Fusion42. C’est le nom du consortium dédié au nucléaire, créé par l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie de la Loire (UIMM), la CCI métropolitaine et Mécaloire, le cluster ligérien de la mécanique, et soutenu par la préfecture de la Loire.
Fruit du travail de réflexion du Collectif économique de la Loire lancé par le Medef et ses partenaires, la création de ce consortium avait été annoncé au mois de janvier par le président du Medef Loire Philippe Rascle, alors président de l’UIMM Loire.
Fédérer une centaine d’entreprises ligériennes
Ce consortium ambitionne de fédérer une centaine d’entreprises ligériennes. Il aura pour mission de rendre ces dernières visibles auprès des grands donneurs d’ordres du nucléaire que sont EDF, Framatome, Orano et le CEA notamment. Une visibilité qui fait aujourd’hui défaut aux entreprises du département et qui pourrait, du coup, les priver de marchés nationaux liés à la relance de l’énergie nucléaire en France. Un marché qui pourrait représenter "jusqu’à 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans les 15 ans à venir", ont insisté les cofondateurs de Fusion42.
Tirer profit du plan de relance du nucléaire
En effet, en plus des six nouveaux EPR2 qui doivent voir le jour d’ici 2050, dont un dans la région, au Bugey dans l’Ain, la filière va devoir continuer de répondre aux opérations de maintenance et de remise à neuf d’un parc vieillissant. Les perspectives de business sont donc colossales.
Fusion42 aura donc mission de fédérer les acteurs ligériens déjà présents dans le secteur du nucléaire, les aider à se structurer et à monter en compétences pour obtenir des certifications (telles que l’ISO 19443), gagner en compétitivité en allant aussi chercher des lignes de crédit dans le cadre de France 2030, et récolter, in fine, les fruits de la relance du nucléaire en France.
Fusion42 aura aussi vocation à accompagner ses entreprises dans leurs besoins de recrutement en s’appuyant notamment sur les compétences de l’ISTP et l’IRUP.
Des reconversions pour les sous-traitants automobiles
Pour la présidente de la délégation stéphanoise de la CCI métropolitaine, la création de ce consortium fait aussi écho "à l’identité industrielle de ce territoire, en participant à sa transition énergétique et à l’émergence de nouvelles filières".
Elle pourrait même impulser la reconversion de certains sous-traitants ligériens aujourd’hui en difficulté dans des secteurs comme l’automobile. C’est en tout cas l’idée avancée par la préfet de la Loire Alexandre Rochatte, qui a rappelé que "le secteur automobile emploie 5 000 salariés dans la Loire".
Sur la centaine d’entreprises identifiées pour potentiellement intégrer Fusion42, "environ 20 % n’ont jamais travaillé pour le nucléaire mais ont les compétences pour, à condition de se faire accompagner", a souligné de son côté Baptiste Autin. Le président de Mécaloire a par ailleurs annoncé que 13 de ses adhérents participeront au prochain salon World Nuclear Exhibition, qui se déroulera du 4 au 6 novembre prochain à Paris, en compagnie du pôle de compétitivité Cime et de Fusion 42.