La saga des boulangers a commencé en juin 2009 à Lyon. Deux ?mastodontes? de la boulangerie, Paul et La Mie câline, font casser un arrêté de 1992 de la préfecture du Rhône obligeant à un jour de fermeture hebdomadaire. «Nous sommes une poignée d'artisans indépendants à s'être engouffrés dans la brèche, détaille Benoît Zham, fondateur des boulangeries Pain Benoît (quatre boutiques à Lyon, 43 collaborateurs). En octobre, le syndicat de la boulangerie dépose un dossier pour vice de forme et revendique le retour à la fermeture hebdomadaire.» Entre-temps, les boulangers souhaitant ouvrir sept jours sur sept s'organisent et n'envisagent aucunement de revenir en arrière. Benoît Zham mobilise les troupes et crée le Glam, le groupement lyonnais des artisans modernes. Aujourd'hui fort de 90 membres, le Glam milite auprès des pouvoirs publics pour maintenir l'ouverture sept jours sur sept pour les artisans qui le souhaitent et pour les accompagner dans la modernisation de leur profession. Concurrencés par les grandes surfaces ou les stations services qui ouvrent tous les jours, les boulangers modernes ont pour objectif d'apporter les mêmes armes aux artisans que celles utilisées dans la grande distribution. «Si on ne se bat pas, la boulangerie artisanale sera morte dans quinze ans», prédit Benoît Zham. Une modernisation de la distribution du pain qui a un impact sur l'économie et l'emploi. «En ouvrant un jour de plus par semaine, mon chiffre d'affaires a progressé d'un peu moins d'un septième et j'ai augmenté mes effectifs de 10 %.» Entre 500 et 600 boulangeries artisanales sont recensées dans le Rhône. Un nouvel arrêté de la préfecture du Rhône du 13 juillet fixant les modalités de fermeture hebdomadaire a été retoqué par le tribunal administratif le 19 août. La bataille administrative est au coeur des préoccupations du Glam.
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La nouvelle génération de boulangers lyonnais milite pour moderniser les boulangeries artisanales.