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Le fonds régional Naco veut mobiliser 102 millions d’euros de fonds publics à horizon 2027
Nouvelle-Aquitaine # Fonds d'investissement # Stratégie

Le fonds régional Naco veut mobiliser 102 millions d’euros de fonds publics à horizon 2027

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Entré dans sa troisième vague d’investissements courant jusqu’en 2027, le fonds de co-investissement régional Naco (Nouvelle-Aquitaine Co-Investissement) poursuit ses efforts pour accompagner, grâce aux financements de la Région et de l’Union Européenne, les start-up et PME. Il a annoncé 102 millions au total lors de son bilan annuel le 20 janvier.

Jean-Pierre Renaudin, vice-président du fonds d'investissement Naco, Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine et David Aversenq, directeur général associé de M Capital, présentent le bilan annuel du fonds de co-investissement Naco. — Photo : Sébastien Blanquet-Rivière

Dans son bilan annuel présenté le 20 janvier, le fonds régional Naco liste une trentaine d’opérations financées en 2024, dont six nouvelles sociétés, et se présente comme "le fonds le plus actif en Nouvelle-Aquitaine et l’un des plus actifs au niveau national". Piloté par la société d’investissement M Capital (dont le siège social est à Toulouse), Naco a financé, depuis sa création en 2017, 115 sociétés dont 97 toujours en portefeuille, pour un total de 74,5 millions d’euros investis dans 517 millions d’euros de tours de table, soit un effet de levier de 6,94, "sans tenir compte des financements non dilutifs, comme les prêts bancaires", précise la collectivité.

Héritier du fonds régional Aqui Invest, créé en 2010 et toujours actif mais en phase de désinvestissement (il va d’ailleurs verser 5 M€ au pot commun), Naco vise à "accompagner dans le temps les sociétés du portefeuille", rappelle David Aversenq, directeur général associé de M Capital. Ainsi, le fonds, qui peut investir jusqu’à 5 millions d’euros dans une entreprise, possède 7,5 % de la société girondine Asphalte (qui a ouvert en septembre une boutique à Paris), 6,2 % d’Aelis Farma (qui a augmenté son capital en juillet) ou 3,3 % de Treefrog Therapeutics (qui a décroché en avril 2024 un important contrat de licence).

Le capital-risque, tropisme volontaire

Le fonds entend ainsi soutenir des PME en sortie de crise et de PGE en fonds propres, l’un de ses principaux atouts, et investir dans des sociétés innovantes (comme la start-up limougeaude Curlim dans laquelle il a investi récemment) le tout en restant en phase avec la politique régionale en matière d’environnement. Il le fait pour 67 % (en 2024, 54 % depuis 2017) des opérations réalisées en 2024 - et 47 % en montants investis - en capital-risque. "Vous ne trouvez pas ça sur le marché aujourd’hui. On n’aurait pas le droit d’intervenir s’il n’y avait pas un manque", précise le président du Conseil régional, Alain Rousset.

La répartition sectorielle, elle, reste favorable à l’industrie (27 %) et au secteur, très actif localement, de la santé (26 %), suivis d’assez près par les services aux entreprises (19 %) et l’énergie/environnement (11 %).

Un fonds de plus en plus sollicité

Côté perspectives, enfin, on note l’ambition à horizon 2027 de dépasser la centaine de millions d’euros de fonds publics mobilisés (102 M€), dont 57,5 millions d’euros de fonds européens, réinvestissements compris. 35 millions d’euros (25 du programme européen 2021-2027, 10 de la région) sont ainsi prévus jusqu’en 2027, contre 36,5 millions d’euros pour la première phase entre 2017 et 2022 et 30,5 millions d’euros en 2022, en soutien aux PME impactées par la crise.

"La demande, les attentes et les besoins sont là, avec beaucoup de belles sociétés de Nouvelle-Aquitaine et d’ailleurs, qui réfléchissent à s’implanter dans la région", synthétise Thibaut Richebois, directeur général de M Nouvelle-Aquitaine (filiale régionale de M Capital). "Les sollicitations sont de plus en plus fortes, on a déjà plus de 4,5 millions d’euros passés en comité d’investissement qui sont dans les tuyaux pour six nouvelles opérations".

Les vents sont donc favorables (et les montants levés par les start-up en forte hausse en Nouvelle-Aquitaine) malgré une "offre de financement des entreprises qui reste très fragile, des dettes bancaires de plus en plus élevées, des valorisations en baisse et des conditions d’opérations (transmissions, investissements) dégradées. L’attentisme fait courir un risque de recul des décisions d’investissement", termine Thibaut Richebois.

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