Le groupe familial y voit un peu plus clair sur son avenir. Alors que la vente de l’enseigne commerciale était évoquée en fin d’année 2024, Gifi a finalement obtenu le soutien de ses banques pour, dit-il, "finaliser sa restructuration financière" et annonce la mise en place d’un conseil de surveillance et d’un directoire.
Une nouvelle gouvernance
Philippe Ginestet est nommé président du conseil de surveillance. Les commandes opérationnelles sont confiées à un directoire "qui sera nommé très prochainement". À 70 ans, l’emblématique fondateur et jusqu’à peu PDG reste, avec l’entité Groupe Philippe Ginestet (GPG), actionnaire principal. "Je quitte mes fonctions opérationnelles avec le sentiment du devoir accompli tant vis-à-vis de nos équipes, de nos fournisseurs mais aussi de tout le Villeneuvois. Ce changement de gouvernance avec désormais un conseil de surveillance et un directoire, s’inscrit dans la volonté de préserver les racines de l’entreprise tout en renforçant le leadership de Gifi pour accompagner un plan de renouveau", déclare le dirigeant, "fier de permettre à Gifi de poursuivre son destin en toute sérénité".
Des garanties et un soutien des banques
Une fierté au prix de concessions non négligeables, outre le partage de la direction qui doit déjà lui coûter personnellement, lui le président patriarche qui incarne jusqu'à la voix des annonces dans les magasins.
Le dirigeant aurait aussi apporté des garanties sur son patrimoine et devra réinjecter 150 millions d'euros dans l'entreprise, selon les explications de son avocat à nos confrères de Sud Ouest. L'Etat injecterait 50 millions d'euros. Philippe Ginestet conserverait 60% du capital et les banques obtiendraient 40%.
Un plan stratégique à trois ans
Cet accord intervient après des mois de discussions pendant lesquels, reconnaît Gifi, "toutes les solutions ont été étudiées, y compris l'adossement". L'accord final "donne de nouvelles perspectives" tout en permettant au groupe de conserver son indépendance.
"Ces deux dernières années furent un défi historique à relever pour sauver l'œuvre de toute une vie"
La nouvelle gouvernance aura en charge le pilotage d’un plan stratégique à trois ans, "pour le renouveau du groupe". Il sera axé, explique le groupe, sur un nouvel élan commercial (innovation, prix) et un plan d’économies (marketing, logistique).
Deux années qui ont tout changé
Le groupe sort de deux années très compliquées, qualifiées de "défi historique à relever pour sauver l’œuvre de toute une vie", estime Philippe Ginestet. En dépit d’une "croissance ininterrompue durant 42 ans" souligne l’entreprise et une rentabilité constamment positive, le groupe a rencontré des difficultés financières en 2023 et 2024, qu’il justifie par "l’implantation très difficile d’un nouveau système de gestion informatique sur l’ensemble du réseau, qui a paralysé pendant de nombreux mois la visibilité sur les stocks, les approvisionnements et la gestion". Il pointe aussi du doigt une météo défavorable en 2024 à la vente de produits printemps/été et une concurrence accrue.
Gifi avait ainsi été contraint de solliciter les banques début 2024 pour rééchelonner sa dette. Un accord avait rapidement été trouvé lui consentant deux ans pour rembourser ses PGE.
1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires
En ce début 2025, le groupe annonce des ventes qui repartent à la hausse (+ 15 %) avec les soldes et un chiffre d’affaires 2024 de 1,2 milliard d’euros. Fondé en 1981, Gifi comprend aujourd’hui 630 points de vente en France et à l’international, et 6 000 salariés. Il vante ses "nombreux leviers de rebond", notamment son million de mètres carrés de magasins, entrepôts et bureaux, ses 20 000 références et ses 10 millions de clients détenteurs d’une carte de fidélité.
"Nos idées de génie ont un bel avenir", assure Philippe Ginestet.