"C’est une étape essentielle dans notre projet de développement", commente James de Roany, cofondateur et PDG de Green Gen Technologies devant la ligne pilote de conditionnement de ses bouteilles de vin en carton, au domaine du Haut-Montlong à Pomport, en Dordogne. Cette propriété viticole, partenaire de Green Gen, est la première à tester la mise en bouteille de ce contenant alternatif, sur une unité flexible capable de générer des petites séries pour le compte de clients divers.
Carton plein avec Tony Parker
Le premier est Tony Parker, ancienne star du basket et propriétaire du château Saint-Laurent, dans le Vaucluse. Un joli coup marketing pour séduire les jeunes générations. "Face aux difficultés du secteur viticole, il est nécessaire de faire évoluer les mœurs et favoriser l’adoption de solutions plus durables", estime le dirigeant, qui cible à la fois la grande distribution, les consommateurs et les viticulteurs. "Les jeunes consommateurs sont plus sensibles à ces questions environnementales, attentifs à l’impact de leur consommation." L’empreinte carbone est un argument phare, sachant que les contenants traditionnels en verre pèsent jusqu’à 50 % dans l’empreinte carbone de la filière viticole.
Le défi de l’empreinte carbone
La Green Gen Bottle en carton est fabriquée à partir de fibres végétales et intègre une poche en plastique pour préserver le vin, développée en partenariat avec l’entreprise bergeracoise Taulou. Ainsi fait, le contenant est trois à huit fois plus léger qu’une bouteille en verre (115 g avec capsule contre 340 à 1 kg), recyclable, et personnalisable du goulot jusqu’au tube de carton. Il a fallu deux ans et demi de R & D pour mettre au point cette innovation brevetée, qui s’ajoute à la version fibres de lin tressées et résine biosourcée lancée en 2022.
Autre atout : elle est présentée comme compatible avec toutes les chaînes de conditionnement, notamment celles des grands domaines viticoles.
Phase industrielle à l’usine
En amont du conditionnement qui débute, l’usine de Green Gen Technologies, à Bergerac son siège social, entre en phase industrielle. La PME qui emploie dix salariés à Bergerac (quatre autres sont restés à Toulouse sa terre natale, lieu de R & D) devrait avoir produit 45 000 bouteilles en 2025, sept millions de bouteilles fin 2026 et 15 millions d’ici fin 2027.
"Notre objectif est d’obtenir un produit grand public, détaille le dirigeant. Actuellement, notre bouteille est un peu chère, surtout pour un secteur viticole qui souffre. Grâce à la robotisation du process, nous souhaitons passer de 1,17 euros l’unité aujourd’hui à 90 centimes."
Levée de fonds en cours
Pour financer les investissements nécessaires, Green Gen a lancé une levée de fonds, visant 1,8 million d’euros dont un million d’augmentation de capital et 200 000 d’aides publiques, notamment du conseil régional. En termes de chiffre d’affaires, le dirigeant prévoit 4,4 millions en 2026, 8 millions en 2027 et 15 millions en 2028, avec quelques embauches supplémentaires notamment en logistique.