Maine-et-Loire
"Penser les sujets de transition, c’est reprendre la main"
Interview Maine-et-Loire # Syndicats patronaux

Virginie Beurton-Le Mignon présidente du Medef Anjou "Penser les sujets de transition, c’est reprendre la main"

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Malgré le contexte difficile, l’action économique doit être portée par une vision de moyen-long terme, estime Virginie Beurton-Le Mignon, présidente du Medef Anjou. En ce sens, elle défend les choix du Conseil régional sur ses postes d’économie. Et elle invite les entreprises à s’emparer des questions de transition environnementale et sociale.

Virginie Beurton-Le Mignon, dirigeante de Yellow Br1cks, préside le Medef Anjou depuis juillet 2023 — Photo : ALM

Le gouvernement de Michel Barnier vient de tomber. Quel est votre regard sur la situation nationale ?

Il y a de l’inquiétude puisque, depuis de longues semaines, l’instabilité est prégnante. Cela a des impacts sur les décisions d’investissements, de recrutement. Mais nous sommes un collectif et nous continuons de porter des demandes fortes auprès du futur gouvernement, quel qu’il soit. Nous voulons faire pousser dans la tête de l’exécutif et des parlementaires l’idée qu’encourager les entreprises est bénéfique à tous les Français.

Dans les débats sur le Projet de loi de finances, nous appelons à sortir de la vision court-termiste. Le PLF prévoyait de ponctionner 20 milliards d’euros sur le dos des entreprises, dont 12 milliards par les taxes. Nous avions évalué que cette mesure coûterait 400 000 emplois.

Il faut considérer le monde économique. Le sens du discours de politique général de Michel Barnier était conforme à nos attentes : il proposait de faire peser l’effort aux deux-tiers sur les dépenses publiques et un tiers sur les taxes. OK pour faire des efforts, mais à la condition qu’il y ait des actions concrètes sur la transformation de l’Etat pour diminuer notre dette publique. Cela reste en attente.

Avec la suspension du PLF, la filière bâtiment voit rouge…

Oui, nous soutiendrons tout projet qui appréhende globalement le logement. Les pouvoirs publics doivent se saisir de cette question. Le logement reste central dans notre économie.

L’annonce de coupes importantes dans les subventions du Conseil régional des Pays de la Loire suscite des mécontentements auprès des acteurs économiques concernés, notamment dans les secteurs de la culture et du social. Où faut-il réaliser les économies ?

Nous sommes dans un contexte contraint, et il faut prioriser. Par définition, un coup de rabot doit être fait. Nous saluons le courage de la présidente Christelle Morançais pour prendre à bras-le-corps ce sujet. Nous approuvons le choix de préférer des coupes budgétaires pour les dépenses de fonctionnement plutôt que pour l’investissement. Il est important de privilégier les dépenses d’investissement, pour l’avenir, dans les domaines des transports, de l’emploi, de la formation et du développement économique.

"Avec les mandats, les chefs d’entreprise donnent de leur temps pour contribuer à la vie de la cité".

Au niveau local, alors que les élections au Medef s’annoncent en juin 2025, quel bilan tirez-vous de votre action à la présidence du Medef Anjou ?

Un sujet auquel je tiens, ce sont les mandataires. C’est méconnu alors que c’est une facette importante de notre action. Cent adhérents du Medef Anjou occupent 140 mandats dans diverses structures : prud’hommes, tribunaux de commerce, action logement, médecine du travail, etc. Non seulement, cela casse l’image du chef d’entreprise qui ne pense qu’à lui. Les chefs d’entreprise donnent de leur temps pour contribuer à la vie de la cité. Et cela traduit notre capacité d’action sur un territoire au service du développement économique. Nous finalisons actuellement une série de vidéos destinées à présenter l’activité de ces mandats.

Par ailleurs, nous avons mis en place des ateliers thématiques bien suivis par les adhérents : six ateliers sur la transition environnementale, d’autres sur le capital humain. Nous avons signé une convention mobilité avec le CHU d’Angers pour aider au recrutement des conjoints du personnel du CHU, nous avons aussi récemment signé la convention ProMilès avec les Armées.

Votre soirée des entrepreneurs le 10 décembre aura pour thème "Entreprise et bien commun". Cette préoccupation ne devient-elle pas secondaire quand la priorité est de garder la tête hors de l’eau ?

Oui, quand on constate la forte augmentation des procédures collectives en 2024, cela peut paraître contre-intuitif. Mais c’est le contraire : dans une vision de moyen-long terme, si une entreprise veut durer, c’est maintenant qu’il faut investir sur ces sujets. Penser les sujets de transition, c’est reprendre la main, renforcer sa résilience. Investir sur la formation et le capital humain permet de créer les meilleures conditions pour que nos entreprises puissent résister au temps.

Le Medef Anjou compte 200 adhérents directs, dont 6 fédérations représentant 2000 entreprises et 40 000 salariés.

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