Huit ans après le lancement d’un programme de R & D pour un nouvel automate d’analyses médicales, la société Diasys Technologies (35 salariés) franchit un cap dans l’industrialisation de son futur produit. Installée jusqu’ici dans le Biopôle Euromédecine situé à Grabels (Hérault) près de Montpellier, elle annonce un investissement de 3 millions d’euros pour construire sa première usine, non loin dans la même commune.
"Diasys développe depuis 2006 des instruments d’analyses biologiques pour le compte de sa maison mère (le groupe allemand Gorka, NDLR). Jusqu’ici les machines que l’on concevait étaient réalisées par des sous-traitants. Pour gagner en réactivité, nous avons voulu marier R & D et production", justifie Marie-Line Fontaine, directrice administrative et financière de Diasys.
Jusqu’à 200 robots fabriqués par an
Livrable en début d’année 2026, le bâtiment disposera d’une surface de 1 500 m2 sur un terrain de 2 000 m2. Le service de R & D s’étendra sur un étage complet, tandis que la supply chain se répartira sur les deux autres. En vitesse de croisière, qu’elle devrait atteindre dans cinq ans, l’usine pourra produire jusqu’à 200 robots d’analyse par an, générant un chiffre d’affaires de 6 à 7 millions d’euros. Cette montée en puissance nécessitant d’autres moyens humains, Diasys prévoit aussi d’atteindre, à la même échéance, le cap des 50 collaborateurs, répartis entre la R & D et la production.
Un process industriel de grande précision
Plus précisément, l’usine de Diasys sera dévolue à l’assemblage du robot, et non pas à son usinage en globalité : l’entreprise continuera en effet à se fournir en pièces plus ou moins finalisées auprès de ses sous-traitants. "Le travail d’assemblage n’en est pas moins complexe. Notre machine se compose de 200 sous-ensembles répartis chez nos partenaires. Il a donc fallu concevoir l’usine comme un site optimisé en conséquence : en phase d’industrialisation, nous devrons travailler avec des pièces fonctionnelles qui doivent par ailleurs prendre le moins de place possible dans notre zone de stockage (360 m2 environ, NDLR)", souligne Eric Patte, directeur de la production de Diasys.
Une technologie compacte et accessible
Le robot conçu par Diasys, baptisé "Combo", en est aujourd’hui à son sixième prototype, tandis que le septième (correspondant à la pré-série industrielle) se profile déjà. Face aux autres solutions existantes, il a la particularité de combiner plusieurs technologies, lui permettant de faire des analyses en biochimie (400 tests/heure) et en immunologie (100 tests/heure).
Le cycle de R & D pour finaliser son développement devrait se terminer en fin d’année 2025. Commencera alors la phase de commercialisation, où Diasys cible en priorité les laboratoires indépendants et les cliniques d’urgences. "Le Combo est plus compact que les machines standards, donc moins cher, ce qui le met à la portée de ce type de clients. De plus, une partie des prétraitements est faite directement par le robot, sans intervention de personnel formé pour ça, ce qui permet d’avoir une plus grande réactivité", fait valoir Marie-Line Fontaine.
De nouvelles versions à venir
Enfin, la future usine se caractérise aussi, selon Eric Patte, par sa grande flexibilité, afin de mieux préparer l’évolution de la production. "Le Combo sera le premier jalon d’une large gamme. Nous prévoyons déjà de futures déclinaisons de cette machine, en lui rajoutant des fonctionnalités supplémentaires", se projette le dirigeant.