Puisque l'Ecotaxe a été abandonné, que préconisez-vous pour assurer le financement des infrastructures ?
Pour l'instant, on l'assure par l'augmentation du tarif du diesel, qui est parfaitement indolore puisque le prix du pétrole baisse. Mais cela est très précaire. Cette affaire d'Ecotaxe est un pathétique fiasco. En substitution, il y a à l'étude la mise en place d'une vignette. Mais le contexte politique et fiscal fait que l'on va rester le plus longtemps possible sur le diesel.
Faut-il nationaliser les autoroutes ?
J'ai été un acteur très actif de la commission Chanteguet sur les autoroutes. Ce qui se passe avec les autoroutes n'est pas acceptable. Sur le domaine public, il y a des contrats qui rapportent deux milliards d'euros de dividendes aux six compagnies autoroutières qui les gèrent. Et sans la possibilité de changer de contrat. On arrive à des recettes que l'on appellerait dans le système bancaire usuraires. Il faut rééquilibrer les conditions contractuelles. Soit les autoroutiers consentent à ce que l'on améliore ces contrats, avec une plus juste répartition des rémunérations entre l'Etat et eux, et sur les conditions de fixation des tarifs. Soit nous avons jusqu'au 31 décembre pour mettre en œuvre une rupture unilatérale de la part de l'Etat, qui rachèterait toutes les concessions pour environ 40 milliards et remettrait en délégation de service public avec des contrats plus favorables à l'Etat.
N’est-il pas problématique que l’Etat revienne ainsi sur sa parole ?
La situation actuelle est préjudiciable à l'intérêt général et à la collectivité publique. Le grand message des parlementaires, c'est de dire que ça ne peut pas être soutenable et durable. Le contrat actuel est trop déséquilibré. On peut dire de Dominique de Villepin, qui l’a négocié quand il était Premier ministre, qu’il est moins habile avec les sociétés autoroutières qu’à la tribune de l’ONU.
Le député girondin Gilles Savary a contribué à la rédaction du rapport Chanteguet sur les autoroutes qui a été rendu public le 17 décembre. Il explique sa volonté de rediscuter les contrats des concessionnaires.