"Ici, nous fabriquons une fonderie 4.0 made in France". C’est par ces mots que Julien Marcilly, président d’AddUp, spécialisée dans la conception et fabrication de machines d’impression en 3D métal, décrit le projet stratégique lancé par son entreprise installée à Cébazat, dans le Puy-de-Dôme.
Baptisé "MASSIF" (Metal Additive System, Sustainable, Industrial, Eco-Friendly), le programme vise à répondre à un besoin soulevé par les industriels de la Défense, de l’aéronautique et du spatial : créer des pièces de grande taille grâce à la fabrication additive (impression 3D).
Un prototype en septembre
Depuis deux ans, AddUp (CA non communiqué ; 90 salariés, dont 20 aux USA) travaille sur deux types de machines utilisant la technologie de fusion sur lit de poudre. Si le modèle le plus grand nécessite plus de temps de développement, la commercialisation du, la FormUp 750, est attendue pour février 2027. Le prototype devrait sortir en septembre. Cette imprimante géante permettra de fabriquer des pièces métalliques d’une taille de 75 cm sur 75 cm sur un mètre de haut.
"Nos clients fabriquent des sous-marins, des avions de chasse, des missiles, des lanceurs et satellites… Cette machine, c’est une attente forte de leur part. Elle peut produire des pièces métal 12 fois plus volumineuses et augmenter la productivité de 300 % par rapport au modèle actuel", assure Julien Marcilly, président d’AddUp, qui a déjà vendu une centaine de machines de première génération. Sans compter que cela devrait permettre de réduire les coûts des pièces de 50 à 70 % par rapport aux standards actuels. Le projet, présenté comme révolutionnaire, est mené en collaboration avec différentes entreprises : Cailabs, CETIM, Dassault Systems, ISP Systems et Vistory.
Lever les verrous technologiques
Pour développer ces machines et lever les nombreux verrous technologiques, l’entreprise a pu compter sur le soutien de la Direction Générale de l’Armement (DGA) et le financement de France 2030 et de la BPI, via un apport de 3,6 millions d’euros sur les 7,7 millions que coûte le développement. "Cette technologie est considérée comme stratégique pour la Défense. Il faut donc développer une filière souveraine sur l’ensemble de la chaîne de valeur, avec des acteurs français capables de produire la poudre, les machines… ", souligne le dirigeant.
Présente mi-décembre au siège d’AddUp, la DGA a qualifié la fabrication additive d’opportunité majeure, d’autant plus dans le contexte géopolitique actuel. "Cela permet, par exemple, de concevoir des moteurs de nouvelle génération, plus compacts, et de nombreuses pièces qu’il serait impossible de produire sans cette technologie. Et puis, c’est un outil qui produit rapidement et qui peut produire sur le terrain", a salué Benoît Laroche de Roussane, directeur de l’industrie de défense de la Direction générale de l’armement.
Un recentrage et un PSE
Détenue désormais à 100 % par le groupe d’ingénierie industrielle Fives depuis le récent départ de Michelin qui avait cocréé l’entreprise en 2016, AddUp entend poursuive sa nouvelle stratégie de recentrage sur la conception et fabrication des machines. Cet élargissement de la gamme en est la parfaite illustration, alors que la société a, en parallèle, arrêté la production de pièces 3D en série. Une réorientation qui s’est accompagnée de la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi et s’est traduite par 30 départs et 39 reclassements internes.