«En tant que galerie d'art, nous avons en quelque sorte un rôle d'éveil culturel à jouer. Nous devons amener le public à découvrir les artistes», confie Frédéric Amy, qui, depuis les années 2010, dirige la galerie d'art marseillaise, Pharos installée depuis 1990 en plein centre-ville à quelques dizaines de mètres du Vieux-Port. «J'ai naturellement poursuivi l'activité de mon père, mais, depuis sept ans, nous avons choisi de nous consacrer au développement de deux secteurs: le figuratif assez précis et le pop art. Ce sont nos deux lignes artistiques». La galerie travaille en majorité avec des artistes étrangers et les oeuvres exposées sont à 70% des dépôts-ventes. «Dans 30% des cas nous pouvons acheter les oeuvres, cela permet de soutenir l'artiste afin qu'il puisse vivre de son travail et continuer à produire». Outre la galerie marseillaise, Frédéric Amy dirige également trois autres galeries à Saint-Rémy de Provence. «Nous avons également eu une aventure de dix ans en Avignon, mais nous l'avons interrompu en 2010. Économiquement parlant, Avignon a plongé», précise Frédéric Amy.
«Il manque un grand musée à Marseille»
Depuis dix ans, le développement d'internet a bouleversé le travail des galeristes. «Le web nous a fait beaucoup de mal durant des années. Les clients pouvaient entrer en contact direct avec les artistes pour leur acheter des oeuvres et ils pouvaient également comparer plus facilement les prix d'une galerie à l'autre. Aujourd'hui ces désagréments sont lissés et, en revanche, internet est devenu un outil de veille extraordinaire. Je butine beaucoup à la recherche de nouveaux créateurs. Nous l'utilisons également comme outil de communication pour solliciter notre clientèle, même si celle-ci demeure très proche, en moyenne dans un rayon de 30 à 40 kilomètres autour de Marseille».. La galerie Pharos organise près de sept expositions par an et présente les oeuvres de 25 à 30 artistes différents en permanence dans ses locaux. «Il faut toujours faire découvrir des choses nouvelles. La clientèle a changé depuis quelques années. Avant, nous étions plutôt sur les secteurs médicaux et paramédicaux, aujourd'hui, la clientèle est plutôt issue des professions libérales et du monde de l'entreprise. En général, les clients sont plutôt fidèles aux galeries et il y a un fort attachement aux oeuvres achetées. Hélas, Marseille demeure une ville aculturelle. Hormis quelques peintres provençaux, il n'y a pas grand-chose. Il suffit de regarder dans les magazines immobiliers. Il n'y a rien ou presque sur les murs des maisons à vendre. Il manque un grand musée d'art contemporain à Marseille, consacré à César ou Pierre Soulages. On a créé le Mucem. C'est bien. Mais les touristes feront-ils un détour de 150km pour s'y rendre? En six ans, Marseille a perdu trois galeries d'art. Il n'en reste plus que quatre...», regrette-t-il.
Galerie Pharos
Marseille
Frédéric Amy 3 salariés - CA : n.c. 04 91 33 22 23 www.lapeinture.com