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Placé en redressement judiciaire, le papetier Cenpa cherche un repreneur
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Placé en redressement judiciaire, le papetier Cenpa cherche un repreneur

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Propriété du fonds allemand Accursia Capital, le papetier Cenpa, basé à Schweighouse-sur-Moder, dans le Bas-Rhin, a encaissé simultanément la baisse de ses ventes et la hausse des prix de sa matière première, l’entraînant vers la cessation de paiements.

Le papetier Cenpa s’est retrouvé écartelé entre une matière première en hausse, passant de 100 € la tonne à plus de 190 €, et des pertes de volumes sur le marché de l’industrie — Photo : Mélanie Jehl

Dès le mois de juin, Dimitri Mager, le directeur général de Cenpa (CA : 33 M€ ; 93 salariés), anticipait un "atterrissage catastrophique". Producteur de carton pour tubes et de mandrins pour les marchés de l’hygiène et de l’industrie, le papetier installé à Schweighouse-sur-Moder dans le Bas-Rhin, s’est retrouvé écartelé entre une matière première en hausse, passant de 100 € la tonne à plus de 190 €, et des pertes de volumes sur le marché de l’industrie.

Des hausses impossibles à faire passer

"C’est un marché très concurrentiel, et il a été impossible de répercuter les hausses sur nos clients", résume Dimitri Mager. Déjà déficitaire en 2023, avec un résultat net tombé à -1,9 million d'euros, la cessation de paiements était inéluctable : le 2 décembre 2024, le tribunal judiciaire de Strasbourg plaçait Cenpa en redressement judiciaire, avec une période d’observation fixée à six mois. En parallèle, l’administrateur judiciaire, le cabinet Weil Guyomard Lutz, lançait la recherche d’un repreneur.

Le directeur général de Cenpa, Dimitri Mager, a tenté de relancer l’activité vers les marchés de l’hygiène — Photo : Mélanie Jehl

Un plan présenté à Accursia Capital

Souhaitant rester discret sur les discussions en cours, le directeur général de Cenpa dévoile que "trois candidats sont sur les rangs". Dont "un industriel", qui examine le dossier et peaufine son projet. Car Dimitri Mager en est persuadé, le site peut être rentable. "Nous avons présenté dès le mois de juillet un plan de restructuration à notre actionnaire principal, le fonds allemand Accursia Capital", précise le directeur général.

Se réorienter vers les marchés porteurs

Pour retrouver le chemin de la rentabilité, ce plan prévoyait l’arrêt d’une des deux machines à papier et une réduction de la masse salariale pour se consacrer au marché porteur, l’hygiène. Affichant une capacité de production totale de 100 000 tonnes, Cenpa produit en rythme de croisière environ 70 000 tonnes, vendues aux deux tiers pour les marchés de l’industrie et pour un tiers pour l’hygiène.

Des machines dédiées à des marchés

Sous l’impulsion de Dimitri Mager, le papetier a réorienté sa production pour répondre aux besoins de ses clients dans l’hygiène. En effet, la machine numérotée 5, dédiée aux marchés industriels, produit des cartons dont les grammages vont de 300 à 600 grammes. Trop pour les marchés de l’hygiène, produits sur la machine numérotée 4, qui sort des cartons allant de 120 à 300 grammes.

La machine numérotée 5, dédiée aux marchés industriels, produit des cartons dont les grammages vont de 300 à 600 grammes — Photo : Mélanie Jehl

Un rebond d’activité qui ne vient pas

Confronté à un choix radical, à savoir arrêter la machine 5, le fonds allemand a tergiversé, choisissant au final de persévérer sur les marchés de l’industrie, tirés habituellement par le BTP : le rebond espéré n’est pas venu, les voyants de l’économie passant au contraire au rouge. Exportant à 70 % sa production, essentiellement en Allemagne et au Benelux, Cenpa a bénéficié en 2022 d’un investissement de 1,8 million d’euros, injecté dans l’installation d’une chaudière à gaz.

Un site connecté à une unité de valorisation des déchets

Un outil qui se révèle aujourd’hui délicat à utiliser, au vu des variations des prix du gaz. "Mais nous avons deux sources d’énergie pour faire sécher le papier", précise le directeur général de Cenpa. L’usine est en effet reliée à l’usine de valorisation énergétique des ordures ménagères de Schweighouse-sur-Moder, qui lui apporte plus de 36 Gwh d’énergie. Un avantage compétitif pour le site : "la meilleure stratégie, c’est d’arrêter la chaudière à gaz et de tourner uniquement avec l’énergie amenée par l’unité de valorisation énergétique", estime le directeur général de Cenpa.

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