Face au recul de la consommation de lait, Lact’Union accélère dans la nutrition infantile et médicale. Alimentés en lait par 450 éleveurs répartis essentiellement dans les Hauts-de-France, les trois sites de la coopérative, deux à Abbeville (Somme) et un à Braine (Aisne), qui emploient 500 salariés, fonctionnent tout au long de l’année. Pour accompagner cette montée en gamme, le groupe engage un plan d’investissement de 100 millions d’euros jusqu’en 2029.
La nutrition médicale comme relais de croissance
Le programme se concentrera d’abord sur le site baptisé Babydrink, à Abbeville. Créée en 2011, cette unité est dédiée au conditionnement aseptique de produits nutritionnels et fonctionnels pour enfants, dès la naissance, et pour adultes. "L’objectif, d’ici fin 2026, début 2027, est de doubler la capacité de production de Babydrink, pour une surface passant de 7 000 m² à 15 000 m², pour des produits à plus forte valeur ajoutée", détaille Olivier Buiche, directeur général du groupe Lact’Union. L’embauche d’une quarantaine de salariés est également prévue d’ici 2028.
Face au vieillissement de la population, les produits de nutrition médicale pour séniors sur prescription s’inscrivent dans une diversification nécessaire. Ils deviennent une part croissante de l’activité du groupe. "Ce sont des formules validées qui mélangent une quarantaine d’ingrédients, des produits riches en protéines, calcium, etc. Ils sont utilisés pour des problèmes de diabète, de reins, par exemple, et vendus en pharmacie ou aux hôpitaux", détaille le dirigeant. La coopérative réalise actuellement 395 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les produits de Babydrink sont commercialisés dans une cinquantaine de pays et contribuent à l’activité export du groupe, qui représente 15 % du chiffre d’affaires.
Un marché du lait instable
Cette stratégie est axée sur les produits nutritionnels pour faire face à un marché du lait qui s’érode lentement. "Les Français boivent de moins en moins de lait. Cela représente une baisse d’environ 2 % par an depuis plusieurs années", observe Olivier Buiche. Historiquement, selon Syndilait, 70 % de la consommation de lait était liée au petit-déjeuner, un repas fortement impacté par l’évolution des habitudes de la population. Pour Lact’Union, la montée en puissance des produits à forte valeur ajoutée constitue donc un relais de croissance stratégique.
Moderniser et renouveler
Sur les deux autres sites du groupe, qui produisent du lait, du beurre et de la crème, les investissements se porteront dans un second temps sur une modernisation des machines et leur renouvellement. "Compte tenu du contexte géopolitique, notamment de la guerre en Iran, nous devons décaler et adapter le projet global", explique Olivier Buiche. La coopérative fabrique elle-même les briques et les bouteilles de lait. "Elles contiennent de la pétrochimie, donc entre l’augmentation des matières premières et du coût des transports, il y a une nécessaire répercussion à hauteur des surcoûts constatés, pour ne pas dégrader nos marges et avoir un impact sur le prix du lait qui serait dramatique pour nos éleveurs."
Pour ce plan d’investissement de 100 millions d’euros, réalisé sur fonds propres mais aussi en grande partie grâce à l’emprunt bancaire, le dirigeant regrette de ne pas avoir obtenu de soutien de l’État. Malgré ce contexte, Lact’Union ambitionne de porter son chiffre d’affaires à près de 450 millions d’euros dans les trois ans, grâce au développement de Babydrink sur les marchés de la nutrition infantile et médicale.