Un genou à terre, mais elle peut encore se relever. L’ETI Florentaise (245 salariés, 54 M€ de CA sur l’exercice 2022-2023), basée à Saint-Mars-du-Désert, en Loire-Atlantique, vient d’être placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nantes. En France, Florentaise vend près d’un sac de terreau sur cinq auprès du grand public, et couvre 12 % du marché des professionnels (horticulteurs, paysagers ou pépiniéristes).
Les "mauvaises saisons climatiques" en cause
Pour expliquer cette position, Florentaise met en avant un équilibre financier "impacté par la succession des mauvaises saisons climatiques qui ont éprouvé le modèle de revenus". La maison mère de Florentaise, Floreasy, est placée elle aussi en redressement judiciaire. Elle n’a donc pas pu "mettre en œuvre les mesures de soutien financier, contrairement à son engagement initial", précise un communiqué de l’entreprise.
Des mesures qui n’ont pas été reconduites
Déjà fin 2023, une procédure de conciliation avait été ouverte, suivie d’un mandat ad hoc en mai 2024. Ces procédures ont abouti à des négociations entre Florentaise et ses partenaires financiers, afin d’obtenir un étalement du remboursement de ses dettes. Les emprunts ont ainsi été suspendus à moyen terme, jusqu’à fin janvier 2025. Mais en février, les partenaires financiers ont décidé de ne pas reconduire les mesures de suspension des dettes financières. L’entreprise fait face à une dette de 16,5 millions d’euros. Suite à ce redressement judiciaire, une période d’observation s’ouvre pour six mois pendant laquelle Florentaise poursuit son activité. Présente en Bourse, l’entreprise a ainsi vu sa cotation suspendue.
La vente de certains actifs pour s’en sortir
L’entreprise propose aujourd’hui un catalogue de plus de 600 références produites à la fois en marque propre ou marques de distributeurs, et disponibles au sein des plus grandes enseignes telles que Truffaut, Botanic, Aldi, Lidl ou Intermarché. Mais pour s’en sortir, Florentaise devra procéder à la "vente de certains actifs pour renforcer le financement, la réorganisation, et le plan de restructuration", appuie l’entreprise dans son communiqué.
L’année dernière, elle se lançait dans une nouvelle activité de vente de crédits carbone certifiés, via la pyrogazéification. Pour ce faire, Florentaise s’appuyait en partie sur la société industrielle nantaise Gazotech, spécialisée dans les technologies de pyrogazéification, et dont Floreasy est actionnaire minoritaire. Cette diversification a notamment débouché sur la création de deux joint-ventures en Chine (Greenchar HK, une entité détenue à 73, 5 % par Floreasy, et Futan). Le dirigeant, Jean-Pascal Chupin, tablait alors sur une explosion des revenus en Chine de son entreprise d’ici deux à trois ans. Une temporalité qui pourrait s’avérer malheureusement un peu longue au regard de la situation financière.