France : Energies marines : DCNS prend le contrôle de l'Irlandais OpenHydro

France : Energies marines : DCNS prend le contrôle de l'Irlandais OpenHydro

L’entreprise de construction navale de défense DCNS (13.000 salariés, 2,6 Mds € de CA), qui se diversifie notamment dans le secteur des énergies marines renouvelables depuis 2010, a confirmé avoir pris le contrôle de la PME irlandaise OpenHydro (90 salariés, 4M€ de CA), spécialisée dans la conception et la fabrication de turbines d’hydroliennes. Avec un chèque de 130 millions d’euros, DCNS vient de porter sa participation de 11% du capital – acquis début 2011 – à 59,5%. « On vise un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros d’ici 2025 sur le marché de l’énergie hydrolienne », ambitionne Patrick Boissier, P-dg de DCNS pour qui cette montée au capital est « une étape majeure » dans le développement de ce segment de marché au sein du groupe.

L’énergie hydrolienne utilise la force des courants marins. Le groupe travaille parallèlement sur l’énergie houlomoteur (l’énergie de la houle), l’énergie thermique de la mer notamment dans les Antilles et à la Réunion et l’éolien flottant.

Un potentiel d’énergie équivalent à 60 EPR
Selon DCNS, l’énergie hydrolienne représente un potentiel de 90GW, soit l’équivalent de 60 EPR. Il faudrait une « dizaine de milliers de turbines dans le monde » pour les exploiter. « Des sites industriels seront créés dans les régions où OpenHydro sera maître d’œuvre de fermes d’hydroliennes », promet le groupe.

En France, le courant le plus « prometteur », selon Patrick Boissier, est situé sur la zone du raz Blanchard, en face de Cherbourg. Si son projet de construction d’une centaine d’hydroliennes dans cette zone est retenu, le groupe promet la création de « 1.000 à 1.500 emplois » à Cherbourg, où serait installée l’infrastructure industrielle. Pour l’heure, le gouvernement n’a pas encore émis d’appels d’offres concernant l’hydrolien. Le courant du Fromveur, situé entre l’île d’Ouessant et de Molène dans le Finistère, est susceptible d’intéresser à terme DCNS qui pourrait y installer également une « centaine d’hydroliennes », a suggéré Patrick Boissier.

L’Arcouest toujours au fond de la rade de Brest
DCNS et OpenHydro ont déjà travaillé ensemble avec EDF sur la construction d’une première hydrolienne, Arcouest, qui est testée sur le parc de Paimpol-Bréhat, dans les Côtes-d’Armor et qui a été assemblée sur le site de DCNS à Brest. Suite à un problème technique sur la barge qui la transportait depuis Brest, où elle avait été ramenée en maintenance en septembre, jusqu’au site de Paimpol-Bréhat, l’hydrolienne a dû être immergée au fond de la rade de Brest où elle est toujours. « Cela ne remet pas en cause le choix d’OpenHydro pour la turbine puisqu’il s’agit d’un problème sur le treuil », a tenu à rappeler Patrick Boissier. Les réparations du treuil et l’acheminement de l’hydrolienne devraient avoir lieu « dans les semaines à venir ».

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