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Vect-Horus franchit une nouvelle étape dans le transport de médicaments vers le cerveau
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Vect-Horus franchit une nouvelle étape dans le transport de médicaments vers le cerveau

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Depuis plus de vingt ans, Vect-Horus développe des vecteurs capables de franchir l’un des plus grands verrous de la recherche médicale : la barrière hémato-encéphalique. Le partenariat signé avec OliX Pharmaceuticals confirme l’intérêt croissant des industriels pour cette technologie clé, au cœur des enjeux des maladies neurologiques.

Vect-Horus est une spin-off du CNRS. Elle conçoit et développe des vecteurs permettant de faire passer des médicaments dans le cerveau et dans certains organes — Photo : D.R.

La biotech marseillaise Vect-Horus franchit une nouvelle étape. L’entreprise spécialisée dans le franchissement de la barrière hémato-encéphalique (BHE) vient de signer un accord de transfert et d’évaluation de matériel avec OliX Pharmaceuticals, acteur coréen de référence des thérapies par ARN interférent (ARNi) pour le traitement de troubles du système nerveux central. "Ce partenariat a le potentiel d’accélérer le développement de traitements innovants et d’offrir un nouvel espoir aux patients du monde entier", souligne Alexandre Tokay, P-DG de Vect-Horus.

L’intérêt des big pharma confirmé

Cet accord vient confirmer l’intérêt des industriels pharmaceutiques pour les vecteurs développés par les chercheurs de Vect-Horus. Depuis plus de 20 ans, ils travaillent sur des vecteurs moléculaires, capables de franchir la barrière hémato-encéphalique et ainsi de délivrer des agents thérapeutiques ou des imageries au cerveau. "C’est un peu comme si nous développions la fusée, qui doit amener le satellite en orbite", explique Jamal Temsamani, le directeur du développement. Quand on sait que "98 % des thérapies ne passent pas cette barrière", celle-ci reste l’un des principaux obstacles au développement de médicaments pour le cerveau.

Jamal Temsamani, directeur du développement de Vect-Horus — Photo : Vect-Horus

En intégrant la plateforme VECTrans à ses thérapies par ARN interférent de nouvelle génération, OliX Pharmaceuticals espère se positionner sur des indications jusqu'alors hors de portée, notamment dans les maladies neurodégénératives et certaines pathologies rares du système nerveux.

Une dizaine de partenariats signés en 2025

Le partenariat avec OliX n’est pas unique. Vect-Horus multiplie les collaborations industrielles et a d’ailleurs signé en 2023 deux contrats de licence qualifiés d’historiques par la direction. L’un avec le danois Novo Nordisk prévoit des paiements d’étape pouvant atteindre 327 millions de dollars sur trois programmes, en fonction de jalons réglementaires et commerciaux. L’autre a été conclu avec l’américain Ionis Pharmaceuticals. Enfin, un accord signé avec RadioMedix, a franchi une étape en fin d’année 2025 avec le lancement d’un essai clinique.

"Nous comptons aujourd’hui une vingtaine de collaborations, sous forme d’accords de co-développement, de licences ou d’options de licence. Dix d’entre elles ont été signées en 2025, ce qui traduit une appétence de plus en plus forte pour notre technologie", souligne Jamal Temsamani. Des discussions seraient également en cours avec une quinzaine d’autres laboratoires.

Si les programmes développés avec ses partenaires ne génèrent pas encore de royalties, ils assurent à Vect-Horus des revenus réguliers sous forme de paiements d’étapes. En 2025, le chiffre d’affaires s’est établi à 5,5 millions d’euros, après un pic à 25 millions d’euros en 2023. Depuis sa création en 2005, la biotech a par ailleurs réuni près de 40 millions d’euros en fonds propres, subventions et crédit d’impôt recherche, afin de financer les travaux de R & D de ses 45 collaborateurs.

Un positionnement mondial

Vect-Horus revendique aujourd’hui une place parmi les leaders mondiaux du transport de médicaments vers le cerveau et d’autres vecteurs sont en développement pour adresser des organes complexes, comme les poumons. "Il n’y a pas de restriction sur le plan des applications, de la maladie rare à Alzheimer", affirme Michel Khrestchatisky, cofondateur et conseiller scientifique de l’entreprise. Une promesse qui explique l’intérêt croissant des industriels pour cette technologie de "livraison", devenue stratégique dans la course aux thérapies innovantes.

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