Entreprise du Futur : Séché Environnement, un surdoué en RSE
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Entreprise du Futur : Séché Environnement, un surdoué en RSE

L’entreprise mayennaise de traitement des déchets Séché Environnement remporte, à Lyon ce 2 juillet, le trophée Engagement de la Cérémonie Entreprise du Futur. Ce prix récompense le meilleur modèle d’affaires responsable pour sa capacité à préserver l’environnement.

Joël Séché, président fondateur du groupe Séché Environnement — Photo : Emma Laupa

Quand il reprend la direction de l’entreprise familiale de travaux publics, en 1985 à Changé, en Mayenne, Joël Séché est muni d’une intuition : l’environnement va prendre une place centrale dans la gestion des entreprises, des collectivités et des États. Quarante ans plus tard, la PME aux 20 salariés est devenue un géant vert, coté en Bourse, dont le chiffre d’affaires s’est élevé à 1,1 milliard d’euros en 2024, en hausse de 9,6 % sur un an. Ses 7 300 collaborateurs opèrent dans 16 pays, au sein de trois pôles : économie circulaire et décarbonation ; gestion de la dangerosité ; et les services environnementaux, allant de la dépollution de site au traitement des eaux industrielles.

En quête de solutions nouvelles

"Séché Environnement a fondé son développement sur la qualité, l’innovation et la préservation de l’environnement", résume Pierre-Yves Burlot, directeur développement durable du groupe, qui vient d'être récompensé ce mercredi 2 juillet par un trophée 2025 de la Cérémonie Entreprise du Futur, un événement organisé en partenariat avec Le Journal des Entreprises.

Dans les années 80, alors que les décharges sont encore légion, la PME rassure les collectivités et les entreprises en créant des centres normés de gestion de leurs déchets. En 1996, elle est la première au monde, dans son secteur d’activité, à décrocher la certification ISO 14 001 de management environnemental.

Pour conserver cette avance, l’entreprise investit chaque année 7 à 10 % de son chiffre d’affaires dans son outil industriel et dans la R & D, en quête de solutions nouvelles qui confortent et élargissent le périmètre de ses activités. Elle a par exemple inventé un procédé de régénération du brome usagé, émettant 20 fois moins de CO2 et consommant 3 000 fois moins d’eau que l’extraction du brome naturel. Elle couvre aujourd’hui un tiers des besoins de l’industrie française en la matière, et se positionne en numéro un mondial sur ce segment de marché.

Stratégie de filières

À mesure qu’elle parvient à traiter de nouveaux déchets, la multinationale mayennaise s’engage dans la construction de filières entières de recyclage et de valorisation, qui renforcent son impact environnemental et sa valeur ajoutée. Elle est pionnière, entre autres, dans la production d’énergie bas-carbone en récupérant le biogaz émanant des déchets organiques et la chaleur issue de l’incinération. "Chez nous, l’économie circulaire est un principe fondamental, qui guide tous nos investissements, toutes nos décisions, et démultiplie la performance RSE de nos clients pour mieux les accompagner dans la transition écologique", indique Maxime Séché, le directeur général du groupe, fils de Joël.

En amont de ses innovations, l’entreprise s’efforce d’anticiper les évolutions réglementaires et les mutations industrielles. Parmi ses investissements majeurs, aujourd’hui, figurent ainsi la valorisation des batteries électriques et des effluents du lithium, dont le marché est porté par l’essor de la voiture propre et l’instauration de normes européennes de recyclage.

Une expertise à l’international

Le sens de l’anticipation préside également à la création, en 2014, de la filiale Séché Urgences Interventions (SUI), sorte de Samu de l’environnement, appelée notamment pour décontaminer les environs après les incendies de la cathédrale Notre-Dame de Paris, de l’usine Lubrizol à Rouen ou encore de Bolloré Logistics à Grand-Couronne en Seine-Maritime.

Autant d’expertises ciblées, rares sur le marché, qui facilitent la conquête de grands contrats à l’international, conférant visibilité et opportunités de développement tous azimuts. "Nous allons par exemple réaliser, à Viña del Mar au Chili, une grande opération de dépollution, en régénérant des terres souillées par les hydrocarbures. Une vitrine exceptionnelle pour nos savoir-faire", souligne Maxime Séché. Ou comment faire tache d’huile… en la nettoyant.

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