Son président, Jean-Luc Cade, ne cache pas sa satisfaction en rendant public les résultats de l’exercice 2024-2025 de la coopérative agricole Garun Paysanne (177 salariés, 2 200 adhérents).
Pourtant, certaines données n’apparaissent pas à l’avantage de l’entreprise basée à Hénansal (Côtes-d’Armor). À commencer par le chiffre d’affaires de l’exercice (clos au 30 juin), en baisse de 6 %, à 177,8 millions d’euros. Dans l’activité principale de nutrition animale (près de 150 millions d’euros, 413 000 tonnes), le tonnage ressort en baisse. "Mais nous sommes en hausse de 3 % pour l’alimentation pour les bovins et de 0,8 % pour les porcs, nos deux principaux marchés. Les volailles sont en baisse de 11,5 %, en raison de travaux dans les installations de nos adhérents", précise le dirigeant.
Un climat qui a affecté la collecte de céréales
Dans la deuxième activité la plus importante de la coopérative, la collecte de céréales, seules 149 000 tonnes ont été récoltées, en baisse de 17 %. "Cela s’explique par le climat, qui a été très pluvieux, explique Sébastien Blot, directeur général. Pour l’exercice en cours, nous avons réalisé une collecte (qui se déroule principalement entre septembre et décembre, NDLR) record de 175 000 tonnes."
Les autres secteurs d’activité affichent aussi des résultats en baisse : l’agronomie est en baisse de 17 %, avec un chiffre d’affaires de 8,2 millions d’euros ; la distribution verte (magasins Gamm Vert) compte désormais 6 magasins au lieu de 8, avec les fermetures de deux sites, pour un chiffre d’affaires de 2,58 millions d’euros. Quant à la santé animale, l’activité s’est effritée de 6 %, à 1,35 million d’euros.
Des parts de marché gagnées
Mais le plus important est ailleurs pour les dirigeants. "Dans un marché de l’alimentation animale baissier, et donc très bataillé, nous surperformons et reprenons des parts de marché sur la concurrence, par exemple dans l’alimentation des porcs", pointe Jean-Luc Cade.
Surtout, les résultats financiers font apparaître une performance remarquable dans cet environnement. La marge brute a augmenté de 10 %, à 32,2 millions d’euros, la valeur ajoutée s’élève à 13,86 millions d’euros, tandis que l’excédent brut d’exploitation affiche 3,6 millions d’euros (contre 2,6 millions d’euros en 2024) pour un résultat net de 835 000 euros (contre 525 000 euros un an plus tôt).
Modernisation et rénovation au menu des investissements
"Depuis plusieurs années, nous réussissons à dégager des marges tout en modernisant nos outils et les inscrivant dans la durée", souligne Sébastien Blot. Les investissements (4,3 millions d’euros) et la capacité d’autofinancement (2,9 millions d’euros contre 1,13 million en 2024) en attestent. Mais s’imposent également sachant que la coopérative costarmoricaine est passée, en 8 ans, d’une production de 280 000 tonnes de nutrition animale à 413 000 tonnes, avec les mêmes outils.
Les investissements concernent ainsi beaucoup la rénovation des sites industriels et des équipements de collecte, sur lesquels un gros travail de maintenance préventive est réalisé.
S’unir face à la concurrence étrangère
Pour l’avenir, le président Cade se félicite du modèle résilient de la polyculture-élevage, et en appelle à des coopérations entre les acteurs de l’agriculture bretonne, pour contrer les offensives des concurrents étrangers. Comme l’a fait Garun Paysanne dans le domaine du négoce de céréales, avec Sitera, avec deux coopératives normandes, et CIL, dans la gestion informatique externalisée.
La coopérative, qui a acquis Maudet (négociant de céréales sarthois employant 42 salariés) en 2024, regarde aussi dans la direction de l’aval de la filière. "Nous avons en tête de prendre des positions dans l’aval et ceux qui valorisent les productions bretonnes", confie le président.