À l'heure où la crise financière internationale accentue le risque de contraction de l'accès au crédit, la planète capital investissement s'agite! Après l'annonce en août du lancement par six régions du quart Nord-Est (Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais et Picardie) d'un nouveau fonds commun de placement à risque (FCPR) «qui a vocation à lever de 80 à 100millions d'euros pour financer la croissance des entreprises de taille intermédiaires», annoncent ses promoteurs, quatre régions du Nord-Ouest, dont la Haute et la Basse-Normandie, leur emboîtent le pas. Associées à leurs puissants voisins des Pays de la Loire et de la Bretagne, les Normands se lancent pour leur part dans la constitution d'un fonds interrégional d'amorçage (FIRA) destiné à soutenir les entreprises innovantes «relevant des secteurs d'avenir comme les biotechnologies, la santé et l'énergie», précisent les partenaires. Des projets entrepreneuriaux qui n'en sont bien souvent qu'au stade de la R & D et qui peinent donc à convaincre leurs financeurs habituels, les banques, à les suivre dans cette phase jugée risquée.
40M€ pour les «pépites régionales»
L'objectif, au final, est de «faire émerger les pépites régionales à très fort potentiel mais qui ne trouvent pas de solutions de financement», explique Christophe Clergeau, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire. Le FIRA devrait lever à termes quelque 40M€ dont un peu plus de la moitié (25M€) devraient être apportés au pot par le Fonds National d'Amorçage (FNA) créé par l'État dans le cadre des Investissements d'Avenir -doté de 400M€. Les régions à l'initiative du projet, quant à elles, assureront au fonds une participation de 2M? chacune, soit 8M?. Le solde revenant à des financeurs privés.
Qui en sera le gestionnaire?
Toujours selon Christophe Clergeau, le fonds aurait vocation à investir «environ 3M€ par dossier, en plusieurs fois, à l'occasion de deuxième ou de troisième tour de table. Cela pourrait se faire en emprunts obligataires, en participations ou encore prêts participatifs». Question toujours en suspens pour l'heure -et loin d'être anodine- celle du choix du futur gestionnaire du fonds. Alors que les quatre régions ont publié le 21juillet dernier un appel à manifestation d'intérêt, le vice-président du conseil régional des Pays de la Loire s'est déjà prononcé en faveur de Grand Ouest Gestion, un fonds basé à Rennes «qui finance déjà dans les quatre régions concernées les phases post-création dans les domaines des télécoms, TIC, tec...», explique l'élu. Côté Haut-Normand, le président du conseil régional Alain Le Vern souhaiterai pour sa part que «l'épicentre ne s'éloigne pas trop»!
Guillaume Ducable avec Simon Janvier (édition 44)
Quatre régions du grand Ouest ont décidé de lancer un fonds d'amorçage destiné à soutenir la création d'entreprises innovantes dans les «secteurs d'avenir».