Deux ans après sa bouteille en fibres de lin tressées et résine biosourcée, l’entreprise Green Gen Technologies (14 collaborateurs, CA non communiqué) va commercialiser une autre innovation à compter du 15 octobre 2024. Ce spécialiste des emballages durables, accéléré par LVMH après sa création à Toulouse en 2017, lance un autre contenant pour vins et spiritueux : la Green Gen Bottle Carton.
Produite dans son usine à Bergerac, cette bouteille en carton est fabriquée à base de carton de fibres végétales et d’une outre en plastique (PE/EVOH). La couche d’EVOH (éthylène alcool vinylique) octroie une excellente imperméabilité à l’oxygène et au dioxyde de carbone, pour une conservation optimale du vin, sans impacter la totale recyclabilité de l’ensemble. Cette bouteille pèse 130 g seulement tandis que le poids d’une bouteille de vin ou de spiritueux traditionnelle en verre se situe entre 340 g et 1 kg. Ce paramètre facilite la manutention et le transport des bouteilles, réduisant les coûts logistiques et l’empreinte carbone.
67 % du chiffre d’affaires 2025 déjà couvert
“Elle aura un prix de vente compris, en fonction des quantités, entre 0,70 et 0,90 euro, qui est acceptable pour le marché du vin car le prix d’une bouteille en verre oscille entre 0,35 et 1,30 euro”, explique James de Roany, le président et cofondateur, au côté de Séverine Laurent Bizos, de Green Gen Technologies. “Il se vend 87 milliards de bouteilles en verre de vin et spiritueux chaque année en France, poursuit le dirigeant. Mais 80 % des vins mis en bouteille sont consommés dans l’année. Nous ne nous adressons pas aux grands crus qui vont se boire bien plus tard et pour lesquels le verre est imbattable sur le plan qualitatif.”
Green Gen Technologies projette de produire 2,8 millions de bouteilles en carton en 2025 (contre 150 000 exemplaires de sa bouteille en fibres de lin, plus chère). Son premier client est la Maison Parsat, qui est entrée à son capital comme actionnaire minoritaire, basée à Eymet (Dordogne) et spécialisée dans le conditionnement de vin en bag-in-box et en poches souples. “Nous avons un vrai pipe commercial car nous avons signé des lettres d’intention qui couvrent déjà 67 % de notre chiffre d’affaires de l’année prochaine”, indique James de Roany. L’entreprise prévoit d’augmenter la production de son innovation à 15 millions d’exemplaires en 2026, pour atteindre 30 millions d’ici à 2030.
Bergerac, nouveau siège social
Green Gen Technologies avait commencé à produire dans un atelier test à Portet-sur-Garonne (Haute-Garonne) avant d’implanter son usine à Bergerac l’année dernière, dans un hangar de 5 000 m2 couvert de panneaux photovoltaïques situé sur l’ancien site militaire de l’ESCAT, mis à sa disposition par la Communauté d’agglomération Bergeracoise à des conditions avantageuses. Outre la situation géographique privilégiée, non loin des vins de Bordeaux et du Cognac, Green Gen Technologies n’a pas résisté aux appels du pied de la Région Nouvelle-Aquitaine, “leader en Europe de la production de composites”, explique James de Roany. Si sa R & D et sa direction générale demeurent à Toulouse, elle vient toutefois de transférer son siège social à Bergerac (Dordogne), où l’entreprise considère son installation comme une “usine pilote.”
Vers un développement multilocal
“Notre développement passe par du multilocal, précise le dirigeant. Nous ambitionnons d’apporter des unités de production au plus près des lieux de consommation, et de les implanter en amont des chaînes d’embouteillage des gros opérateurs, ce qui sera très vertueux en termes de bilan carbone.” Après avoir levé environ 3,5 millions d’euros depuis sa création, Green Gen Technologies vise une nouvelle opération d’1 million d’euros. “Nous avons déjà réuni 650 000 euros, affirme James de Roany. Nous ouvrons des tickets à partir de 50 000 euros.”