Puy-de-Dôme
Des entreprises du Puy-de-Dôme se regroupent pour participer à l’effort de maintien de la paix
Puy-de-Dôme # Défense # Écosystème et Territoire

Des entreprises du Puy-de-Dôme se regroupent pour participer à l’effort de maintien de la paix

S'abonner

Plusieurs PME puydômoises s’organisent pour créer un groupement capable de répondre aux appels d’offres dans le domaine de la Défense. De son côté, la direction générale de l’armement est en quête de capacités de production afin de répondre à l’augmentation des commandes.

Jacques Rousseau, chargé au sein de la Direction générale de l’armement (DGA) du suivi des entreprises travaillant pour la défense dans la région et le préfet du Puy-de-Dôme, Joël Mathurin, ont visité l’entreprise Mecauv implantée à Gerzat — Photo : Emilie Valès

Face aux tensions géopolitiques croissantes, les enjeux de Défense deviennent de plus en plus prégnants. Aujourd’hui, plus de 50 milliards d’euros sont alloués au budget de la Défense en France. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, préconise même une enveloppe annuelle de 100 milliards d’euros d’ici 2030.

Dans ce contexte, une rencontre inédite s’est tenue, lundi 23 juin, dans le Puy-de-Dôme, entre industriels et représentants de l’État et du ministère des Armées. Une journée consacrée à l’économie de Défense avec pour objectif d’informer les acteurs économiques, de les sensibiliser et les accompagner dans l’identification des opportunités.

Déjà, trois PME puydômoises viennent de se regrouper dans le but de créer un pool : Mecauv, ML Industries et Joal, toutes trois spécialisées dans la mécanique et l’usinage. Elles attendent désormais d’être rejointes par d’autres industriels afin de mutualiser leurs efforts et réfléchissent au statut juridique à donner à ce groupement. "L’objectif est de répondre à des appels d’offres de grands donneurs d’ordre. À plusieurs on est plus fort, on a plus de capacités de production. Les PME ont l’avantage de proposer des prix compétitifs et d’être plus réactives", insiste Jocelyn Troisville, dirigeant de ML Industries, implanté à Mozac.

Écosystème riche autour de la Défense

L’entreprise Mecauv est, elle, sous-traitant de rang 2 pour le secteur. "Nous fabriquons notamment des machines qui servent à produire des pièces pour la Défense. Un de nos clients fournit des pièces pour MBDA et Nexter. Nous travaillons aussi pour Cegelec Défense, basé à Clermont-Ferrand, qui fait des systèmes de suivi de guidage laser et du suivi de satellite qui peut être civil ou militaire", détaille Marc Megemont, PDG de Mecauv (30 salariés ; 4 millions de CA). Le dirigeant compte bien miser plus sur ce segment en parallèle de ses autres débouchés que sont l’aéronautique, l’automobile ou la sidérurgie… "En un an et demi, notre chiffre d’affaires lié à la Défense est passé de 10-15 % à plus de 20 %. On espère maintenant atteindre 25-30 %", poursuit Marc Megemont qui a investi, ces deux dernières années, entre 800 000 et 900 000 euros dans de nouvelles machines.

Lors de cette rencontre, les représentants de l’État ont, eux, rappelé que le Département et plus globalement la Région possédaient tous les maillons de la chaîne avec de grandes entreprises comme KNDS, des ETI "très structurantes pour le territoire" tels que Figeac Aero, Constellium, NSE… et un tissu riche de PME. "Ce qu’on vient chercher ici, par rapport à l’enjeu du réarmement qui est le nôtre pour maintenir la paix, c’est de la capacité de production pour répondre à l’augmentation des commandes et de la qualité de production pour répondre aux exigences de performance", explique Jacques Rousseau, chargé au sein de la Direction générale de l’armement (DGA) du suivi des entreprises travaillant pour la Défense dans la région.

Près de 2 300 emplois dans l’industrie de Défense

"Tous les segments sont concernés par la loi de programmation militaire : aéronautique, terrestre, équipement du fantassin, naval, drone…", rappelle le militaire. Selon le ministère des Armées, le Puy-de-Dôme comptait, en 2023, 2 294 emplois dans l’industrie de la Défense et 257 entreprises et fournisseurs directs du ministère, dont 50 sous-traitants de l’armement.

Puy-de-Dôme # Défense # Écosystème et Territoire