Finistère

L'Enquête

JDE Edition Finistère 29

DCNS. En quête de nouveaux marchés

ajouté le 8 janvier 2010  -  - Mots clés : Actualité, Fait du mois, DCNS

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Championship vise clairement une diversification sur des marchés jugés porteurs.

Gagner 30% de productivité en trois ans et multiplier par deux le chiffre d'affaires à l'horizon 2020: c'est l'objectif du nouveau patron de DCNS qui entend diversifier le constructeur naval sur des marchés jugés porteurs. À Brest, on met le cap sur les énergies marines.

Dossier réalisé par Armelle Gegaden et Isabelle Jaffré

Un an après son arrivée à la direction de DCNS, Patrick Boissier a annoncé en décembre un plan stratégique ambitieux pour le groupe naval de 12.000 personnes. Il vise une croissance de+50 à+100% dans les dix ans. Un plan qui se situe dans la droite ligne des mesures prises par son prédécesseur Jean-Marie Poimboeuf depuis le changement de statut de l'ex-arsenal en 2003. Pour y arriver, l'expert naval détenu à 25% par Thales et 75% par l'État va devoir améliorer sa productivité, et ce dès 2013. L'objectif étant de gagner de nouveaux marchés à l'international et de préparer la grande alliance européenne de l'industrie navale. Si Patrick Boissier veut conforter ses positions auprès de la Marine, Championship vise clairement une diversification sur des marchés jugés porteurs. L'explication est simple. S'il reste un doute sur la commande d'un second porte-avions, la construction neuve va rester stable dans les dix ans. «En revanche, le marché sera fortement décroissant sur l'entretien des flottes», pronostique Patrick Boissier. La baisse de charge est donc «inéluctable» en France. La raison est triple: la concurrence grandissante, les commandes de bâtiments en baisse et le renouvellement de la flotte qui s'oriente vers des navires nécessitant moins d'entretien. À Brest, établissement secondaire spécialisé dans le service, l'entretien et la réparation navale, la question de la diversification se pose à terme. Depuis la décision de construire le troisième BPC chez STX à Saint-Nazaire au printemps dernier, les Brestois déplorent la disparition de la construction neuve à Brest. Tous les espoirs se portent désormais sur l'adaptation des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins aux missiles M51. «Cela va engendrer des pics de charges significatifs», indique Christian Laurent directeur de DCNS Brest. CGT, CFDT, Unsa, tous craignent encore et toujours pour le plan de charge et l'emploi. Ils voient dans championship, l'application des mêmes méthodes que lors du passage de Patrick Boissier aux chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire. Du côté syndicats de sous-traitants, on s'inquiète aussi. La CGT métallurgie craint la baisse du nombre de sous-traitants pour DCNS et donc pour l'emploi dans le bassin.

Énergies marines: industrialiser la filière
Championship offre pourtant à la cité du Ponant de se développer dans les énergies marines renouvelables via un incubateur. L'Unsa de la région Bretagne, se félicite de sa création. Avec un bémol cependant: si le plan de charge et l'activité seront augmentés grâce à ces nouveaux domaines, pour l'instant seuls une vingtaine d'emplois, ingénieurs et techniciens, est concernée. Pour Brest, l'enjeu est désormais de réussir à industrialiser la filière. «La plateforme d'une éolienne offshore flottante, c'est 700 tonnes d'acier à assembler et à souder. Si on arrive à concrétiser et à industrialiser la filière, il y aura des débouchés pour le secteur métallurgique en construction et réparation navale. D'autres corps de métiers pourraient être concernés pour l'entretien d'éoliennes flottantes, par exemple. Nous sommes au début d'une aventure industrielle», soutient Jean-Jacques Le Norment chef de projet énergies marines à l'agence économique de Bretagne. Pour développer cette filière, Brest dispose d'un atout de taille que beaucoup de cités européennes pourraient envier: du foncier en bord de quai. Les 44 hectares du polder brestois, sur le port de commerce, devraient d'ailleurs être dédiés à l'accueil de projets de développement des énergies marines renouvelables.

«À terme, se diversifier»

«À plus long terme, on doit se diversifier en raison de la tendance à la baisse de l'activité entretien et réparation navale.»

Christian Laurent dirige DCNS à Brest. Si son discours se veut rassurant sur le plan de charge, cet ancien directeur d'un sous-traitant du constructeur naval (Bastide) convient que le site va devoir à terme se diversifier.



L'établissement brestois est-il particulièrement visé par le souci de diversification?
La Marine nationale reste un client très important pour nous. Pour Brest, c'est le socle de l'activité. Avec son plan de charge (voir page de droite), le site a une position relativement enviable. L'activité couvre les ressources actuelles sans problème. L'IPER adaptation (NDLR: période d'indisponibilité pour entretien et réparation) des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins aux missiles M51 va engendrer des pics de charges significatifs. Mais à plus long terme, c'est vrai, si on ne se diversifie pas on aura des problèmes en raison de la tendance à la baisse de l'activité entretien et réparation navale.

Que va changer championship pour le site de Brest?
DCNS vise une croissance de son chiffre d'affaires de 50 à 100% sur 10 ans. Le centre DCNS de Brest sera concerné par le développement du maintien en condition opérationnelle à l'export. DCNS souhaite développer ses ventes de navires à l'export et également vendre l'entretien de ces mêmes navires. Le site brestois enverra donc des équipes sur place, dès que le groupe remportera des marchés. Aujourd'hui cela concerne déjà une petite vingtaine de personnes. La division Services de DCNS basée à Brest, comme à Toulon, sera amenée aussi à développer l'ingénierie de maintenance et les activités logistiques et d'achats pour le compte des clients du groupe naval. Ces fonctions occupent 350 personnes à Brest aujourd'hui.
Vous avez déjà une activité dans le nucléaire civil, vous souhaitez la développer?
On veut se positionner sur ce genre de projets. C'est une activité pas si éloignée de notre coeur de métier! À Brest, on sait entretenir des chaudières nucléaires sur les sous-marins. Nous collaborons notamment avec EDF ou Areva pour des prestations de service sur site par l'envoi de nos salariés sur place. Par ailleurs, l'établissement DCNS de Cherbourg, comme celui de Nantes - Indret, participe à la fabrication d'échangeurs de chaleur pour les centrales chinoises de type EPR.
30% de gain de productivité en trois ans, cela vous paraît-il réaliste?
Oui. Vous savez, depuis le changement de statut de DCNS en 2003, nous avons fait des gains considérables en particulier à Brest, grâce aux processus de réalisation et à l'organisation. Aujourd'hui, il s'agit de travailler mieux encore. Toutes les entreprises le font. Il ne s'agit pas de faire travailler deux fois plus vite les gens. Mais d'analyser où se trouve la valeur ajoutée.
Patrick Boissier veut diviser par deux le nombre de fournisseurs. Qu'allez-vous faire à Brest?
On ne va pas stopper purement et simplement notre collaboration avec tous nos sous-traitants brestois! Nous allons surtout travailler de façon plus efficace. Une structure d'achat maison se met en place qui sera chargée de la sélection du panel de fournisseurs. C'est elle qui favorisera les regroupements et l'harmonisation des tarifs. Il est clair que pour une prestation de mécanicien, on ne va pas appeler une entreprise de Toulon pour intervenir à Brest!
3.200 personnes en 2003 sans compter les sous-traitants. 2.800 aujourd'hui. Championship peut-il redonner un nouveau souffle au site de Brest?
C'est l'emploi qui s'adapte à la croissance de l'activité et non l'inverse. Encore une fois, il n'y a pas de drame à Brest à l'instant T.Mais oui nous pouvons espérer nous développer dans les secteurs précités.

Ce que prévoit championship

Réduction drastique du nombre de fournisseurs, gain de productivité de 20 à 30%, multiplication du chiffre d'affaires par deux: Patrick Boissier le nouveau patron de DCNS rêve de faire du groupe français un champion européen.


«Championship»: voilà le nouveau gimmick de DCNS. En décembre, Patrick Boissier, son P-dg a présenté ce plan stratégique à l'horizon 2010. Il vise une augmentation de 50 à 100% du chiffre d'affaires d'ici à dix ans. Sa réalisation est conditionnée à une amélioration de la compétitivité, de l'ordre de 20 à 30%, au pas de course, c'est-à-dire dès 2013. Pour cela, il faudra concevoir des navires faciles, simples à tester et à entretenir, pousser la satisfaction clients et tenir les marges délimitées au moment de la signature des contrats.

«8.000 fournisseurs, c'est beaucoup trop»
Le plan passe par une réorganisation logistique et une rationalisation des achats. «Comment être leader si 50% du coût du navire n'est pas réalisé par les meilleurs dans leur domaine», interroge Patrick Boissier qui estime que 8.000 fournisseurs, c'est beaucoup trop. «Il faut diviser au moins par deux leur nombre, trouver une autre façon de travailler avec des engagements sur les volumes. Associer les fournisseurs à la démarche de définition des produits permettrait d'être plus efficace.» Sur le volet de l'emploi, il n'y aura pas de plan social promet le numéro1 de DCNS qui néanmoins ne prend «jamais aucun engagement d'effectifs.» Selon lui, l'évolution est structurelle. Le marché français de la construction neuve et de l'entretien de la flotte (78% du CA) sera stable dans les dix ans et devrait décroître ensuite. Le budget de la Marine se réduit. Les bateaux, toujours plus modernes, nécessitent moins d'entretien. Quant à la concurrence pour le maintien en conditions opérationnelles, elle se renforce d'année en année. DCNS doit donc de diversifier. Et d'abord à l'international. L'ancien patron des chantiers de l'Atlantique vise le leadership à l'export. «Dans la construction neuve, le potentiel est fort. On l'estime à 2,5Mds€ par an sur les dix prochaines années, pour des bâtiments de surface et des sous-marins.». L'Asie, le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud recèlent la plus forte capacité. «Notre objectif est de doubler voire de tripler notre part de marché accessible (NDLR: 17% actuellement)». DCNS veut aussi développer les services aux bases navales et de défense, via Défense Environnement Services, la joint-venture créée en 2009 par Veolia et DCNS. Autre fer de lance, le nucléaire civil pour la maîtrise d'ouvrage de sous-ensembles, la fourniture d'équipements ou des prestations de service pour des clients comme EDF ou Aréva. «DCNS a construit et intégré 18 centrales nucléaires dans ses sous-marins», rappelle Patrick Boissier. Objectifs: 300 à 400M€ annuels d'ici dix ans. DCNS confirme enfin son engagement dans les énergies marines renouvelables. Un marché embryonnaire, qui représentera plusieurs «milliards d'euros à moyen terme.» Patrick Boissier annonce la création d'un «incubateur» à Brest pour s'investir sur quatre segments et construire des démonstrateurs (un par spécialité): l'énergie thermique des mers, les hydroliennes, l'éolien flottant et les énergies de la houle.

Sous-traitants. De moins en moins de business

Entre 2006 et 2008, le site de Brest a perdu quelque 700 emplois de sous-traitants, car il n'y avait ni construction neuve, ni carénage de sous-marins.

Depuis 2006, les sous-traitants de DCNS ont dû chercher du business en dehors de leur donneur d'ordre. Ils espèrent que sa diversification concourra à leur relance.


On leur dit, réduction des coûts, diminution du nombre de fournisseurs, gains de productivité. Les sous-traitants applaudissent. Car Championship, le plan annoncé en décembre par Patrick Boissier, prévoit aussi de multiplier le chiffre d'affaires par 50 voire 100% dans les dix ans. «Si DCNS est plus forte demain, ce sera mieux pour nous», souligne Jacques Dubost président de l'association Bretagne Pôle Naval* que le passage annoncé de 8.000 à 4.000 fournisseurs n'inquiète pas outre mesure. «Patrick Boissier avait procédé de la même façon quand il dirigeait les Chantiers de l'Atlantique. Il fait ce que font tous les industriels. C'est-à-dire qu'il va demander des regroupements pour s'adresser aux sous-traitants de rang 1. Ainsi un sous-traitant majeur sera t-il capable d'endosser une partie de la responsabilité etde s'engager dans des plans d'amélioration de la qualité», poursuit Jacques Dubost DG de Sofresid Engineering au Relecq-Kerhuon. Pour ce qui est de la volonté de diversification, l'association adhère à 100%. Elle pousse d'ailleurs ses membres à ouvrir leur champ commercial.

700 emplois en moins
Une étude récente de BPN préconise un développement de la filière dans le «refitting» des bateaux (réaménagement) et dans les énergies renouvelables. La création d'un incubateur à Brest sur les énergies marines est donc une bonne nouvelle. Les entreprises du pôle espèrent travailler sur la réalisation des prototypes pour DCNS mais aussi sur d'autres projets comme les éoliennes. «DCNS pourra faire appel aux entreprises avec lesquelles elle travaille déjà: Navtis, Endel, Sofresid,etc. Il n'y a pas de rupturesde compétences», note Gilles L'Harridon délégué général de BPN. Une lueur d'espoir pour les sous-traitants qui, ces trois dernières années ont dû se battre pour aller chercher le business en dehors de DCNS. «Entre2006 et2008, le site de Brest a perdu 700 emplois de sous-traitants, car il n'y avait ni construction neuve, ni carénage de sous-marins. Fin 2008, ils ne sont plus qu'une petite centaine. DCNS sous-traite peu», indique Gilles L'Harridon. À Lorient, ils étaient 1.000 début 2008 et 150 aujourd'hui. La filière espère que l'activité repartira mi 2010. L'adaptation des sous marins nucléaires aux missiles balistiques M51 et les grands carénages pourraient générer des centaines d'emplois chez les sous-traitants. Pourtant derrière la sérénité affichée, on attend de voir les objectifs chiffrés de réduction des achats. «À Saint-Nazaire, certains sous-traitants n'avaient pas pu suivre. Ce serait dangereux si pour tenir, on était obligés de faire venir de la main-d'oeuvre étrangère...», glisse Jacques Dubost.

* 60 membres de la filière construction et réparation navale en Bretagne. DCNS Brest adhère à l'association.

Le plan de charge de Brest

70% du chiffre d'affaires de DCNS se fait encore avec la Marine nationale. Pour Brest, c'est le socle même de l'activité. Tour d'horizon du plan de charge.



- Entretien des TCD et BPC
Sur une durée de quatre ans et demi, maintenance des transports de chalands (TCD) et bâtiments de projection et de commandement (BPC), quatre navires basés à Toulon (60M€). Le site brestois n'y contribuera qu'en cas d'escale dans son port. Ces trois derniers contrats devraient occuper environ 400 personnes.
- Entretien de 22 frégates à Brest et à Toulon
Entretien de 22 frégates de premier rang fortement armées et Avisos pendant six ans, pour un total de 260M€. Une partie des bâtiments sortira de la flotte pendant le contrat. C'est le cas des frégates anti-sous-marines Tourville, De Grasse ou encore du Porte-hélicoptères Jeanne d'Arc. À noter, que le précédent contrat signé en 2006 portait sur un montant identique mais pour trois années...
- Entretien du Monge
Le site brestois de DCNS assurera l'entretien du Monge, bâtiment d'essais et de mesures. Durée de contrat: six ans et demi pour un montant de 13M€.
- Entretien des SNLE
Entretien des SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins). Durée: cinq ans et demi, de novembre2009 à décembre2015. Montant du contrat: 500M€. Emploisdirects: 500. En tout, 1.300 salariés sont concernés par cette activité à Brest.
- Grands carénagesdes sous-marins nucléaires lanceurs d'engins
Ce contrat est toujours en cours de négociation avec la Marine nationale.
- Entretien des Fremm
Au plan national, DCNS est chargée de construire onze frégates multimissions Fremm au total. Trois frégates complémentaires, dont deux frégates de défense aérienne (Freda) se sont ajoutées à une première commande de huit bateaux. Le contrat porte aussi sur le maintien en condition opérationnelle de l'ensemble dont se chargeront les sites de Brest et de Toulon. Montant total: environ 7 Mds€, si l'on en croit les chiffres qui circulent. Les bâtiments seront livrés tous les dix mois, de façon échelonnée entre2012 et2022.
- Entretien des chasseurs de mine
DCNS Brest a conservé le contrat d'entretien des treize chasseurs de mines de la Marine nationale réalisé sur le site de Brest. Il représente 56,3M€.
- Perte du contrat des pétroliers ravitailleurs
DCNS a, en revanche, perdu une partie du marché des pétroliers ravitailleurs, au profit de STX, le chantier nazairien.
- Adaptation des SNLE
C'est le futur grand chantier. À partir de 2011, DCNS Brest va assurer la refonte des trois premiers SNLE du type Le Triomphant. Un dossier très important en volume de travail destiné à installer un nouveau système de combat et le nouveau missile balistique M51 sur les bâtiments.

Énergies marines. Une plateforme et un incubateur à Brest

Le 2décembre, les Brestois ont obtenu que la plateforme technologique sur les énergies marines soit implantée à la pointe de la Bretagne.

Une plateforme technologique avec l'Ifremer en tête de pont et un incubateur géré par DCNS: Brest devient un haut lieu des énergies marines en France.


Ce fut la bonne nouvelle des Assises de la mer. Le 2décembre, les Brestois ont obtenu que la plateforme technologique sur les énergies marines soit implantée à la pointe de la Bretagne. Cet outil aura pour chef de file l'Ifremer. Il devrait associer acteurs publics et privés pour développer des technologies comme l'hydrothermie. Le choix s'est porté sur Brest en raison de son environnement industriel, de la présence du Pôle mer Bretagne et de «la moitié du potentiel français de recherche en science et technologies marines», dixit le Premier ministre François Fillon, présent à Brest. La Ville et la Région Bretagne s'étaient fortement mobilisées pour ce projet. «DCNS a tout son rôle à jouer sur ces sujets. C'est une piste de diversification pour le constructeur», se réjouit François Cuillandre, le maire de Brest. Deux semaines plus tard, un jour après l'annonce à Paris du plan championship par Patrick Boissier, le P-dg de DCNS a révélé aux salariés brestois qu'ils auraient en charge le futur incubateur sur les énergies marines. «Nous avons identifié quatre segments à fort potentiel: l'énergie thermique des mers, les hydroliennes, l'éolien flottant et les énergies de la houle», explique Patrick Boissier. L'objectif de DCNS est de participer à la construction d'un démonstrateur dans chacune de ses spécialités. Les travaux sur le premier d'entre eux (énergie thermique des mers) ont démarré à La Réunion. L'incubateur va concentrer à Brest les compétences en R & D, moyens de réalisation des démonstrateurs et recherche de financements sur les énergies marines. «Même si le site d'Indret (Loire-Atlantique) continuera à participer», glisse Christian Laurent directeur du site de Brest. Lequel n'est pas une business unit mais un établissement de DCNS, qui forme avec Toulon, la division services. Via cet incubateur, les Brestois pourront acquérir une nouvelle autonomie de gestion. «Quand la technologie sera mature, l'incubateur deviendra une business unit avec un compte d'exploitation.»

Agence économique. Fédérer les Bretons sur les énergies marines

L'agence économique de Bretagne veut pousser le développement de la filière énergies marines en Bretagne. L'institution a mis en place un réseau social fédérant 85 entreprises sur le sujet. «On stocke toutes les connaissances, on surveille ce qui se fait à l'étranger, on fédère la communauté d'entreprises de la filière. On porte à leur connaissance les innovations en cours de développement. L'ambition, c'est de faire monter le niveau de connaissances de tout le monde», explique Jean-Jacques Le Norment, chef de projet énergies marines à l'Agence économique de Bretagne. L'institution a mis au point un réseau social pour fédérer 85 entreprises sur le sujet. La Bretagne entend capitaliser sur un potentiel de développement jugé important. Avec une plateforme technologique et un incubateur à la pointe de la Bretagne, « l'écosystème des énergies marines va se développer.» Certes, aujourd'hui les technologies ont pour la plupart besoin d'être validées. Mais progressivement la phase de conception est délaissée au profit du dessin sur le papier. «On est passé du stade amont à l'opérationnel et au développement économique. On rentre dans le dur», annonce-t-il. Si les investisseurs se risquent encore peu à financer ce genre de projets, certaines technologies sont plus matures que d'autres. «Pour l'éolien flottant, quand les prototypes auront été validés, on sera au même niveau que les Norvégiens. On rattrape notre retard. On met un pied dans les énergies marines. On est dans la course. Il faut que les prototypes aient prouvé leur faisabilité technique d'ici à 2013.»

Alliance européenne. «Indispensable»

À l'occasion de la présentation de championship, Patrick Boissier est revenu sur différents sujets. Une alliance avec des chantiers européens, d'abord. «Aux États-Unis, il y a cinq grands chantiers. En Europe, on est une vingtaine et moins efficaces. Quand la Chine viendra sur nos marchés, on ne sera pas capable de résister.Il faudra passer des rapprochements gagnant gagnant car le marché est très fragmenté et la concurrence étrangère, forte.» Patrick Boissier s'est aussi exprimé sur STX. Pas de rapprochement en vue. «Nous avons clarifié nos relations et défini un mode de travail en commun. Ils savent là où nous sommes meilleurs et nous reconnaissons là où c'est eux. Les synergies entre nous ne sont pas envisagées. Seulement des collaborations, sur le troisième BPC, par exemple.»

DCNS Brest en chiffres

- Emploi : 2.800 (un chiffre variable qui intègre des CDD et les 90 alternants). En 2003, le centre DCNS de Brest représentait 3.200 salariés. En 2003, 2004, 2005, DCNS a recruté sur des fonctions propres à une société anonyme : juristes, commerciaux, acheteurs. - Volume d'affaires 2008 : de l'ordre de 400 M€. -Sous-traitants et fournisseurs : de 150 à 200 M€ d'achats par an. 70% du montant est réalisé par une quarantaine de fournisseurs finistériens. - Volume d'affaires soumis à la concurrence : 75 à 80 %. Toutes activités en dehors de l'entretien des frégates de 1er rang et des sous-marins négocié de gré à gré par la Marine nationale. - Contact : 02.29.05.20.00.

«Comment être leader si 50% du coût du navire n'est pas réalisé par les meilleurs dans leur domaine», interroge Patrick Boissier qui estime que 8.000fournisseurs, c'est beaucoup trop.

JDE | Édition Finistère 29 | 8 janvier 2010

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