Guerre au Moyen-Orient : malgré une hausse du coût des matières premières, Hafner poursuit ses objectifs à l’export
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Guerre au Moyen-Orient : malgré une hausse du coût des matières premières, Hafner poursuit ses objectifs à l’export

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Envolée du prix du gazole et des emballages plastiques, pénurie d’œufs… : l’entreprise Hafner, spécialisée dans la pâtisserie industrielle fraîche, fait face à un climat instable. Pour autant, le groupe ligérien affiche ses ambitions à l’export, notamment pour son site falaisien (Calvados).

Chaque année, 5 600 tonnes de pâtisseries industrielles fraîches sont fabriquées sur le site Hafner Falaise — Photo : Marie-Dominique Dubois

Avec la guerre au Moyen-Orient, le groupe agroalimentaire Hafner, spécialisé dans la pâtisserie industrielle fraîche, fait face à de nouveaux défis. Fondé en 1929 à Saint-Galmier (Loire), où se situe son siège social, l’industriel doit composer avec l’envolée du coût du gazole et des emballages plastiques. "Nos équipes sont à pied d’œuvre pour assurer les approvisionnements en plastique pour le conditionnement et faire face, autant que possible, à la hausse des coûts. Le prix du plastique est lui-même fixé sur celui du pétrole", indique Nicolas Sesmat, président-directeur général de Hafner.

Risque de pénurie en plastique

"Alors que le Moyen-Orient représente une part importante de la production mondiale en plastique et dès lors que les installations sont touchées par le conflit, les volumes ne reviendront pas à la normale, à court terme. Nous devons analyser les solutions alternatives", ajoute le dirigeant du groupe de 850 salariés.

Sur le site Hafner Falaise, les pommes sont déposées manuellement sur les tartes industrielles fraîches. Au total, 29 000 tartes sont fabriquées chaque jour — Photo : Marie-Dominique Dubois

Inquiétudes sur le marché de l’œuf

À ce risque de pénurie en plastique, s’ajoute une forte inquiétude sur le marché de l’œuf, avec une demande en forte progression face à une offre insuffisante. Le groupe compose aussi ces derniers mois avec le renchérissement du prix du beurre, dont le kilo est passé de 4,50 euros en janvier 2025, à 7 euros, six mois plus tard.

Un objectif de 10 % d’export sur le site falaisien

Malgré cette instabilité, le groupe affiche sa volonté de poursuivre son développement commercial. Afin d’approvisionner au quotidien les rayons frais et ambiants de ses clients en France, soit les enseignes de grande distribution, grossistes et industriels, Hafner s’appuie sur cinq sites de production répartis dans l’Hexagone, dont un site à Falaise (Calvados). Chaque jour, 36 000 éclairs, 29 000 tartes et 45 000 "triangles individuels" de toutes sortes (moelleux, flans, tartes aux fruits) sortent ainsi de l’usine normande. Soit, 5 600 tonnes de pâtisseries par an. Si le groupe ne dévoile pas son chiffre d’affaires, il annonce toutefois une croissance de 40 % depuis 2020 sur le site falaisien qui emploie 240 salariés.

Jacky Bernard, directeur du site Hafner Falaise. Le site falaisien emploie 240 salariés — Photo : Marie-Dominique Dubois

L’un des axes de développements, pour l’usine normande comme pour l’ensemble d’Hafner est l’export, qui représente 40 % du chiffre d’affaires du groupe. Déjà implantée en Amérique du Nord (avec trois sites de production au Canada), l’entreprise continue de se développer, chaque année, aux États-Unis. Dans le Calvados, la direction souhaite franchir, dans les deux années à venir, la barre des 10 % d’export pour son site normand, vers des pays limitrophes et européens, en frais et en surgelé. Autre projet pour Hafner Falaise, Hafner entend se positionner "au moment venu" sur une partie d’un terrain attenant à leur site, acquis par la Communauté de communes du Pays de Falaise.

Nouvelles tendances de consommation

L’entreprise recherche de la main-d’œuvre. Et pour cause, de la production au stockage, l’automatisation existe, mais "sur la partie tarterie, les fruits sont déposés manuellement. Les tartes sont des produits fragiles à la manipulation", indique Jacky Bernard, directeur du site Hafner Falaise. Les best-sellers ? "Les flans et les moelleux", détaille-t-il. Sans oublier le marché du snacking, avec les formats individuels qui cartonnent depuis la crise sanitaire du Covid-19. "Le marché évolue dans sa composition. Les produits ayant franchi des seuils de prix, passant de 15 à 18 euros, se vendent moins bien. C’est le cas de l’entremet", indique Nicolas Sesmat.

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