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Discours de politique générale : Michel Barnier va demander un effort aux grandes entreprises
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Discours de politique générale : Michel Barnier va demander un effort aux grandes entreprises

Dans son discours de politique générale, Michel Barnier a annoncé ce mardi qu’il souhaitait mettre à contribution les sociétés qui ont réalisé des profits importants pour aider au redressement des finances publiques. Plusieurs autres mesures intéressent le monde économique.

Le nouveau Premier ministre a prononcé son discours de politique générale devant les députés, à l'Assemblée nationale. — Photo : Maxime Lefort

Un discours de presque une heure trente et des confirmations. Alors que le bruit courait depuis quelque temps sur une hausse de l’imposition, le Premier ministre a confirmé, ce mardi lors de son allocution de politique générale, qu’il allait demander au monde économique de se mobiliser. En particulier les plus grandes entreprises ayant réalisé d’importants profits à qui sera réclamé un "effort ciblé, limité dans le temps […] sans remettre en cause notre compétitivité". Il y a quelques jours, le président du Medef Patrick Martin avait ouvert la porte à une hausse d'impôts des entreprises. Une contribution exceptionnelle concernera également les Français les plus fortunés.

Champions de la dépense publique

Deux outils fiscaux, parmi d’autres, pour tenter "de ramener le déficit public à 5 % du PIB en 2025 et sous les 3 % en 2029". "Nous ferons la chasse aux doublons aux inefficacités, aux abus du système, aux rentes injustifiées", a plaidé Michel Barnier.

"Notre pays est au bord du précipice"

Le choix d’une hausse de la fiscalité s’impose s’est-il justifié car la situation de la France est grave et la dette, qui atteint "un montant colossal", une "véritable épée de Damoclès", atteignant désormais 112% du PIB. "Notre pays est au bord du précipice", a affirmé Michel Barnier qui a prôné cependant, d’abord et avant tout, un grand plan d’économie.

Il l’a en effet promis, le premier remède de la dette ne sera pas l’imposition mais la réduction des dépenses. "Nous sommes des champions de la dépense publique mais avec quels résultats ?", s’est-il interrogé après que des députés LFI ont brandi leur carte d’électeur dans l’hémicycle.

Un livret spécial industrie

Tandis que le Smic augmentera de 2 % dès le 1er novembre plusieurs mesures ont également été annoncées comme la création d’un "livret d’épargne consacré à l’industrie" et la relance de la participation et de l’actionnariat salarié, "pas seulement dans les grandes entreprises".

Michel Barnier souhaite aussi ouvrir le débat autour de la réforme des retraites pour des améliorations "raisonnables" et "justes" en concertation avec les partenaires sociaux. Il envisage tout autant de s’attaquer au problème du logement en étendant, par exemple, "sur tout le territoire" le prêt à taux zéro pour les primo-accédants.

Haro sur les normes

Très souvent décriées par les professionnels, les normes, autant dans l’agriculture que le bâtiment ou les collectivités territoriales, devraient être limitées à leur strict minimum. Dans cette optique, la réglementation "Zéro artificialisation nette", jugée contraignante par certains acteurs du bâtiment, mais défendue ardemment par les écologistes, pourrait "évoluer de manière pragmatique et différenciée", a souligné le Premier ministre.

Beaucoup de chantiers donc, mais pour les détails sur l’imposition et les économies, il faudra attendre le projet de loi de finances 2025 présenté devant l’Assemblée nationale dans la semaine du 9 octobre.

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