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Flying Waves, Emme, Verso Energy… : les investissements qui marqueront 2025
Nouvelle-Aquitaine # Production et distribution d'énergie # Investissement

Flying Waves, Emme, Verso Energy… : les investissements qui marqueront 2025

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L’énergie verte raflera une bonne partie de la mise concernant les investissements majeurs en 2025 dans la région. Solaire, éolienne, gazière, électrique, dans la construction ou les véhicules, pour du biocarburant ou du recyclage, elle est le fil conducteur de nombreux projets qualifiés de stratégiques pour la souveraineté nationale et les enjeux environnementaux.

Flying Whales prévoit de commencer la construction de son usine de dirigeables début 2025 à Laruscade (Gironde). Un projet à 150 millions d’euros — Photo : Flying Whales

L’usine de Flying Whales attendue en Gironde

C’est début 2025 que la construction de l’usine de dirigeables cargo doit débuter à Laruscade (Gironde). Les permis de construire et d’aménager ont été déposés en juillet 2024 par la Région (au capital de la société) et la communauté de communes Latitude Nord Gironde qui loueront ensuite le site à l’entreprise. Estimé à 150 millions d’euros, le chantier est prévu pour durer 12 à 18 mois, le temps d’ériger principalement un hangar de 250 mètres de long pour produire les mastodontes destinés aux marchés européen et africain. Les consultations pour déterminer le constructeur sont en cours. À l’issue de la construction, un an d’assemblage et d’essais sera nécessaire avant d’envisager un premier vol selon Flying Whales.

Des centaines de projets pour Technique Solaire

Lionel Themine, Thomas de Moussac et Julien Fleury, les cofondateurs de Technique Solaire, ont prévu 300 nouveaux projets en France d’ici 2026 et 10 projets aux Pays Bas et en Espagne — Photo : Alain Montaufier

Le producteur indépendant d’énergie renouvelable basé dans la Vienne déroule son plan colossal d’investissements, pour lequel il projette de mobiliser 4 milliards d’euros au total d’ici 2030. En 2024, il a levé 224 millions d’euros, en plus des 200 millions d’euros fin 2023, pour financer 300 nouveaux projets en France d’ici 2026. Aux Pays Bas, où l’ETI poitevine a racheté deux projets en 2024, l’entreprise achèvera en 2025 la construction de ce qui sera sa plus grosse centrale photovoltaïque en Europe. En Espagne, où elle prévoit d’investir près de 500 millions d’euros d’ici 2030, Technique solaire espère la mise en service de huit centrales début 2025.

130 millions d’euros pour fluidifier la circulation des passagers à l’aéroport de Bordeaux

Les aménagements à l’aéroport de Bordeaux prévoient de nombreux commerces supplémentaires — Photo : ENIA Architectes

Sur les 240 millions d’euros prévus dans le vaste plan de modernisation de l’aéroport, 130 millions seront investis pour "fluidifier et simplifier le circuit des passagers". L’établissement prévoit notamment un nouveau bâtiment (70 M€) qui reliera les halls A et B. La phase de consultation s’achèvera en 2025 pour un démarrage des travaux en 2026 et une mise en service deuxième semestre 2028. Le programme prévoit la démolition de 11 000 m2 et la construction de 21 000 m2, faisant la part belle aux commerces, sous la maîtrise d’œuvre des entreprises franciliennes Ingerop (bureau d’études) et Enia (cabinet d’architectes).

Une rallonge de 150 millions d’euros pour Euratlantique

Lancée en 2010, l’opération d’intérêt national est renouvelée pour dix ans supplémentaires jusqu’en 2040. Les pelleteuses résonneront encore cette année sur le chantier du plus vaste aménagement urbain de France après celui du Grand Paris. 150 millions d’euros de financements supplémentaires ont été actés : 35 % abondés par l’État, à parts égales avec Bordeaux Métropole, 20 % de la Ville de Bordeaux, 7 % de Bègles et 3 % de Floirac. Ils permettront de construire 25 000 logements supplémentaires. Euratlantique s’étend sur 738 hectares et prévoit la création ou la rénovation de 21 quartiers sur les trois communes pour accueillir 50 000 nouveaux habitants et 30 000 emplois.

Le méga parc photovoltaïque Horizeo fixé sur son sort

Se fera, se fera pas ? Le méga projet de parc photovoltaïque Horizeo à Saucats (Gironde) devrait être fixé sur son sort courant 2025. Les demandes d’autorisation et de permis de construire ont été déposées en 2024 et l’État doit trancher. Malgré des ambitions revues à la baisse (680 hectares au lieu de 1000, pour un budget de 600 millions d’euros au lieu de 1 milliard), Horizeo se heurte à moult levées de boucliers. La Région ne cautionne pas le déboisage induit. Pour autant, Engie et Neoen, qui portent le projet, persistent et patientent.

Aimants permanents : 300 millions pour deux projets en Charente-Maritime et dans les Pyrénées-Atlantiques

Le chantier de construction du projet Caremag à Lacq doit débuter entre fin 2024 et début 2025 pour une production à partir de 2026 — Photo : Vindry Archi/Carester

Un premier projet est porté le groupe de chimie belge Solvay via sa filiale rhodanienne Rhodia Opération et concerne l’usine de La Rochelle (Charente-Maritime), qui extrait des produits de spécialité à partir de terre rares. Estampillé Choose France 2024, il comprend un investissement de 100 millions d’euros pour une unité de production à grande échelle de composants clés pour les véhicules électriques, dont les aimants permanents. Le second projet, Caremag, est porté à la fois par Rhodia Opération et le lyonnais Carester. Il consiste à recycler des aimants permanents fabriqués à partir de terres rares et à en produire de nouveaux. Unique en France, il générerait 92 emplois directs sur le bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). La construction du site - 16 000 m2 de bâti sur 3,3 ha - doit débuter. Les permis de construire et d’exploiter ont été obtenus, ainsi que les premiers financements, 15 millions d’euros via France Relance et 21,6 dans le cadre de France 2030. Carester estime le budget total à 200 millions d’euros et mise sur une production en 2026.

40 millions pour des petits pains mexicains

Le projet du géant mexicain Grupo Bimbo table sur 326 millions de buns à burger produits chaque année, pour un investissement de 40 à 45 millions d’euros et une centaine d’emplois créés — Photo : Bimbo QSR

Le géant mexicain de l’agroalimentaire Grupo Bimbo espère installer une usine de fabrication de petits pains et brioches à Châtellerault (Vienne) en 2025. Le numéro un mondial du pain s’implanterait sur une ancienne friche industrielle, occupée jusqu’en 2015 par le fabricant de produits de boulangerie Panavi. Bimbo QSR (Quick service restauration), division restauration rapide du groupe, table sur 326 millions de buns à burger produits chaque année, pour un investissement de 40 à 45 millions d’euros et une centaine d’emplois créés.

Coup d’accélérateur pour Sorégies

La SAEML Sorégies prévoit 500 millions d’euros d’investissement entre 2024 et 2026, soit la moitié du budget total d’1 milliard d’euros annoncé jusqu’en 2030 — Photo : Sorégies

Le groupe producteur et distributeur d’énergie basé dans la Vienne mise plus que jamais sur les énergies renouvelables. Sorégies y a consacré 153 millions d’euros en 2022, environ 140 en 2023, et prévoit 500 millions d’euros entre 2024 et 2026, soit la moitié du budget total d’un milliard d’euros annoncé jusqu’en 2030. La société anonyme d’économie mixte locale (SAEML) multiplie les projets, dont l’achat ou la construction de 44 parcs photovoltaïques et éoliens en France. Elle a aussi annoncé passer de 150 bornes de recharges pour véhicules début 2024 à près de 1 000 fin 2025. Le groupe compte aussi sur le développement de son activité d’agrégateur, ses contrats avec les entreprises (PPA) et avec les particuliers, pour lesquels elle a lancé en juin une offre d’autoconsommation avec du photovoltaïque.

Verso Energy investit 2 milliards d’euros dans le Limousin et les Landes

Le projet de Verso Energy à Saillat-sur-Vienne, près de la papeterie Sylvamo (en photo), est le plus important porté dans le Limousin. Il pourrait générer 300 emplois — Photo : Sylvamo

Si le projet voit le jour tel que la société parisienne Verso Energy l’imagine, il pourrait être le plus important jamais mené dans le Limousin, générant 300 emplois. L’opérateur projette de produire à Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne) de l’hydrogène et du méthanol de synthèse destinés à la fabrication de carburant pour le maritime et l’aérien. Le procédé intégrerait du CO2 émis par l’usine papetière voisine de l’américain Sylvamo. Le projet de Verso Energy comprend aussi un site à Tartas, proche de celui de Ryam dont il exploiterait aussi le CO2 pour fabriquer du kérosène de synthèse. Les demandes d’autorisations administratives seront déposées début 2025.

Emme : 300 millions pour convertir du cobalt et du nickel

La construction du projet Emme doit débuter en 2025 au terminal de Grattequina, appartenant au Grand Port Maritime de Bordeaux, à cheval sur les communes de Parempuyre et Blanquefort — Photo : Emme/JDSA Architectes

Le projet franco-suisse Emme - Electro Mobility Materials Europe - a été officialisé dans le cadre de Choose France 2024. Évalué à 300 millions d’euros, il s’implantera sur le terminal de Grattequina du Grand Port Maritime de Bordeaux, sur les communes de Parempuyre et Blanquefort. Dédié à la conversion de nickel et cobalt, essentiels à la production de batteries destinées aux véhicules électriques, il comprend une usine et un laboratoire annoncés pour 2027. Emme doit créer 200 emplois directs et 1 000 induits. Emme est présenté comme sponsorisé par la société suisse KL1 AG.

44 millions d’euros pour sauver Fort Boyard

Le fort Boyard doit subir une vaste rénovation prévue pour débuter en 2025 — Photo : Caroline Ansart

Fortement altérée par la houle, la construction au large de La Rochelle nécessite d’importants travaux. Des études ont d’ores et déjà été menées par le Département, propriétaire. Chiffré à 44 millions d’euros, le chantier doit débuter en 2025. L’arrêter préfectoral autorisant les premiers coups de pelle est espéré en juin. In fine, le fort pourrait ouvrir au public une partie de l’année. Un groupement d’entreprises a déjà été retenu, composé entre autres de l’architecte du patrimoine bordelaise Delphine Gramaglia et de l’entreprise nantaise ETPO. Pour boucler le budget, un appel à mécénat et donations est lancé.

4,4 milliards pour les gigafactories d’ACC et le début des tests

en 2025, ACC débutera les tests de ses batteries dans son nouveau centre d’essais à Martillac (Gironde). Elle agrandira par ailleurs sa première gigafactory dans le Nord et préparera la construction des suivantes en Allemagne et en Italie — Photo : ACC

La coentreprise détenue par Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies et basée à Bruges (Gironde) déploie les grands moyens pour assouvir son objectif de devenir le champion européen de cellules et modules de batterie. En 2025, elle entamera l’agrandissement de sa première gigafactory en France, inaugurée dans les Hauts-de-France en 2023. Il doit lui permettre de doubler sa capacité de production. L’entreprise a par ailleurs sécurisé un financement de 4,4 milliards d’euros via une levée de dette garantie par un consortium de banques. De quoi lui permettre de construire trois autres gigafactories en Europe, une en Allemagne, deux en Italie. Début 2025, ACC a aussi prévu de débuter les tests de ses batteries dans un nouveau centre d’essai à Martillac (Gironde) porté par le groupe d’ingénierie électronique girondin Serma, avec lequel ACC a signé un partenariat de six ans.

Hydrogène de France débute les préséries dans sa nouvelle usine

L’usine HDF sur le site de feu-Ford a été inaugurée fin mai 2024 — Photo : Caroline Ansart

Après son installation dans son nouveau siège sur le site de feu-Ford à Blanquefort (Gironde), HDF va débuter en 2025 la production en préséries de ses piles à combustibles hydrogène de forte puissance. La fabrication en série est prévue en 2026, jusqu’à l’objectif de 1 GW par an à partir de 2030. Pour le développement du site, HDF va bénéficier d’un soutien de l’État jusqu’à 172 millions d’euros, avec le feu vert de la Commission européenne. En parallèle, le groupe aux 5 milliards d’investissements dans le monde continue de multiplier les projets. Il s’est notamment dévoilé, en août 2024, comme partie prenante d’un vaste projet de production d’hydrogène en Tunisie, estimé à 3 milliards d’euros.

Bordeaux Métropole Énergie consacre 100 millions d’euros à sa décarbonation

Dans sa feuille de route 2024-2028, la Sem a annoncé une forte accélération de sa politique de rénovation énergétique des bâtiments (à raison de 1 800 logements par an) et des énergies renouvelables. Elle prévoit d’y consacrer 100 millions d’euros, notamment pour installer des panneaux solaires sur 20 % des parkings et toitures des entreprises de Gironde volontaires, ainsi que pour accompagner 40 % des copropriétés du département dans leur rénovation énergétique.

Elixir Aircraft ouvrira sa première usine aux États-Unis avant celle de La Rochelle

En 2025, Elixir Aircraft a prévu de réceptionner sa première usine, aux États-Unis, avant d’entamer le chantier de construction de son usine française à La Rochelle — Photo : Maxime Pawlak

Le constructeur rochelais d’avions biplaces bas carbone espère l’ouverture de sa première usine courant 2025. Elle sera en Floride, emploiera 200 personnes d’ici 2027 et permettra de réassembler les modèles destinés au marché américain. Dans le même temps, le chantier de l’usine française doit démarrer pour une livraison en 2026. Le site de 40 000 m2 sur la plateforme aéroportuaire de La Rochelle produira jusqu’à 400 monomoteurs à terme. Elixir Aircraft y envisage l’embauche de 500 salariés au cours des six prochaines années. La PME affirme avoir assuré son financement à cinq ans, en bouclant son budget de 40 millions d’euros début 2024.

Le fonds régional Naco misera encore 35 millions d’euros jusqu’en 2027

La nouvelle feuille de route du fonds Nouvelle-Aquitaine co-investissement (Naco) a prévu un budget de 35 millions d’euros, dont 25 millions de l’Europe et 10 de la Région, à dépenser entre 2024 et 2027. Ses bénéficiaires privilégiés ? Les PME, notamment celles boudées par les investisseurs frileux. "Nous ne sommes pas là pour concurrencer des fonds privés. Nous avons vocation à servir de ticket d’entrée, soutenir des projets qui ne semblent pas sexy mais qui sont intéressants pour l’économie et l’aménagement du territoire", explique Jean-Pierre Renaudin, le président de Naco. Les secteurs de prédilection demeurent l’industrie et la santé. Un effort sera par ailleurs porté en faveur des projets de développement-transmission.

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