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Projet de loi de finances : les attentes des ETI de Nouvelle-Aquitaine
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Projet de loi de finances : les attentes des ETI de Nouvelle-Aquitaine

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À la veille d’un projet de loi de finances 2025 très scruté, le Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine a profité de son évènement annuel "Impact ETI" pour avancer des mesures concrètes censées améliorer leur compétitivité. L’accélération du régionalisme économique y figure comme l’un des souhaits principaux, aux côtés d’un allègement des impôts de production.

Marc Prikazsky (au centre), président du Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine, milite pour une accélération de la régionalisation de l’économie — Photo : Romain Béteille

Le discours ne détonnerait pas dans la bouche du président du Conseil régional. Pourtant, c’est bien Marc Prikazsky, PDG de Ceva Santé Animale (plus de 7 000 salariés, 1,6 Md€ de CA en 2023) et président du Club des ETI - entreprises de taille intermédiaire - de Nouvelle-Aquitaine (plus de 130 entreprises et 78 000 emplois en région) qui milite pour la décentralisation économique. À l’occasion de l’évènement Impact ETI, qui se tenait le 3 octobre à Saint-Émilion (Gironde), le porte-parole a réagi aux annonces du discours de politique générale du Premier ministre Michel Barnier. Tout en saluant l’initiative de l’annonce de la création d’un livret d’épargne industrie, le dirigeant milite ainsi pour "une visibilité à long terme, pour rétablir la confiance. Pour ça, il faut redonner les clés de l’économie aux régions", assure-t-il.

Alléger les impôts de production

Si le projet de loi de finance qui se prépare prévoit notamment de porter à 30 % l’impôt sur les sociétés réalisant au moins un milliard d’euros de chiffre d’affaires, les ETI dénoncent une pression fiscale et administrative toujours supérieure aux voisins européens : "plus de 80 milliards d’euros d’impôts de production par an pour 35 milliards en moyenne en Europe", rappelle le dirigeant.

"Le fait d’avoir des impôts de production plus élevés crée un décalage de compétitivité", poursuit le PDG de Ceva. Preuve en est : selon un audit du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti), 33 % des 1 200 dirigeants d’ETI au niveau national ont suspendu leurs investissements face au contexte politique et financier.

Mieux flécher les fonds

Les solutions proposées par le groupement sont multiples, mais surtout financières. Les dirigeants parlent notamment d’accélérer le déploiement des plans de relance européens face aux "23,4 milliards d’euros versés en France sur 40,3 milliards attendus" et un fléchage des fonds en leur faveur (les ETI représentant 5% des bénéficiaires de France 2030".

Ils demandent aussi le maintien du pacte Dutreil, niche fiscale facilitant la transmission des entreprises familiales. Ils prônent un changement dans la répartition des impôts de production (CFE, CVAE…) vers d’autres prélèvements fiscaux. Ils militent enfin pour un maintien du Crédit Impôt Recherche (qui pourrait être fortement réduit après les recommandations de l’inspection générale des finances) , à diriger davantage vers les PME (34 % des dépenses du CIR) et ETI, plus que vers les grandes entreprises (38 %).

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