Vous êtes le cofondateur de Pizza Cosy (650 salariés dont 150 au siège à La Talaudière, 73 restaurants ; 50 M€ de CA réseau). Pourquoi avoir décidé de créer la société Le Grand Feu ?
Le Grand Feu est une nouvelle étape de notre développement. L’idée était de nous structurer en créant un groupe qui dispose de trois verticales métiers : le conseil, les produits à façon et la distribution de ses produits via notre cuisine centrale et notre plateforme logistique, et les enseignes. Pizza Cosy est l’une de ses enseignes, détenue à 100 % par Le Grand Feu mais nous sommes également actionnaire minoritaire de la marque de poulet frit Piou ! Piou ! et de Greekia, qui propose des produits grecs et méditerranéens. Nous accompagnons des jeunes qui ont créé ça à Lyon il y a deux ans sur la partie produits et logistique.
Accompagner de nouveaux concepts de restauration, c’est ça la vocation du Grand Feu ?
Parfaitement. Sur notre verticale production d’ingrédients et de distribution, l’idée est de proposer et apporter à d’autres enseignes le savoir-faire que l’on a acquis avec Pizza Cosy. Nous avons pas mal de personnes qui nous sollicitent. Ils ont trois à quatre restaurants et aimeraient avoir un distributeur capable de leur livrer en une seule fois tous les ingrédients et produits essentiels à leurs établissements. Le fléau en restauration, c’est d’avoir 10 distributeurs, 10 factures, 10 moments de réception. Cela complexifie la tâche des restaurateurs et cela prend de la bande passante aux équipes. Le Grand Feu répond à cette problématique car nous sommes capables de leur faire des produits à façon mais aussi de distribuer tout ce qui est matériel d’entretien, produits secs, produits frais.
Finalement, Le Grand Feu se positionne un peu comme la centrale d’achat et la plateforme logistique des enseignes qui souhaitent se développer en franchise sur le modèle Pizza Cosy. C’est bien ça ?
C’est exactement ça. Nous avons investi 5 millions d’euros dans un nouveau bâtiment de 3 500 m², extensible à 7 000 m², qui doit nous permettre de passer de 80 à 200 points de vente sur Pizza Cosy. Nous avons tout à fait la capacité de porter le développement d’autres marques, que l’on a au capital comme Greekia ou Piou ! Piou ! mais aussi des marques pour lesquelles nous n’interviendrons qu’en simple prestataire de services.
Quels sont les objectifs du Grand Feu, en termes de nombre de marques au portefeuille et d’enseignes accompagnées ?
Nous avons déjà trois marques en portefeuille. Même si nous avons des contacts, l’idée n’est pas d’en entrer de nouvelles à tout prix. On va déjà les accompagner dans leur développement. Pizza Cosy devrait passer de 73 à 85 points de vente cette année. Greekia passera de 3 à 6 ou 7 restaurants. Quant à Piou ! Piou !, nous allons ouvrir un deuxième établissement à Paris, fin février. Deux autres zones sont validées et devraient ouvrir d’ici la fin 2025. Au final, sur l’ensemble des enseignes, on ne devrait pas être loin des 100 unités en fin d’année.
Quid de la partie production et distribution ?
L’idée est nous structurer sur le premier trimestre en mettant en place les outils nécessaires, un nouveau WMS (logiciel de gestion des entrepôts au quotidien, NDLR), un nouveau logiciel d’approvisionnement… pour avoir une gestion optimisée à proposer aux clients. Ensuite, nous ferons le gros salon du Snacking à Paris en avril pour présenter nos solutions et entrer dans une phase d’activation avec sans doute le recrutement d’un commercial grand compte. L’idée est d’atteindre une trentaine d’établissements livrés d’ici fin 2025. Cela peut aller vite, à raison de 5 ou 6 restaurants par enseigne. Au final, sans compter le réseau de franchisés, cela devrait nous amener à 30 millions d’euros de chiffre d’affaires sur Le Grand Feu (contre 25 millions d’euros sur Pizza Cosy hors restaurants franchisés, NDLR).
Vous avez récemment repris la société Food Mood. Pourquoi cette acquisition ?
Food Mood vient nourrir notre verticale conseil. C’est un incubateur d’enseignes de restauration en franchise. La vocation de Food Mood, c’est d’accompagner sur la première phase de développement en franchise : les contrats, l’animation du réseau, chercher les bons franchisés, les bons emplacements, la communication multicanale… Parmi les sociétés accompagnées par Food Mood, il y a peut-être certaines que l’on va pouvoir distribuer, d’autres dans lesquelles nous pourrons prendre des participations. Et puis, au-delà du savoir-faire de cette société, il y avait aussi et surtout son président Jérémy Cerceau, qui est l’ancien directeur du pôle conseil d’Alain Ducasse. Il a aussi été directeur général de Häagen-Dazs. Jérémy dispose d’une forte expérience qui va nous aider à passer le cap des 100 restaurants en franchise. Il me rejoint en tant que directeur général associé des enseignes Le Grand Feu. Ce qui me permettra de mon côté de me concentrer sur la verticale produits et distribution.
En juin 2024, BNP Développement vous a rejoint au capital du Grand Feu. Pourquoi avoir décidé de céder 10 % de vos parts à un fonds d’investissement ?
Nous avions besoin d’experts hautement qualifiés pour aller plus loin dans notre développement. Quand on a un groupe avec un gros besoin en fonds de roulement, il faut une vision financière précise. BNP Développement nous apporte cette vision et cette expertise. Leur arrivée nous amène un peu de capital mais vous surtout nous permettre d’avancer sur nos projets de développement. Et puis demain, on sera peut-être amené à lever des fonds pour accélérer. Avoir BNP Développement à nos côtés sera un atout.
Parmi les développements, il y a la refonte du modèle Pizza Cosy. Quel est ce nouveau modèle ?
Nous avions démarré Pizza Cosy sur de la vente à emporter et de la livraison. Après le Covid, nous avons vu que les gens voulaient se poser à table pour manger une pizza chaude, boire un spritz, manger un dessert, nous avons donc évolué vers de la restauration sur place. Au final, nous avions parfois des restaurants à la croisée des deux mondes. Nous avons donc décidé de scinder le modèle en deux car ce sont deux moments de consommation différents. Il y aura désormais le modèle "Rose" pour la vente à emporter et la livraison où les équipes seront formées pour être dans la rapidité et l’efficacité, et de l’autre le modèle "Vert" pour les restaurants avec service à table et une carte élargie avec des antipasti, des cocktails, des desserts et des pizzas avec des garnitures un peu différentes.