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Des tensions "sans précédent" sur les recrutements dans l’artisanat
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Des tensions "sans précédent" sur les recrutements dans l’artisanat

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Alors que le volume d’offres d’emplois a bondi depuis 2019, le nombre de demandeurs d’emplois positionnés sur les métiers de l’artisanat a chuté, causant des difficultés de recrutement pour les entreprises du secteur, rapporte le dernier baromètre ISM-MAAF.

Pour certaines activités artisanales, le taux de recrutements jugés difficiles dépasse les 70 % comme, par exemple pour les couvreurs (82 %), les carrossiers automobiles (81 %), ou encore les bouchers (74 %) — Photo : Imsuniyah

La situation peut sembler paradoxale. D’un côté, l’emploi salarié dans l’artisanat affiche un "repli global de 3 % entre 2022 et 2024". De l’autre, les difficultés de recrutement "atteignent un niveau sans précédent", explique le dernier baromètre ISM-MAAF.

L’étude dévoile cependant plusieurs explications à ce phénomène. Première raison : si le nombre d’emplois recensés dans le secteur affiche un réel recul, marqué notamment dans le BTP (-5 %), il se maintient toutefois à "des niveaux historiquement élevés". Fin 2024, l’artisanat représentait plus de 1,85 million d’emplois (soit + 4,5 % comparé à 2019). Le volume d’offres d’emploi a en effet explosé avec le "boom post-Covid", qui a vu le secteur massivement recruter au sortir de la crise.

Offres d’emplois en hausse de 46 % depuis 2019

En outre, les entreprises artisanales recrutent pour remplacer les salariés en mobilité ou les départs en retraite. "Dans ce contexte, 490 000 offres d’emplois ont été diffusées en 2024 sur les cœurs de métier de l’artisanat, un chiffre en très forte hausse de 46 % depuis 2019", souligne le baromètre.

"Le vivier de demandeurs d’emplois diminue"

Des besoins en hausse liés aussi dans certains cas au "développement de nouveaux marchés" comme ceux de l’isolation (pour des métiers comme façadier), de la construction bois ou de la réparation de cycles.

Autre explication : si les offres fleurissent, "le vivier de demandeurs d’emplois diminue" quant à lui, menant à "des tensions sans précédent sur les recrutements", pointe l’étude.

Pour preuve, le nombre de demandeurs d’emploi sur les métiers de l’artisanat a chuté de 12 % sur la période 2019-2024, alors qu’il reste globalement stable à échelle nationale.

Conséquence, pour certaines activités artisanales le taux de recrutements jugés difficiles dépasse largement les 70 % comme, par exemple pour les métiers de couvreur (82 %), de carrossier automobile (81 %), de chaudronnier (80 %) ou encore de boucher (74 %).

Un palmarès des métiers porteurs édité

Fort de ce constat, l’étude ISM – MAAF publie aussi dans son baromètre "un palmarès des métiers les plus porteurs pour engager un projet de formation ou de reconversion". Métiers qui se distinguent par une très forte baisse du nombre de demandeurs d’emplois et font face à un déficit de compétences disponibles sur le marché. Parmi eux, figurent les professions de charcutier-traiteur, plâtrier, soudeur et retoucheur en habillement. Pour ne citer que quelques exemples.

Le chômage progresse toutefois sur des métiers "en vogue"

Inversement, certains métiers enregistrent une hausse exceptionnelle du nombre de chômeurs. "Des métiers en vogue, souvent symboles des trajectoires de reconversions post-covid, pourraient avoir atteint un plafond, rapporte enfin le baromètre. Parmi eux : celui de brasseur, fromager, pâtissier ou encore chauffeur VTC… "

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