Les millions d’euros continuent de pleuvoir autour des projets industriels à Fos-sur-Mer. Alors que les deux groupes industriels Marcegaglia et Kem One ont annoncé le 24 mars des investissements de 750 millions d’euros et 200 millions d’euros, aujourd’hui, c’est GravitHy (28 salariés, 80 en juin 2026), qui annonce une levée de fonds de 60 millions d’euros, concrétisant un peu plus son projet d’usine de fer bas carbone, à Fos.
Ce tour de table inclut l’aide obtenue dans le cadre du dispositif "Première usine" de France 2030 et l’arrivée de nouveaux investisseurs : le géant américain du traitement de l'eau Ecolab, Japan Hydrogen Fund (un fonds géré par Advantage Partners), l'aciériste italien Marcegaglia, le groupe minier anglo-australien Rio Tinto, la filiale du groupe allemand Siemens Financial Services, ainsi que les actionnaires historiques, les fonds InnoEnergy et Engie New Ventures.
Décarboner l’industrie sidérurgique
Parmi les investisseurs, Antonio Marcegaglia, PDG de Marcegaglia, confie avoir participé à cette opération pour deux raisons. "Tout d’abord, parce que cet investissement s’ajoute au large éventail de projets que nous avons en cours pour décarboner les nombreuses activités de notre groupe. Ensuite, parce qu’il est utile au développement de notre usine de Fos-sur-Mer, que nous avons récemment acquise et que nous avons l’intention de relancer par le biais d’un plan de transformation industrielle ambitieux."
Pour José Noldin, PDG de GravitHy, ces soutiens sont essentiels "pour transformer la chaîne de valeur de l’acier" et il "accélère notre projet phare à Fos-sur-Mer, qui crée des emplois, stimule le progrès technologique et établit un modèle pour une industrie sidérurgique européenne résiliente, décarbonée et souveraine".
Une décision finale en 2026
Cet apport en capital permet à GravitHy, fondé en 2022, de financer son plan d’action notamment la sécurisation des contrats clés, les études d’ingénierie, le processus d’obtention des permis et le recrutement de nouveaux talents, jusqu’à la décision finale d’investissement en 2026. En parallèle, des échanges se poursuivent avec des investisseurs complémentaires pour renforcer la structure capitalistique de l’entreprise et soutenir son développement vers la construction de son usine et la commercialisation de son produit.
Un investissement global de 2,2 milliards d’euros
La production commerciale commencera en 2029, après une phase exhaustive de tests et de mise en service opérationnelle progressive, créant jusqu’à 500 emplois directs avec un investissement global de 2,2 milliards d’euros. Construite sur un site de 75 hectares à Fos-sur-Mer, la future usine produira 2 millions de tonnes de fer à réduction directe par an, soit l’équivalent d’une Tour Eiffel par jour. L’électrolyseur produisant l’hydrogène vert utilisé pour réduire le minerai de fer aura une capacité d’environ 750 MW, présentée par GravitHy comme "la plus grande en France, et l’une des plus grandes au monde".
L’entreprise annonce avoir signé une lettre d’intention avec EDF pour un Contrat d’allocation de production nucléaire (CAPN) en 2024, sécurisant ainsi une partie de l’approvisionnement en électricité nécessaire à son activité. L’accès à l’extension de l’infrastructure de transport d’électricité prévue par RTE a été officiellement confirmé dans le schéma décennal de développement réseau, ce qui garantit une exécution sûre et fiable.