Filature Arpin : Le renouveau du chanvre
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Filature Arpin : Le renouveau du chanvre

Textile. La Filature Arpin transforme les toisons de mouton des Alpes. Classée Entreprise du patrimoine vivant, elle propose aujourd'hui une toile de chanvre.

Retour aux sources pour la Filature Arpin. Celle qui transforme les toisons de mouton des Alpes en fils, étoffes, vêtements et objets de décoration à Séez depuis 1817, propose à nouveau une toile de chanvre. Classée Entreprise du patrimoine vivant, elle a déjà travaillé cette plante, cultivée au-dessus du village, jusqu'en 1860. Avec le lancement de ce textile de chanvre présenté cet automne lors des collections de prêt-à-porter du printemps 2014, Arpin s'applique à diffuser son image de rareté. « Il existe de la place pour autre chose que l'alpaga ou le cachemire, commente Jean Desmoulière, le directeur d'Arpin. Des clients sont chercheurs de matière. Avec le chanvre, nous poursuivons notre identité, notre spécificité, avec une notion de raffinement dans les fibres ; nous mixons le contemporain et l'intemporel à travers notre savoir-faire. » Les tissus laine et chanvre ou chanvre seul se déclineront par la suite en objets de décoration. « La lenteur de nos machines, certaines sont classées Monuments historiques, nous permet un grand champ de possible ! »





Si le nom d'Arpin est attaché à l'esprit alpin et à la montagne, l'entreprise oeuvre aussi pour des hôtels à Honfleur ou des architectes New-Yorkais, travaillant à façon, à la série, au produit standard et au haut de gamme personnalisé. Trop marqué hiver, la PME attaque les saisons intermédiaires avec le chanvre. « Nous souhaitons doubler notre chiffre d'affaires pour nous positionner dans un format plus facile. Le marketing et l'exportation de la marque coûtent chers. Notre challenge consiste à rester un artisan avec un esprit industriel. Nous continuons à fabriquer des produits en laine alpine avec une collection moins vaste, renouvelée plus souvent. »




Délocalisation

Si les Japonais se montrent réceptifs aux prototypes des vestes homme et femme en chanvre, façon touriste des années 1900, la confection de la toile rencontre des difficultés et demeure artisanale. « Nous n'arrivons pas encore à stabiliser le produit. Dès que cela sera atteint, nous dédierons un métier à tisser au chanvre », assure le directeur. Et pour améliorer la logistique difficile dans cette ancienne usine, la Filature Arpin délocalisera cette partie à Dardilly (69) d'ici à la fin de l'année.

Filature Arpin



(Séez) Dir. : Jean Desmoulière 17 salariés CA 2013 : 1,730 M€ 04 79 07 28 79 www.arpin1817.com

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