et on devrait atteindre, à terme, 20 à 25 % de production supplémentaire. Surtout, ça nous permet de lisser la production sur l'année. Le gros de la demande en Europe, c'est bien sûr l'été. L'Australie va nous permettre de maintenir les équipes occupées tout au long de l'hiver, » se réjouit François-Xavier Brehon.
8 à 15 % de croissance par an
Cette demande supplémentaire vient s'ajouter aux 8 à 15 % de croissance que connaît chaque année le site, le marché de la glace étant en forte hausse. Une demande entretenue par le glacier à coup de nouveautés, comme le lancement, l'an dernier, de bâtonnets glacés. « C'est un succès, les bâtonnets représentent déjà 10 % de notre production, et ça va aller croissant », promet François-Xavier Brehon, qui ne communique pas le chiffre d'affaires du site, ni celui de la marque. Pour répondre à cette croissance, l'usine, dans laquelle sont injectés environ 10 millions d'euros par an, a connu des investissements très lourds en 2012. Häagen-Dazs décide à cette époque d'investir 19 millions d'euros supplémentaires, soit 29 millions d'euros en tout, pour étendre son usine, installer une nouvelle ligne de production et doubler la capacité de stockage des produits frais livrés quotidiennement sur le site.
Vers une 11e ligne de production
La nouvelle ligne peut produire 300 pots à la minute, mais l'usine pourrait bientôt de nouveau arriver à saturation. « Cette ligne a augmenté de 15 % nos capacités de production, et nous ne l'utilisons qu'à hauteur de 10 %, nous avons donc encore un peu de marge. Mais nous avons de nouveaux projets, encore confidentiels, qui devraient entraîner une nouvelle augmentation de notre production ». L'usine se prépare donc à accueillir une onzième ligne d'ici fin 2017. Un investissement conditionné à l'obtention de nouvelles subventions du Fonds européen de développement régional (Feder), assure le directeur. En 2012, l'Europe avait contribué à hauteur de 415.000 euros aux travaux, qui avaient entraîné la création d'une trentaine d'emplois.
Des produits frais régionaux de qualité
Aujourd'hui, 328 permanents et 140 saisonniers travaillent sur le site, qui fait vivre, indirectement, « entre 1 000 et 1 500 personnes », selon François-Xavier Brehon, surtout dans les 450 exploitations de la région qui alimentent Häagen-Dazs en lait, crème, sucre et jaune d'oeufs. 200 millions de litres de lait sont utilisés chaque année à Tilloy dans les glaces, qui, selon les préceptes de la marque, sont entièrement naturelles, contiennent très peu d'air, et sont "kitchen friendly". « Notre glace à la vanille ne contient par exemple que cinq ingrédients, et aucun additif chimique. La qualité des produits frais est primordiale pour nous, c'est ce qui nous permet de garantir celle de nos glaces. C'est aussi pour cela que nous sommes si attachés à cette région ». Aujourd'hui, l'usine peut stocker assez de matière première pour faire tourner « 7 à 8 lignes de production » de plus. Une capacité que le glacier « n'exclut pas » d'atteindre à moyen terme, si le marché reste à la hausse.