Agnès Pannier-Runacher lie intelligence artificielle et économie bleue lors de son déplacement dans le Var
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Agnès Pannier-Runacher lie intelligence artificielle et économie bleue lors de son déplacement dans le Var

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En déplacement dans le Var, Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, a visité le site Naval Group d’Ollioules, découvert le projet de réindustrialisation de La Londe-les-Maures et échangé avec des acteurs locaux de l’intelligence artificielle. Au menu : le rôle de l’IA en mer.

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche en déplacement sur le site Naval Group d’Ollioules dans le Var — Photo : Hélène Lascols

Dans la continuité du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, au cours duquel le président de la République Emmanuel Macron a annoncé 109 milliards d’euros d’investissements privés, Agnès Pannier-Runacher s’est déplacée dans le Var pour offrir, selon ses mots, "une illustration territoriale au sommet".

L’IA au service des acteurs de la mer

Une dimension maritime aussi puisque la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche a été reçue par Thierry Guével, le directeur du site Naval Group d’Ollioules, à l’ouest de Toulon pour évoquer le rôle de l’IA en mer : "Les enjeux sont très importants pour la France, qui dispose du deuxième domaine maritime mondial. L’IA peut apporter une meilleure connaissance de la mer, et ainsi de mieux répondre aux différentes menaces, de mieux la protéger aussi", a souligné la ministre.

Agnès Pannier-Runacher, Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, a été reçue par Thierry Guével directeur du site Naval Group d’Ollioules — Photo : Hélène Lascols

Elle a d’ailleurs annoncé avoir confié une mission à l’ancien secrétaire d’État chargé de la mer, Hervé Berville, sur les applications de l’IA aux sujets maritimes : applications en matière de sécurité, de protection de la biodiversité, de connaissance des fonds marins. Dans un souci de rassembler les acteurs, elle a aussi évoqué la création d’une plateforme de données maritimes partagée, qui permettra aux acteurs de la mer "d’être plus forts".

L’IA au service de la production logicielle

Sur le site du géant naval, qui emploie 2 000 collaborateurs et se présente comme un centre d’excellence des systèmes numériques, l’intelligence artificielle répond à deux besoins. "Elle répond à notre besoin de compétitivité et de productivité à chaque étape, de la conception à la déconstruction d’un bateau en passant par sa maintenance. L’IA permet aussi d’apporter de la valeur aux systèmes numériques produits par nos équipes", explique Sébastien Rousset, responsable de département Facteurs humains et Intelligence artificielle chez Naval Group.

C’est ainsi que Naval Group a mis au point Seanergy, "une usine de production logicielle hébergée dans un cloud privé, confie un cadre du groupe. L’intelligence artificielle est utilisée pour suppléer les tâches à faible valeur ajoutée, pour générer du code, des tests, de la documentation ou des systèmes d’analyse et de contrôle."

Les objectifs affichés pour Naval Group (16 325 salariés, CA : 4,2 milliards d’euros) sont de faire plus, de faire plus vite et mieux mais aussi de fidéliser et attirer des talents, grâce à l’IA.

L’IA au service des produits

Chez le géant naval de Défense, on met aussi de l’IA dans les produits et ce, depuis le début des années 2000, au départ sous la forme de modèles mathématiques pour mieux identifier la dangerosité sur un théâtre d’opérations. Est ensuite venu le temps de l’IA d’apprentissage, que ce soit pour faire de la maintenance prédictive, pour fournir une aide à la décision opérationnelle ou pour optimiser la consommation d’énergie. Cette IA est désormais également générative, notamment pour offrir une autonomie décisionnelle aux drones.

Un exemple de réindustrialisation

Ces drones auront bientôt un site dédié dans le Var, à La Londe-les-Maures. Ce futur pôle d’excellence des drones a été présenté à la ministre par Jean-Marie Guerin, le directeur du programme de réindustrialisation du site des Bormettes. Le dossier environnemental de 3 000 pages du projet de réindustrialisation de cet ancien site exploité par DCNS (ex-Naval Group) et à l’abandon depuis trente ans, est désormais en instruction. Une enquête publique suivra, puis les travaux devraient commencer en 2026 pour une livraison prévue fin 2027.

"Ce projet, nous l’avons voulu exemplaire d’un point de vue environnemental, explique Jean-Marie Guerin. Trois zones de biodiversité, sur lesquelles rien ne sera construit, ont été définies. Le bâtiment sera à énergie positive, la consommation énergétique sera pilotée en temps réel, la ressource en eau sera maîtrisée." A son ouverture, ce site abritera 550 salariés de Naval Group, mais aussi les salariés de partenaires puisque le centre et ses moyens d’essai seront ouverts à l’écosystème.

Maquette du futur pôle d’excellence dédié aux drones, de Naval Group à La Londe-les-Maures dans le Var — Photo : Hélène Lascols

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