Deux ans après avoir réuni 15 millions d’euros, le groupe industriel savoyard GCK (300 collaborateurs, 32 M€ de CA en 2023), spécialisé dans la mobilité décarbonée, a annoncé avoir conclu un closing intermédiaire de sa levée de fonds totale de près de 40 millions d’euros, en accueillant à son capital le fonds à impact environnemental Shift4Good. Les investisseurs historiques et l’industriel Motul ont également renforcé leurs participations. "Il n'y a pas d'actionnaire majoritaire à l'issue de ce tour de table mais seulement un pool d'actionnaire composé des trois associés d'origine, dont je fais partie, des investisseurs historiques, de Motul et désormais de Shift4Good, qui est un fonds d'investissement de référence dédié à l'investissement à impact dans les secteurs de la mobilité durable et de l'économie circulaire de la mobilité", explique Eric Boudot, président de GCK. Le groupe devrait encore lever 10 millions d’ici la fin de l’année, dont la moitié en dette et l'autre en equity.
Production d’autocars rétrofités en série
Avec ce troisième tour de table, le plus gros depuis la création de GCK en 2020, le groupe entend accélérer l’industrialisation de sa production, avec désormais cinq sites de production, dont celui situé à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), dédié au rétrofit des véhicules lourds par sa filiale GCK Mobility. Cette dernière a annoncé en début d'année la commande de 50 autocars rétrofités pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Le groupe vise la production de 100 autocars rétrofités à l'hydrogène l'an prochain sur ce site auvergnat et devrait donc investir pour monter en cadence. "Certains de nos sites sont très récents, nous allons les doter de capacités de production en automatisant certaines lignes afin de passer à de plus gros volumes", explique Eric Boudot.
Le groupe entend également poursuivre son travail de R & D afin de proposer à ses clients l’excellence technologique dans les domaines des moteurs, de la batterie et du rétrofit. "Nous travaillons toutes les technologies qui permettront demain de décarboner les mobilités […] Nous avons décidé d’être très agnostiques sur la technologie et de travailler aussi bien sur la batterie que sur l’hybridation ou l’hydrogène", explique ainsi Eric Boudot, président de GCK.
Accélérer à l’international
Enfin, l’arrivée de ce nouvel actionnaire devrait permettre à GCK d’accélérer son processus d’internationalisation, dans la continuité de l’annonce faite aux 24 Heures du Mans en juin dernier pour la production de moteurs à combustion hydrogène pour le marché américain. Au printemps, GCK a ainsi signé un partenariat entre Solution F, entreprise spécialisée dans les systèmes de propulsion, reprise par GCK en 2022 et l’américain Saleen Automotive, portant sur la livraison d’un nouveau moteur destiné à équiper la future supercar de route. Particularité de ce V6 biturbo : il pourra fonctionner avec de l’hydrogène et/ou du carburant synthétique traditionnel.
Ce tour de table devrait donc renforcer la position de leader de GCK sur les marchés du développement et de la fabrication de technologies innovantes pour la transformation de véhicules et dans le stockage et l’alimentation en énergie verte. Le groupe vise ainsi un chiffre d’affaires compris entre 40 et 45 millions cette année, et de 100 millions d’euros à horizon deux ans. "Nous sommes pour l'instant dans une logique de consolidation même si nous restons opportunistes. Nous ferons peut être de la croissance externe à partir de 2026 avec potentiellement l'ouverture de succursales à l'international", conclut le président.