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Les porteurs du projet Protherium s’engagent dans une levée de fonds de 14 millions d’euros
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Les porteurs du projet Protherium s’engagent dans une levée de fonds de 14 millions d’euros

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Au premier trimestre 2027, les trois porteurs du projet Protherium, Gilles Karcher, Richard Zimmermann et Jean-Bernard Deloye veulent lancer la production industrielle de médicaments radiopharmaceutiques, dans une usine basée à Gondreville, en Meurthe-et-Moselle.

Les trois porteurs du projet Protherium (de gauche à droite) : Jean-Bernard Deloye, Gilles Karcher et Richard Zimmermann — Photo : Jean-François Michel

À eux trois, les porteurs du projet Protherium cumulent 100 ans d’expérience dans la médecine nucléaire. "C’est aussi un peu un problème, parce que nous avons aussi plus de 200 ans à nous trois", glisse avec malice Gilles Karcher. Médecin spécialiste en médecine nucléaire, professeur et chef de service au CHRU de Nancy, Gilles Karcher est un des co-fondateur de Nancyclotep : ce groupement d’intérêt économique lancé en 2004 avec 4,5 millions d’euros, permet de soutenir le développement de la médecine nucléaire à Nancy, en produisant notamment, grâce à la société Posifit et aux travaux menés au CHRU de Nancy, des médicaments radiopharmaceutiques pour la recherche clinique.

Plus de 1 160 molécules en cours de développement

Concrètement, ces médicaments sont des molécules capables de cibler certains organes, tissus ou cellules du corps humain : radioactives, ces substances peuvent servir à établir des diagnostics, grâce à de l’imagerie médicale, mais permettent aussi de traiter des maladies. Et le marché est en train d’exploser. En dix ans, l’industrie de la médecine nucléaire a investi plus de 29 milliards d’euros dans la recherche, pour déboucher sur plus de 1 160 molécules en cours de développement. "Les nouvelles molécules arrivent, ça pousse en amont, mais il n’y a pas assez de moyens de production", constate Gilles Karcher. Le médecin nancéien s’est entouré de deux experts pour bâtir les contours du projet Prothérium : Richard Zimmermann, qui a participé à la création d’entreprises pionnières dans le domaine de la médecine nucléaire, telles que Telix Pharma, Global Morpho Pharma ou encore MEDraysintell, et Jean-Bernard Deloye, actuel directeur général de Zionexa depuis 2021, radiopharmacien en milieu hospitalier et industriel, co-fondateur de plusieurs sociétés spécialisées dont Cyclopharma.

Pour lancer la production de médicaments radiopharmaceutiques, une levée de fonds vise à rassembler 14 millions d’euros — Photo : Protherium

Vers une subvention apportée dans le cadre de France 2030

Ensemble, les trois dirigeants veulent faire passer la production de médicaments radiopharmaceutiques du stade de la recherche clinique à la production industrielle : c’est l’objet du projet Protherium, qui se présente comme une usine de production capable de répondre aux besoins en production des industriels de dimension mondiale. Pour aboutir, les trois porteurs de projets viennent de lancer une levée de fonds, qui doit permettre de rassembler un total de 14 millions d’euros. Si pour l’instant rien n’est bouclé, le dépôt du dossier au dispositif régionalisé France 2030 devrait permettre d’apporter 3 millions d’euros de subventions et 1 million d’euros d’avances remboursables.

"Il faut le faire ici et maintenant, sans attendre, parce que dans deux ans, cela n’aura plus de sens"

"L’essentiel de la levée sera composé de dettes", anticipe Gilles Karcher, qui a déjà obtenu des marques d’intérêt du fonds régional Groupe ILP. Le médecin veut boucler cette levée de fonds au troisième trimestre 2025, pour lancer le chantier de l’usine à la fin du quatrième trimestre 2025. "Il faut le faire ici et maintenant, sans attendre, parce que dans deux ans, cela n’aura plus de sens", assure Gilles Karcher. Le médecin sait qu’il n’est pas le seul à avoir identifié le potentiel de la médecine nucléaire. Si le marché pesait moins de 9 milliards de dollars en 2023, les projections montrent que l’activité mondiale liée à la médecine nucléaire devrait dégager près de 40 milliards de dollars en 2033, avec des croissances frisant les 30 %. "Et ce sont des chiffres qui ne concernent que les thérapies" souligne Gilles Karcher, qui anticipe la création de 60 emplois au sein de l’usine.

Le chantier de l’usine de Protherium doit s’étaler sur plus d’un an — Photo : Protherium

Dans un ancien magasin en bordure de la nationale 4

Le bâtiment qui doit abriter l’usine de Protherium a déjà été identifié : il s’agit de l’ancien magasin sous enseigne Fly, en bordure de la nationale 4, à Gondreville, en Meurthe-et-Moselle. 7 100 m2 disposant de huit mètres de hauteur sous plafond "C’est un site idéal, parce qu’il va nous permettre d’abriter quatre laboratoires de production dans un bâtiment", décrit Gilles Karcher. Concrètement, le modèle économique de Protherium prévoit de fonctionner comme un CMO, pour Contract Manufacturing Organization, soit une entreprise produisant des médicaments pour un groupe détenant les droits sur la molécule. "Avoir quatre laboratoires indépendants l’un de l’autre va nous permettre de réserver des capacités de production pour nos futurs clients, ce qui leur garantira la continuité de la production", détaille Gilles Karcher.

Une position géographique idéale

Les médicaments radiopharmaceutiques présentent en effet la particularité d’être radioactifs, et doivent donc être distribués rapidement après leur production pour correspondre à l’utilisation attendue. "Pour l’imagerie médicale, il est possible de les distribuer dans un rayon de 300 kilomètres autour du lieu de production. Pour la thérapie, c’est plutôt 2 000 kilomètres", indiquent les porteurs du projet Protherium, en soulignant la position géographique intéressante de Nancy et de Gondreville pour répondre à cette contrainte logistique.

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