La promotion 2023, qui vient de clôturer deux ans d’accompagnement, compte 13 entreprises. Est-ce un chiffre que vous vous êtes fixé ?
Nous sommes montés jusqu’à 16 il y a deux ans et dans cette promotion, ils étaient 13 en effet, représentant 10,3 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulés en 2025 et 148 emplois créés ou sauvegardés. Ils étaient moins nombreux car même si nous avons reçu plus de candidatures, nous avons refusé davantage de dossiers. Le potentiel de réussite du projet n’était pas assez élevé. Nous ne nous fixons donc pas de chiffre, néanmoins nous voulons plus de projets de reprise d’entreprise. Nous en avons eu 4 sur cette promotion, nous voudrions encore intensifier.
Comment souhaitez-vous attirer plus de repreneurs ?
Nous menons des actions pour être plus visibles sur cette cible qui souvent ne nous connaissait pas sur ce sujet. En plus de nous rapprocher des partenaires qui sont la CCI Nice Côte d’Azur, l’IRCE ou CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires, ndlr), nous avons mis en place un club reprise, qui s’est réuni deux fois l’an dernier et que nous allons réunir à nouveau deux fois cette année. D’autres actions sont en projet, notamment aux côtés de l’UPE06.
Qu’est-ce qui distingue votre accompagnement à la création de celui à la reprise ?
Le process d’accompagnement est proche. Mais sur le fond, ce n’est pas du tout la même chose. Car le dirigeant est acquéreur, il a donc un engagement financier très fort, beaucoup plus que sur de la création. Et puis il y a un tiers qui entre en jeu, qui est le cédant, que nous ne rencontrons pas et qui, souvent, est mal accompagné.
Créer un parcours pour les cédants peut-il ainsi être envisagé ?
Non, l’IRCE (Institut régional des chefs d’entreprise) fait ça très bien. En revanche nous avons forcément des cédants parmi nos 150 membres. Il faut que nous soyons un lieu, une plaque tournante où ils puissent se rencontrer, échanger, rencontrer des potentiels repreneurs, en toute confiance et dans des cercles de confidentialité. C’est un marché tellement caché.
L’impact est aussi un sujet que vous voulez renforcer. LA RSE est-elle à ce jour un critère de sélection de vos lauréats ?
Non. Pour certains dirigeants candidats, l’impact est une évidence. C’est le cas par exemple de tous les projets parisiens que nous recevons. Et puis il y a tous les autres dirigeants qui se focalisent sur leur entreprise et pour qui l’impact n’est pas un sujet. Certains jeunes ne savent même pas encore ce que signifie RSE.
La mission que nous nous sommes fixée, est ainsi d’embarquer à la fois les candidats, les lauréats et les membres. Nous avons toujours fait de l’impact, c’est dans nos statuts. Notre objet social est d’accompagner la création d’emplois pérennes sur le territoire, mais nous ne sommes pas des consultants RSE, ce n’est pas notre métier. Nous pouvons avoir le bon positionnement en informant, en sensibilisant et puis en orientant peut-être, ces dirigeants, à aller un peu plus loin.
Nous travaillons, à l’instar du club reprise, à un club ou un parcours impact à destination de nos membres et de nos lauréats qui le souhaiteraient.
Le président de Réseau Entreprendre Côte d’Azur, Christophe Colineaux, et vous-même avez également dit vouloir encourager l’entrepreneuriat féminin…
Un sujet qui vient de la nuit des temps ! Oui, nous voulons accompagner davantage de projets portés par des femmes.
Mais avez-vous des candidates ?
Pas assez ! Elles n’étaient que 3 sur les 19 derniers entrepreneurs que nous avons accompagnés Et il n’y avait qu’une seule entreprise, Terrae, dirigée par une femme seule, Jessica Sbaraglia. Les autres étaient en binôme avec des hommes.
Des femmes qui entreprennent, il y en a. Mais nos critères de sélection, dont celui principal de créer 5 à 6 emplois à trois ans, représentent souvent un frein car elles ne s’autorisent pas toujours à avoir de l’ambition.
Que pouvez-vous faire concrètement ?
Nous voulons avant tout montrer que l’on accompagne des projets portés par des femmes, en communiquant avec nos lauréates, actuelles et anciennes. Nous avons accompagné de super projets féminins, vraiment brillants, comme Voilà Chef, Miyé qui est soutenu par les Laboratoires Pierre Fabre ou Mycophyto qui vient de lever 16 millions d’euros.
Nous allons organiser un club lauréats sur ce thème, en conviant aussi nos membres et notamment des hommes pour qu’ils soient nos porte-parole. Car il n’y a aucune raison pour qu’il n’y ait pas plus de femmes dans l’entrepreneuriat.