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Flying Whales : l'Autorité environnementale tacle encore le projet en Gironde, la Région affirme qu'il se poursuit
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Flying Whales : l'Autorité environnementale tacle encore le projet en Gironde, la Région affirme qu'il se poursuit

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L’Autorité environnementale réitère son opposition à l’implantation d’un site de production de dirigeables à Laruscade (Gironde) dans son deuxième avis, rendu le 24 octobre 2024. La Région Nouvelle-Aquitaine, partie prenante du projet, monte au créneau pour le défendre et annonce sa poursuite avec l'enquête publique début 2025.

L'usine de production de dirigeable à Laruscade serait la seule en Europe de Flying Whales. Le chantier doit durer 12 à 18 mois — Photo : Flying Whales

Le vison d’Europe aura-t-il le dernier mot ? Dans les faits, c'est peu probable. Mais il le devrait pourtant, selon l’Autorité environnementale qui ne veut décidément pas de l’usine de dirigeables de Flying Whales à Laruscade, en nord Gironde. Comme dans son premier avis rendu fin octobre 2023, l'entité exprime clairement son opposition au projet dans un nouvel avis - toujours consultatif - adopté lors d'une séance le 24 octobre 2024.

"Malgré l’actualisation conséquente du dossier et les efforts importants faits pour proposer des mesures compensatoires à la hauteur de la dette écologique que génère le projet de zones d'activités économiques sur le site choisi, la relocalisation du projet dans un contexte moins patrimonial en termes de biodiversité devrait être envisagée", conclut-elle.

75 hectares pour l’unique site européen

Concrètement, le site de production serait constitué de deux halls d’assemblage, d'un hall de préassemblage, un entrepôt, un bâtiment administratif, un parking, une aire de chargement, une aire d’envol et une réserve foncière. Soit environ 75 hectares d’emprise pour l'unique usine prévue en Europe, en partie crédités Natura 2000 et dotés de zones humides protégées, dans lesquelles se plaisent des espèces protégées elles aussi dont le vison d’Europe. Flying Whales entend compenser ces espaces par 130 hectares protégés, mais ce n’est pas assez pour l’Autorité environnementale. Cette dernière reproche notamment un flou sur la date de mise en œuvre de ses compensations, quand la date de construction de l’usine, elle, est bien claire, avec une programmation en 2025 pour une livraison en 2026. L'Autorité environnementale "recommande en conséquence de rechercher, avec notamment le concours de la direction générale de l’aviation civile, un autre site d’implantation pour le projet."

"Tenter d'opter pour un autre site ferait prendre un très grand retard au projet et lui serait très préjudiciable. Notre travail collectif se poursuit donc."

Le site de Laruscade a pourtant eu la préférence de la DGAC. Dix lieux étaient en lice en Nouvelle-Aquitaine (dont Cestas et Libourne). L’avant-dernier, à Saint-Magne en sud Gironde, avait finalement été écarté en raison de sa proximité avec la base militaire de Cazaux qui utilise déjà l'espace aérien. "Tenter d’opter pour un autre site ferait prendre un très grand retard au projet et lui serait très préjudiciable", balaie Alain Rousset, président de Région Nouvelle-Aquitaine et fervent défenseur du projet.

Pertinences économiques et techniques martèle la Région

Partie prenante de Flying Whales puisqu’au capital de l’entreprise et maître d'ouvrage de l'usine avec la communauté de communes Latitude Nord Gironde, la Région n’a pas tardé à monter au créneau par voie de communiqué ce 30 octobre. Elle y rappelle les enjeux pour le territoire et les "pertinences économiques et techniques" dans leur ensemble.

Imaginé en soutien à l'Office national des forêt pour transporter des grumes sans créer de piste, l'aéronef s'est trouvé un tas de débouchés : transport de pâles d'éoliennes, d'hôpitaux de premiers secours, de containers dans les lieux dépourvus de grand port, etc — Photo : Flying Whales

"C’est un projet ouvrant la possibilité de quelque 300 emplois directs, non délocalisables en Haute-Gironde, zone touchée par un chômage plus important que dans le reste de notre région, et qui initiera de nouvelles recettes fiscales. Il sera en particulier utile pour les industries forestières, électriques, les énergies renouvelables, les déchets, et laissera envisager des solutions d’hôpital mobile pour faciliter l’accès aux soins aux populations en zones enclavées. Il s’agit d’un projet très solide sur le plan technique, sur la base duquel Flying Whales a déjà levé 230 millions d’euros. Notre travail collectif se poursuit donc, pour préparer le dossier d’enquête publique, qui est prévue en début d’année prochaine", résume Alain Rousset.

30%

L’avis de l’Autorité environnementale n’est que consultatif et l’entreprise ne manquera pas d’y répondre, ainsi que nous l’avait confié son directeur général Vincent Guibout avant même la publication de l’avis. "Ce projet se fera", assure-t-il. Laruscade serait une des trois usines de Flying Whales, qui en prévoit une autre au Québec et une en Asie pacifique. Celle de Gironde doit produire une soixantaine de dirigeables en dix ans. Sa construction est estimée à 150 millions d'euros.

L'actionnariat de Flying Whales est porté à 25% par le gouvernement du Québec via Investissement Québec, et à 75% par des actionnaires publics et privés français (40% public via la Région Nouvelle-Aquitaine et l'État français, et 60% dans le privé via notamment des actionnaires stratégiques, industriels et des actionnaires financiers).

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