La coopérative agricole costarmoricaine Garun - Paysanne (189 M€ de CA en 2023, 170 salariés, 2 200 adhérents) officialise la création d’une union de commercialisation de céréales avec ses homologues Sevépi (Eure, 180 M€ de CA en 2023, 113 collaborateurs, 1 200 adhérents) et Creully (Calvados, 127 M€ de CA en 2023, 85 salariés, 1 200 adhérents). L’objectif ? Massifier et optimiser la collecte des trois coopératives pour répondre aux attentes de leurs clients historiques et conquérir de nouveaux marchés.
Une union, pas une fusion
"Il s’agit d’une union de commercialisation et non d’une fusion", précise le président de la Garun - Paysanne, Jean-Luc Cade. Cette union sera opérée par Sevépi. "Elle possède les compétences spécifiques nécessaires", témoigne Sébastien Blot, directeur général de la coopérative costarmoricaine. Elle portera le nom de Sitera et démarrera ses activités officiellement le 1er juillet 2025.
Le capital social de l’union, basée au siège de Sevépi, est proportionnel à la quantité de collecte de chacune des coopératives. "Mais chacune possède le même poids dans les décisions : une coopérative égale une voix", précise le DG. Près d’un million de tonnes de grains, céréales, oléagineux et protéagineux sera commercialisé par Sitera.
Trouver de nouveaux débouchés
Pour Garun - Paysanne, l’objectif est également un moyen de trouver des débouchés pour son excédent de grains résultant de la baisse de 4 % de son activité de nutrition animale, due à la décapitalisation des cheptels (arrêt de 3 à 5 % des élevages chaque année et diminution du nombre de bêtes). Un excédent découlant aussi de l’acquisition du négociant en céréales sarthois Maudet, en juillet 2024.
Cette entreprise qui comprend 400 agriculteurs, affiche un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, pour un résultat net compris entre 300 000 et 500 000 euros et une collecte de céréales de 100 000 tonnes annuelles, permet aussi à la coopérative paysanne de "végétaliser" davantage son activité, et de lui ouvrir des marchés de valorisation des céréales. "Nous allons passer du statut d’acheteur à celui de revendeur de céréales", résume Sébastien Blot.
De nouvelles acquisitions en vue ?
Cette croissance externe pourrait en appeler d’autres. "Nous n’excluons pas d’autres acquisitions en lien avec nos métiers de base (qui outre la nutrition animale et la collecte de céréales, comprend la distribution, avec 8 Magasins verts, l’agronomie et la santé animale, NDLR)", reprend Jean-Luc Cade. L’entreprise, qui va intégrer certains services supports de Maudet, bénéficie d’une capacité d’autofinancement d’1,13 million d’euros. Elle a également recruté de nouveaux adhérents dans le grand Ouest.
En attendant, les chiffres de l’exercice 2023 - 2024 résument la situation, avec un chiffre d’affaires de 189 millions d’euros en baisse de 10 %, en raison de la déflation et de la baisse du volume d’alimentation animale produit pour bovins, porc et volailles. La collecte est également en baisse, à 170 500 tonnes. Le pôle végétal et agronomie est en revanche en hausse de 8,5 %, à 9,9 millions d’euros, grâce au succès des engrais, produits phytosanitaires et semences.
Des investissements à hauteur de 3,37 millions d’euros
La coopérative a réalisé au cours de l’exercice des investissements à hauteur de 3,37 millions d’euros principalement sur ses trois usines à Hénansal (Côtes-d’Armor) et Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine).
Le résultat d’exploitation ressort à 744 200 euros tandis que le résultat net s’élève à 525 000 euros (contre 1,5 million d’euros un an auparavant). "Satisfaisant compte tenu de la conjoncture difficile", commente Sébastien Blot.