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La papeterie Stenpa est placée en liquidation judiciaire : 130 emplois bientôt supprimés
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La papeterie Stenpa est placée en liquidation judiciaire : 130 emplois bientôt supprimés

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Après son rachat par le fonds allemand Accursia Capital, la papeterie de Stenay vient d’être placée en liquidation judiciaire. En réaction, les syndicalistes dénoncent un abandon de la part de l’actuel et de l’ancien actionnaire, Ahlstrom.

La papeterie Stenpa se situe à Stenay, en Meuse — Photo : Stenpa

En juillet dernier et neuf mois après son rachat par le fonds de retournement allemand Accursia Capital, la papeterie Stenpa (130 salariés ; CA 2022 : 86 M€), à Stenay, en Meuse, était placée en redressement judiciaire. Le vendredi 8 novembre, le tribunal de commerce de Bar-le-Duc a décidé de placer l’entreprise en liquidation judiciaire. La date de la fermeture définitive de Stenpa n’est pas encore connue.

Aucun repreneur ne s’est présenté. "La Scop n’était pas envisageable, c’est une industrie trop lourde", lance Alain Magisson, délégué CGT. "La fermeture de la papeterie de Stenay n’est pas seulement la perte de 130 emplois, c’est un drame humain et une trahison envers ceux qui ont donné leur vie à cette entreprise", déclarent les délégués syndicaux de l’entreprise dans un communiqué.

Une descente progressive

Lors de la reprise, Accursia Capital avait pourtant validé un business plan sur trois ans, visant à rendre le site rentable, alors que le dernier exercice à l'équilibre date de 2016. "L’entreprise est victime à la fois de l’ancien actionnaire Ahlstrom, qui s’est désengagé du site pendant des années, et du nouvel actionnaire, qui n’a pas eu de projet industriel ni les moyens pour soutenir la société", expliquait au Journal des Entreprises en juillet dernier Matej Kurent, le directeur général de la papeterie.

"Ahlstrom s’est débarrassé du site de Stenay en choisissant un fonds de retournement et non un papetier, pour ne pas avoir un nouveau concurrent", dénonce Alain Magisson. Après le rachat par Accursia Capital, "les commandes ont diminué. Lorsque l’on a demandé au fonds de retournement pourquoi ils n’investissaient pas, ils nous ont répondu que c’était à l’usine de trouver des financements : ils nous ont abandonné", poursuit le syndicaliste.

Vers une poursuite judiciaire

Soutenus par les syndicats et la communauté locale, les ex-salariés annoncent vouloir poursuivre leurs actions sur le terrain judiciaire. Avec un objectif : "demander des comptes aux groupes Ahlstrom et Accursia, afin qu’ils assument les conséquences humaines et sociales de leur stratégie commune en vue d’une fermeture", dénoncent les syndicats."Nous avons saisi le procureur de Bar-le-Duc sur le non-respect des engagements d’Accursia Capital, au détriment des salariés", souffle Alain Magisson.

En colère, les ex-salariés ont également lancé un appel aux pouvoirs publics et aux acteurs économiques du territoire, afin de se mobiliser "pour soutenir la revitalisation du territoire et offrir de nouvelles perspectives aux familles touchées par ce drame", d’après les syndicats.

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