Dimitri Triadafillidis : Grec au sommet de l'Acropolis

Dimitri Triadafillidis : Grec au sommet de l'Acropolis

La tête d'Acropolis, palais des expositions de Nice, est occupée par le plus Niçois des Grecs: Dimitri Triadafillidis. Un métissage acquis au fil d'une odyssée professionnelle qui l'a mené d'Athènes à la Côte d'Azur avec détour par les États-Unis. Retour sur le parcours initiatique d'un dirigeant cosmopolite... Lucie Lautrédou

«Je ne suis ni Athénien, ni Grec, mais un citoyen du monde», disait Socrate. Une citation qui aurait bien pu sortir, en français, de la bouche de Dimitri Triadafillidis, directeur général d'Acropolis pour GL Events. En effet, le presque quinquagénaire né à Rhodes en 1961 est un fruit de la culture internationale. Il en perd même sa langue maternelle! Installé en France depuis plus de vingt ans, il pense et rêve en français. Mais le cosmopolite est flexible. Il lui suffit de quelques jours en terres anglo-saxonnes pour qu'entre les bras de Morphée, Shakespeare prenne la place de Molière.




Hermès bouillonnant

«Le peuple grec est un peuple de marins et de guerriers qui ont la culture du voyage et de l'échange, ça conditionne, nous aimons les étrangers», observe le dirigeant, qui s'estime cependant «international par choix». Son envie d'ailleurs, il la cultive très jeune, en quittant Athènes pour Londres à moins de 20ans, en 1978. Quelques années plus tard, il part travailler aux États-Unis, manager dans le monde du spectacle et organisateur de concerts. «Amoureux de Paris», l'expatrié ne fera qu'un passage d'un an Outre-Atlantique. Dès 1984 il élit domicile en France, où débutent les douze travaux de Dimitri vers Acropolis. Il travaillera pêle-mêle pour Dior, Disney ou Essilor. Mais à l'image d'Hermès, dieu du commerce affublé d'ailes qui lui donnent la bougeotte, l'entrepreneur ne tient pas en place. Pour assouvir son envie d'ailleurs, il crée, en 1993, un réseau de conseillers marketing entre Amsterdam, Nuremberg et Lyon.




Acropolis, défi suprême

La parenthèse internationale refermée, le voyageur s'installe finalement à Nice, où il enchaînera les défis professionnels. «Je suis un homme de challenge, j'aime lancer et développer un business. Une fois que ça ronronne, ce n'est plus pour moi», s'amuse Dimitri Triadafillidis. «On travaille mieux sous la contrainte, il faut chercher la bonne idée, repousser ses limites, se dépasser soi-même.» En 2007, il va trouver une montagne à sa hauteur: Acropolis. Un Grec pour gérer le Palais des expositions et des congrès des plus helléniques, un hasard? «Il n'y a pas de hasard, que des rencontres». Rien à voir avec sa nationalité, donc, mais avec son chemin qui a croisé celui d'Olivier Ginon, président du groupe. «J'ai été séduit par le grand patron, le parcours de l'homme, du visionnaire», se souvient celui qui a accepté «le plus grand challenge» de sa carrière en prenant les rênes du palais de l'esplanade Kennedy (lire interview).




Hera timide






et une fibre d'Apollon

Dans une odyssée professionnelle pareille, le dieu du labeur laisse-t-il un peu de place à Héra, reine de la famille? «Je privilégie le travail à la famille et je pense qu'il estdifficile de séparer le professionnel de l'humain», avoue l'homme marié père d'une fillette de trois ans. «Il est vrai que mes proches doivent s'adapter à mon rythme mais je trouve toujours un week-end à partager, et je privilégie la qualité de l'échange à la quantité». L'ex-international de water-polo ne prend pas souvent le temps d'aller en Grèce. En amateur de philosophie et de théologie, Dimitri Triadafillidis retrouve ses racines dans les livres. Un enrichissement de l'esprit qu'il trouve également dans l'art. «Je suis un inconditionnel du beau universel et de l'esthétique. Pour moi, l'art est une expression personnelle qu'il faut essayer de capter. Que l'on comprenne ou pas, on peut toujours féliciter l'artiste sorti ça de lui-même pour le partager avec les autres.» Il y a des notes d'Apollon, saint patron des arts, là-dessous ...