Branche mobilité de la SMEG, la Société Monégasque de l’Électricité et du Gaz (200 collaborateurs, CA: NC), EVzen a dépassé les 300 bornes installées en France et à Monaco. "Nous avons 320 stations en service et encore une centaine en cours de construction, précise Anthony Dupont, directeur Mobilité Électrique de la SMEG. Nous allons atteindre les 400 d’ici la fin de l’année."
Des économies convaincantes
Au-delà du chiffre, ce déploiement démontre une nouvelle réalité : la transition électrique de la mobilité est clairement en route. Notamment dans les entreprises, qui représentent la moitié des bornes déployées par EVzen. "Depuis un an, l’équation économique tend à résoudre la question côté chef d’entreprise et gestionnaire de parcs. Passer à l’électrique devient un sujet d’économie, de gain de productivité et de marge."
En comparaison des coûts et impacts environnementaux de l’essence, les bénéfices de l’électrique ne sont plus à démontrer. Pour les moins convaincus, la fiscalité, plus ou moins coercitive, a fait le reste. Depuis 2019, la loi LOM a introduit l’obligation pour les entreprises de pré-équiper leurs parkings en points de recharge pour véhicules électriques (IRVE). Et depuis mars 2025 la Taxe annuelle incitative (TAI) est entrée en vigueur pour les sociétés dont la flotte dépasse les100 véhicules légers. Elle vient s’ajouter à la taxe annuelle sur les émissions de dioxyde de carbone et celle sur les émissions de polluants atmosphériques.
Ainsi, dans un marché automobile en berne, la part des véhicules électriques (surtout hybrides) ne cesse de progresser, tirée par les entreprises.
Du sur-mesure pour surmonter les freins psychologiques
Demeurent néanmoins des freins psychologiques, souvent parmi les collaborateurs que vise précisément EVzen. "Nous aidons les entreprises à adresser ces réticences-là à travers une solution complète, reprend Anthony Dupont. Nous sommes capables de couvrir l’ensemble des besoins de l’entreprise et d’arriver très en amont sur l’analyse de ces besoins, via un seul interlocuteur. Une fois qu’on explique que la recharge ne va pas être un problème, qu’il ne va pas y avoir 14 solutions ou que ça ne va pas impacter la vie des conducteurs, ça se passe bien. Cela devient même plus confortable de se brancher chez soi ou sur le site de l’entreprise que de gérer les cartes carburant et d’avoir à faire le plein à gauche à droite. Y compris pour la recharge en itinérance, sur du plus long trajet."
Une croissance maîtrisée
Lancé en 2019, EVzen compte 25 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros. Si le marché est clairement porteur, l’entreprise monégasque tisse un déploiement raisonné et une croissance maîtrisée. "Nous avons cru très fortement et allons continuer de croître, mais nous allons aussi faire attention à ne pas grossir trop vite, analyse Anthony Dupont. Nous avons vu des concurrents qui ont explosé et recruté des centaines de personnes du jour au lendemain, et où la qualité n’est pas forcément au rendez-vous. Nous, nous sommes une entreprise historique de plus de 135 ans (l’origine de la SMEG remonte à 1890, NDLR) et non une start-up qui risque de disparaître d’un coup. Être capable de délivrer ce qu’on promet et d’assurer un service fiable de qualité et en sécurité, ce n’est pas négociable."
D’où la décision par exemple d’internaliser la ligne d’assistance basée à Monaco et disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Un argument de confiance pour les clients, entreprises ou collectivités territoriales. EVzen travaille notamment avec quasi toutes les communautés d’agglomérations des Alpes-Maritimes ou encore la métropole Aix-Marseille. En plus, bien sûr, d’assurer l’ensemble du réseau, public et privé, en Principauté.