C'est fait! Après plusieurs mois d'attente, l'État a fait son choix dans le stratégique dossier des éoliennes en mer et a confié au consortium mené par le géant espagnol des énergies renouvelables, Iberdrola, la conception, la maintenance et la gestion du futur parc offshore implanté en baie de Saint-Brieuc. EDF, associé à Alstom, remporte, de son côté, trois des quatre autres sites mis en jeu (Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, Courseulles-sur-Mer dans le Calvados et Fécamp en Seine-Maritime), le projet duTréport (76) ayant été déclaré infructueux.
Un consortium de cinq partenaires
Implanté à 17km du Cap d'Erquy, sur une surface de 80km², le parc éolien comprendra une centaine d'éoliennes permettant au site de dégager une puissance électrique de 500 mégawatts, soit l'équivalent d'un demi-réacteur nucléaire. À terme, le champ sera en capacité de fournir 7% de la consommation électrique bretonne, soit la même proportion qu'actuellement réalisée par la région. Pour mener à bien ce projet, Iberdrola n'est pas tout seul sur la ligne départ. L'espagnol s'est associé à Eole Res, une filiale du groupe britannique Res, l'un des leaders mondiaux de l'éolien; Areva, l'un des premiers leaders mondiaux de l'éolien en mer; Technip, leader français de la réalisation de projets offshore complexes en mer; et la société Neoen Marine, filiale de Neoen et la Caisse des dépôts et consignations, acteur français indépendant.
Un projet à deux milliards d'euros
Le parc devrait fournir ses premiers kilowatts heure dès 2018 avec l'objectif de tourner à plein régime à l'horizon 2020. Le consortium prévoit un investissement de deux milliards d'euros et prévoit la création d'au moins 140 emplois directs. «Une trentaine de marins devrait être recrutée pour notamment assurer la maintenance du parc, précise Jean-François Petit, directeur développement chez Eole Res. Et je pense que les retombées indirectes au niveau de la restauration, des services associés et du logement seront nombreuses.»
Le choix du port de maintenance en discussion
Les entreprises locales ne seront pas oubliées puisque le consortium va profiter des 18mois qui se profilent, et pendant lesquels vont être menées les études de faisabilité technique, pour cibler de potentiels sous-traitants pour fabriquer des pièces d'éoliennes. «Un tel défi ne peut être relevé qu'en associant les acteurs locaux à sa réalisation», confirme Jean-Christophe Chomette, directeur France d'Iberdrola. L'année à venir devrait également sceller le choix du port de maintenance pour lequel Erquy, Saint-Quay-Portrieux ou Saint-Cast sont en lice. Un équipement qui devra bénéficier d'un terre-plein dédié de 2.000m² et pour lequel la question de la prise en charge du financement n'est pas encore réglée.
Une taxe spéciale de 6,8millions d'euros
Une taxe spéciale éolienne va être créée et devrait générer 6,8millions de recettes chaque année. Une somme qui sera répartie entre les communes situées à douze milles nautiques maximums des premières éoliennes, les usagers de la mer et les pêcheurs. Ce soutien à la filière pêche ne devrait pas se limiter au seul aspect financier. Un accompagnement de différents projets portés par les professionnels est envisagé: réensemencement de naissains de coquilles Saint-Jacques, éradication de la crépidule, aide à la création de viviers à homards réfrigérés à Paimpol, etc.
Le géant espagnol Iberdrola a été choisi pour construire le futur parc éolien situé en baie de Saint-Brieuc.
Un investissement de deux milliards d'euros dont le consortium entend faire pleinement profiter les sous-traitants industriels locaux.