Employeurs et salariés Quelle stratégie adopter?
# Organismes de formation # Conjoncture

Employeurs et salariés Quelle stratégie adopter?

Hors plan de formation de l'entreprise ou perte d'emploi, décrocher une formation en cours de vie professionnelle repose pour l'essentiel sur la notion d'intérêt partagé entre employeur et salarié.

«Une initiative personnelle et isolée du salarié peut parfois l'exposer à assumer seul son projet de formation», rappelle Raphaël Guémard, d'Agefos-PME Rhône-Alpes. Pourtant, plusieurs interlocuteurs au fil de notre enquête ont attesté que des salariés choisissaient de suivre une formation à l'insu de leur employeur. «Des cadres peuvent ne pas avoir envie de faire savoir à leur patron qu'ils suivent une formation pour changer d'entreprise», nous a ainsi expliqué la responsable d'un centre de formation. Rémi Lemaire, directeur du Fongecif Lorraine note toutefois que le refus d'un employeur n'intervient que pour 8% dans les motifs d'abandon de demandes de Cif.




L'importance du bilan de compétences

Depuis l'introduction du Dif, désormais "portable", un salarié peut cumuler 20h de droit à formation par an sur une période de six ans. De nombreux experts conseillent de manière générale de cumuler ses droits sur quelques années pour pouvoir prétendre à une formation efficace de plusieurs dizaines d'heures (quatre années de Dif correspondent à 80h de formation). À cet égard, Alain-Frédéric Fernandez, auteur d'un guide sur le sujet*, préconise de passer par un bilan de compétences avant de choisir une formation Dif. Si l'employeur refuse - sans obligation de motivation - les demandes de Dif pendant deux années consécutives, le salarié peut se tourner vers le Fongecif, sans garantie.




Arguments professionnels et financiers

Le salarié a intérêt à prouver à son supérieur hiérarchique que les compétences qu'il veut développer sont bénéfiques à son travail au sein de l'entreprise. Et à privilégier autant que faire se peut les formations Dif dans le catalogue que l'entreprise peut éventuellement proposer. Autre avantage de cette formule: les contenus sont connus, les centres de formation identifiés et il est possible de procéder à une comparaison des tarifs. Le problème soulevé par le financement du Dif devra inciter un salarié à privilégier un projet pouvant s'inscrire dans une période de professionnalisation ou relevant des priorités définies par les accords de branche pour pouvoir bénéficier de l'intervention de l'Opca. L'entretien annuel ou l'entretien professionnel, quand il existe, sont le moment idéal pour faire part de son projet à sa hiérarchie mais sauf dispositions spécifiques à l'entreprise, la demande détaillée peut être faite à n'importe quel moment par lettre recommandée avec accusé de réception. Une absence de réponse au-delà d'un mois vaut acceptation. Le cas du Cif - jusqu'à 1.200 h- est différent dans la mesure où les dossiers soumis à la commission paritaire amenée à se prononcer sont anonymes.




Tout est possible mais...

Projet de mobilité interne ou envie de changer de vie: tout est théoriquement possible... dans la limite des financements disponibles. Les conseillers du Fongecif accompagnent toutefois le demandeur dans la construction de son projet pour valider la pertinence de la formation demandée, les débouchés éventuels, la cohérence avec l'expérience du salarié. Le Fongecif Lorraine a ainsi permis à des salariés des reconversions étonnantes comme éleveur d'escargots ou maréchal-ferrant. *Le Dif, comprendre et mettre en oeuvre la réforme de la formation professionnelle, Alain-Frédéric Fernandez (Dunod, 2006)

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